[p. IV] FÉVRIER. Signe les Poissons.Le soleil entre dans les Poissons le 19, à 5 h. 8 m. du mat. Nouvelle Lune le 1, à 6 heures 11 min. matin. Premier Quartier le 9, à 9 heures 5 min. matin. Pleine Lune le 16, à 3 heures 38 m. matin. Dernier Quartier le 22, à 9 h. 48 min. soir.
[p. V] MARS. Signe le Bélier.Le soleil entre dans le Bélier le 21, à 5 h. 4 m. du matin. Nouvelle Lune le 3, à 1 heure 24 min. matin. Premier Quartier le 10, à 9 heures 54 m. soir. Pleine Lune le 17, à 1 h. 28 min. soir. Dernier Quartier le 24, à 1 heure 35 min. soir.
[p. VI] AVRIL. Signe le Taureau.Le soleil entre dans le Taureau le 20, à 5 h. 13 m. du soir. Nouvelle Lune le 1, à 6 heures 42 min. soir. Premier Quartier le 9, à 7 h. 11 min. matin. Pleine Lune le 15, à 10 heures 45 min. soir. Dernier Quartier le 23, à 7 heures 7 min. matin.
[p. VII] MAI. Signe les Gémeaux.Le soleil entre aux Gémeaux le 21, à 5 h. 20 m. du soir. Nouvelle Lune le 1, à 9 heures 11 min. matin. Premier Quartier le 8, à 1 heure 43 min. soir. Pleine Lune le 15, à 8 heures 14 min. matin. Dernier Quartier le 23, à 1 heure 14 min. matin. Nouvelle Lune le 30, à 8 heures 56 min. soir.
[p. VIII] JUIN. Signe l'Ecrevisse.Le soleil entre dans l'Ecrevisse le 22, à 1 h. 53 m. du mat. Premier Quartier le 6, à 6 heures 37 min. soir. Pleine Lune le 13, à 6 heures 53 min. soir. Dernier Quartier le 21, à 6 heures 44 min. soir. Nouvelle Lune le 29, à 6 heures 34 min. soir.
[p. IX] JUILLET. Signe le Lion.Le soleil entre dans le Lion le 23, à 0 h. 48 m. du soir. Premier Quartier le 5, à 11 h. 17 min. soir. Pleine Lune le 13, à 7 heures 23 min. matin. Dernier Quartier le 21, à 10 heures 49 min. matin. Nouvelle Lune le 28, à 2 heures 50 min. soir.
[p. X] AOUT. Signe la Vierge.Le soleil entre dans la Vierge le 23, à 7 h. 19 m. du soir. Premier Quartier le 4, à 5 heures 17 min. matin. Pleine Lune le 11, à 9 heures 52 min. soir. Dernier Quartier le 20, à 1 heure 8 min. matin. Nouvelle Lune le 26, à 10 heures 29 min. soir.
[p. XI] SEPTEMBRE. Signe la Balance.Le soleil entre dans la Balance le 23, à 4 h. 0 m. du soir. Premier Quartier le 2, à 2 heures 2 min. soir. Pleine Lune le 10, à 1 heure 53 min. soir. Dernier Quartier le 18, à 1 heure 38 m. soir. Nouvelle Lune le 25, à 6 heures 21 m. matin.
[p. XII] OCTOBRE. Signe le Scorpion.Le soleil entre dans le Scorpion le 24, à 0 h. 15 m. du mat. Premier Quartier le 2, à 2 heures 39 min. matin. Pleine Lune le 10, à 6 h. 42 min. matin. Dernier Quartier le 18, à 0 heure 22 min. matin. Nouvelle Lune le 24, à 3 heures 19 min. soir. Premier Quartier le 31, à 7 heures 27 min. soir.
[p. XIII] NOVEMBRE. Signe le Sagittaire.Le soleil entre dans le Sagittaire le 22, à 8 h. 52 m. du soir. Pleine Lune le 8, à 11 heures 31 min. soir. Dernier Quartier le 16, à 9 heures 31 min. matin. Nouvelle Lune le 23, à 2 heures 16 min. matin. Premier Quartier le 30, à 3 heures 36 min. soir.
[p. XIV] DÉCEMBRE. Signe le Capricorne.Le soleil entre dans le Capricorne le 22, à 9 h. 39 m. matin. Pleine Lune, le 8, à 3 h. 37 m. soir. Dernier Quartier le 15, à 5 heures 35 min. soir. Nouvelle Lune le 22, à 3 heures 43 m. soir. Premier Quartier le 30, à 1 heure 24 min. soir.
[p. XV] ASSOCIATION NORMANDE.
LISTE GÉNÉRALE DES MEMBRES.CALVADOS.Inspecteurs divisionnaires :MM. P.-A. LAIR, comte DE BEAUREPAIRE, DE LACHOUQUAIS.ARRONDISSEMENT DE CAEN.Inspecteur : M. DE MECFLET, directeur de la ferme-école de Quesnay.Cantons de Caen.MM. ALLARD-ISABELLE, propriétaire, à Caen. AMELINE, curé de Notre-Dame. ARNOUVILLE (d'), propriétaire, à Caen. AUBERT, ancien pharmacien, à Caen. BACON, ancien pharmacien, à Caen. BANNEVILLE (marquis de), propriétaire, à Caen. BAUNY DE RÉCY, directeur de l'Enregistrement. BAYEUX, professeur à la Faculté de Droit. BAZIN, courtier de navires, à Caen. BELCOURT (de) fils, à Caen. BELLEFOND (comte de), licencié en droit, à Caen. BELLEFOND (marquis de), propriétaire, à Caen. BELLEFOND (Mme de), à Caen. BELLENGER, luthier, à Caen. BELLIVET fils, propriétaire, à Caen. BÉNARD, propriétaire, à Caen. BERTHAULD, premier président honoraire, à Caen. BERTHÉLEMY, préposé en chef près l'Octroi. BERTRAND, doyen de la Faculté des Lettres et maire de Caen. BIARS (de), chef d'escadron d'état-major, à Caen. BLIN fils, ancien pharmacien, à Caen. BONCHAMPS (de), propriétaire, à Caen. BOSCAIN, graveur, à Caen. BOUFFEY, conseiller à la Cour. BOURDON, avoué à la Cour d'appel. BOURIENNE, docteur-médecin, à Caen. BRÉVILLE (Eugène), propriétaire, à Caen. [p. XX] BRIGE (marquis de), propriétaire, à Caen. BRUCOSTÉ-DESCOUTURES, propriétaire, à Caen. BRUNET, conseiller à la Cour d'appel. BRUNVILLE (Eugène de), propriétaire, à Caen. BURET, agent d'affaires, à Caen. CAUMONT (de), fondateur de l'Association normande, correspondant de l'Institut, à Caen. CAUVET, professeur-suppléant à la Faculté de Droit. CAUVIGNY (baron Arthur de), propriétaire, à Caen. CHABLE, avocat, à Caen. CHAUMONTEL (vicomte de), propriétaire, à Caen. CHAUVIN, professeur d'histoire naturelle à la Faculté des Sciences. CHAZOT (de), propriétaire, à Caen. COURSANNE (de), membre de la Société d'Agriculture, à Caen. COURTY, avocat, à Caen. CROISILLES (de), propriétaire, à Caen. CUSSY (Charles de), propriétaire, à Caen. DAJON, propriétaire, à Louvigny. DARRY, négociant, à Caen. DAVID, cafetier, à Caen. DAUFRESNE, notaire, à Caen. DEBOISLAMBERT, professeur à la Faculté de Droit. DELACODRE, propriétaire, à Caen. DELAMARE, chef de bureau à la Préfecture. DELAUNAY, cultivateur, à Caen. DELAVILLE, conseiller à la Cour d'appel. DELAVILLE, marchand de chevaux, à Bretteville-sur-Odon. DELISLE (Georges), doyen de la Faculté de Droit. DELOS, imprimeur-libraire, à Caen. DENIS, négociant, à Caen. DENIS, estimateur, à Caen. DESBORDEAUX, ancien magistrat, à Caen. DESCHAMPS, ancien inspecteur des forêts, à Caen. DES ILLES, propriétaire, à Caen. DESPORTES, notaire, à Caen. DETRUISSARD, homme de lettres, à Caen. DOMIN, ancien avoué, à Caen. DONNET, banquier, à Caen. DRUVAL (de), propriétaire, à Caen. DUBOURG, négociant, à Caen. DUDEZERT, auteur d'un traité d'Agriculture, à Caen. DUFERRAGE (Adolphe), propriétaire, à Caen. DUFOUR, huissier, à Caen. DUHAMEL-WAILLY, propriétaire, à Caen. DUMESNIL-DUBUISSON (le comte de), propriétaire, à Caen [p. XXI] DUPAIGNE, fabricant d'engrais, à Caen. DUPONT-LONGRAIS, président à la Cour d'appel. DURAND, professeur à l'Ecole de médecine. DURSUS, propriétaire, à Caen. DUTERTRE, propriétaire, à Caen. ECQUEVILLY (vicomte d'), propriétaire, à Caen. EMIÉVILLE (Frédéric d'), propriétaire, à Caen. ENAULT, avocat, à Caen. ENGERRAND, propriétaire, à Caen. ENOUT, architecte, à Caen. ETIENNE, docteur-médecin, à Caen. ETIENNE, président du tribunal de commerce. ETIENNE, avocat, à Caen. EUDES-DESLONGCHAMPS, doyen de la Faculté des Sciences, correspondant de l'Institut. FAUCAMBERGE (de), négociant, à Caen. FAUCON-DUQUESNAY, médecin, à Caen. FAUVEL, professeur d'écriture, à Caen. FLEURY, inspecteur de l'Enregistrement, à Caen. FOACHE (baron), ancien payeur, à Caen. FONTETTE (de), ancien député, à Caen. FONTETTE (baron Louis de), capitaine d'état-major, à Caen. FORMEVILLE (de), conseiller à la Cour d'appel. FOUCHÉ, agent d'affaires, à Caen. FOURNEAUX, ancien membre du Conseil municipal, à Caen. FOURNIER, inspecteur des eaux et forêts, à Caen. GERVAIS, bâtonnier des avocats, à Caen. GERVAIS, membre du Conseil général du commerce. GOUJON DE SAINT-THOMAS, propriétaire, à Caen. GUERARD-DESLAURIERS, ingénieur civil, directeur de l'usine de Sannerville, à Caen. GUÉRIN, homme de lettres, à Caen. GUERRIER, professeur de chant, à Caen. GUILBERT, banquier, à Caen. GUILBERT (Georges), propriétaire, à Caen. GUILLOUET, propriétaire, à Caen. GUY, architecte de la ville de Caen. HALAINE (le comte d'), propriétaire, à Caen. HARDEL, imprimeur-libraire, à Caen. HENRY, instituteur, à St.-Contest. HÉRICY (marquis d'), propriétaire, à Caen. HETTIER, directeur de l'assurance mutuelle, à Caen. HOLZMANN, négociant, à Caen. HOMMEY-MARGAUTIER, avoué à la Cour d'appel. [p. XXII] ISON (comte d'), membre du Conseil général. JAMET (l'abbé), à Caen. JARDIN (l'abbé), supérieur du pensionnat ecclésiastique, à Caen. JEHENNE, avocat, à Caen. JONQUOY, propriétaire, à Mondeville. LABARTHE (comte de), propriétaire, à Caen. LABESNARDIÈRE (de), propriétaire, à Caen. LAFOSSE, médecin en chef des hospices. LAHAYE (Paul), négociant à Caen. LAIR (P.-A.), conseiller de préfecture, à Caen LAMBERT, ancien sous-directeur de la maison centrale de détention de Beaulieu, à Caen. LATROUETTE, docteur ès-lettres, à Caen. LEBAILLY, ancien secrétaire de la mairie, à Caen. LEBARILLIER, ancien représentant du peuple, à Lébisey. LEBART, propriétaire, à Caen. LEBOUCHER, avocat, à Caen. LECLERC, docteur-médecin, à Caen. LECREPS fils, propriétaire, à Caen. LEDÉZERT, avocat, à Caen. LEFLAGUAIS (Alphonse), conservateur de la bibliothèque publique, à Caen. LEGOUX, propriétaire, à Caen. LEGRAND fils, étudiant, à Caen. LEMOINE, négociant, à Caen. LEPAGE (Adrien), propriétaire, à Caen. LEPAULMIER, négociant, à Caen. LEPROVOST, négociant, à Caen. LESAUVAGE, docteur-médecin, à Caen. LÉTOT, propriétaire, à Caen. LEVARDOIS, conseiller de préfecture. LIAZARD, propriétaire, à Caen. LITHARD, propriétaire, à Caen. LORIMIER (de), propriétaire, à Caen. MALLET, avoué à la Cour d'appel. MANCEL (Georges), conservateur de la bibliothèque, à Caen. MANOURY (Philippe), propriétaire, à Caen. MANOURY (Paul), ancien conservateur du jardin des plantes, à Lébisey. MARGUERIT (Frédéric), avocat, à Caen. MARTIN, docteur-médecin, à Caen. MATHAN (baron de), capitaine au 1er de lanciers. MASSIEU de CLERVAL, propriétaire, à Caen. MÉRIEL, ancien commissaire-priseur, à Caen. MONTARAN (baronne de), à Mondeville. MORIÈRE, directeur des cours spéciaux du Lycée. MORISOT, préfet du Calvados. NÉGRIER, médecin-vétérinaire des remontes, à Cormelles. [p. XXIII] OSMONT, propriétaire, à Caen. OSMONT fils, propriétaire, à Caen. OSSEVILLE (comte Louis d'), ancien maire de Caen. OSSEVILLE (Ludovic d'), membre du Conseil d'arrondissement. PAISANT (Paul), propriétaire, à Mondeville. PAISANT, agent-voyer, à Caen. PELLERIN, docteur-médecin, à Caen PELPEL, propriétaire, à Caen. PERIER, docteur-médecin, à Caen. PIERRE, professeur de chimie à la Faculté des Sciences. PIGACHE, pharmacien, à Caen. PIHAN, capitaine au long-cours, à Caen. PLUQUET, pharmacien, à Caen. POEDEVIN, ancien élève de l'Ecole polytechnique, à Caen. PONTAVICE (de), propriétaire, à Caen. PORQUET de LA FERRONNIERE, propriétaire, à Caen. PREMPAIN, professeur aux cours spéciaux du Lycée. PRIMOIS, maître de poste, à Caen. RAYNAL, procureur-général à la Cour d'appel. REGNOUF, agent d'affaires, à Caen. RENARD, clerc de notaire, à Caen. REVILLIASC (de), propre, à Caen. ROGER, professeur à la Faculté des Lettres. ROGER de LA CHOUQUAIS, président à la Cour d'appel. ROGER de LA CHOUQUAIS fils, avocat, à Caen. ROGER-DUVAL, propriétaire, Caen. ROUSSELIN, premier président honoraire, à Caen. RUAULT, négociant, à Caen. RUPALLEY, agent d'affaires, à Caen. SAINT-RÉMY, propriétaire, à Caen. SAINTE-CROIX, propriétaire, à Caen. SAINTE-MARIE, propriétaire, à Allemagne. SÉMINEL, directeur d'assurances, à Caen. SENOT (Marin), propriétaire, a Caen. SERAN (comte de), maréchal-de-camp, à Caen. SIGNARD d'OUFFIÈRES, propriétaire, à Caen. SIMON, membre de la Société d'Agriculture, à Caen. SOLENGE (Eugène), marchand de vins, à Caen. TASSILLY, professeur, à Caen. TESSON, propriétaire, à Caen. THIERRY, doyen honoraire de la Faculté des Sciences. THOMINE-DESMASURES aîné, représentant du peuple. TILLY (vicomte de), propriétaire, à Caen. TITER de GLATIGNY (comte de), propriétaire, à Caen. TOSTAIN (Edmond), propriétaire, à Caen. TOSTAIN (Pierre ), propriétaire, à Caen. [p. XXIV] TOUCHET (Didier de), propriétaire, à Caen. TRAVERS, professeur à la Faculté des Lettres. TREBUTIEN, professeur-suppléant à la Faculté de Droit. VALORY (de), propriétaire, à Caen. VASTEL, directeur de l'Ecole de médecine. VAUTIER (Abel), ancien député, à Caen. VENDOEUVRE (comte de), ancien préfet VENDOEUVRE (vicomte Anatole de), propriétaire, à Caen. WIMPFFEN (de), général de brigade. YOUF, supérieur du Bon-Sauveur, à Caen. Canton de Douvres.Inspecteur : M. HÉBERT.MM. BLIN (l'abbé), curé de Bernières-sur-Mer. BOUQUEREL, ancien notaire, à Biéville. DUHAMEL, propriétaire, à Luc. FORMIGNY (de), propriétaire, au château de la Londe. HEBERT, membre du Conseil général, à Douvres. HETTIER père, propriétaire, à Douvres. LECOINTRE, chef de bataillon, à Douvres. LIAZARD (Alphonse), propriétaire, à Mathieu. Canton de Creully.Inspecteur : M. de TURGOTMM. CORNULLIER (comte de), propriétaire, à Fontaine-Henry. CYRESME (de), propriétaire, à Mar-tragny. DELACOUR, membre du Conseil général, à St-Gabriel. HEROULT, propriétaire, à Cour-seulles. LACOUR, docteur-médecin, à CreulIy. LECOCQ (Emmanuel), propriétaire, à Martragny. MORICE, notaire, à Creully. TESSEL, pharmacien, à Courseulles. TURGOT (comte de), propriétaire, à Lantheuil. VIOLARD, négociant, à Courseulles. [p. XXV] Canton de Tilly-sur-Seulles.Inspecteur : M. DE FONTETTE, à Ducy.MM. ABOVILLE (d'), propriétaire, à Brouay. BOURIENNE, propriétaire, à Mesnil-Patry. COLOMBELLES, propriétaire, à Cristot. DUBREUIL, propriétaire, à Tilly-sur-Seulles. DUMERIL, propriétaire, à Marcelet. LEBASTARD (Jules), cultivateur, à Carpiquet. LEPETIT, curé de Tilly-sur-Seulles. SAINT-GERMAIN, ancien avoué, à St-Manvieu. TOUSTAIN (vicomte de), officier de marine, à Tilly-sur-Seulles. Canton de Villers-Bocage.Inspecteur : M. DE BRUNVILLE.MM. BERTOT jeune, cultivateur, à Banneville-sur-Ajon. BRUNVILLE (Félix de), propriétaire, à Tournay-sur-Odon. DENIS (Guillaume), propriétaire, à Banneville-sur-Ajon MALCOURONNE, propriétaire, à Noyers. MARAIS, propriétaire, à Epinay-sur-Odon. MONDHARD, maire de Tournay-sur-Odon. TILLY (Adjutor de), propriétaire, à Villy. VAUCASSEL (de), propriétaire, à Campandré. Canton d'Evrecy.Inspecteur : M. DE BOURMONT.MM. BESONGNET, maréchal, à Vieux. BOURMONT (comte de), propriétaire, à Maltot. JUMILHAC (comte de), propriétaire, à Gavrus. LEBRETHON, maire, à Evrecy. LEDARS, propriétaire, à Eterville. SAINT-POL (de), propriétaire, à Neuilly-le-Malherbe. [p. XXVI] Canton de Bourguébus.Inspecteur : M. D'ISON, à Airan.MM. AUVRAY, curé de Moult. BANCE, cultivateur, à Poussy. BLIN-BARON, ancien juge de paix, à Moult. DELAFAVERIE, propriétaire, à St-André-de-Fontenay. DESLOGES (Pierre), propriétaire, à Rocquancourt. HUET, fabricant de dentelles, à Bellengreville. LEPELLETIER, cultivateur, à Clinchamps, PINSON, propriétaire, à St-Martin-de-Fontenay. SAINT-QUENTIN (comte de), propriétaire, à Garcelles. Canton de Troarn.Inspecteur : M. BOUET.MM. ANCELLE, maire, à Argences. BENARD, maître de poste, à Troarn. BONHOMME, cultivateur, à Troarn. BOUET, maire de Troarn. BRIARD, propriétaire, à Bures. CALENGE, propriétaire, à Ecoville. CASTILLON, propriétaire, à Troarn. CASTILLON (Charles), propriétaire, à Troarn. CAUVIGNY (de), propriétaire, à Varaville. CRÈVECOEUR (Mme de), à Cagny. DESLOGES (Désiré), propriétaire, à Janville. DUHAMEL, ancien juge de paix, à Troarn. DUSOIR, médecin, à Argences. GRENIER (Paulin), propriétaire, à Bréville. GUERNON DE RANVILLE (comte de), propriétaire, à Ranville. HÉLIE, maire de Saint-Pierre-du-Jonquet. JULIEN (Joseph-Alexandre), propriétaire, à Troarn. LEBAILLY, instituteur, à Argences. LEBIDOIS, propriétaire, à Vimont. LECHEVALIER, greffier du juge de paix, à Troarn. LEMAÎTRE, propriétaire, à Hérouvillette. MAUGER, propriétaire, à Argences. MONTROTY, propriétaire, à Troarn. RENOUF, maire de Varaville. TOSTAIN (Raven), propriétaire, à Ecoville. TRÉBUTIEN, propriétaire, à Troarn. VIEL, cultivateur, à Banneville. [p. XXVII] ARRONDISSEMENT DE BAYEUX.Inspecteur : M. LAMBERT.Canton de Bayeux.Inspecteur : M. GAUGAIN.MM. ACHARD DE VACOGNES, propriétaire, à Bayeux. AGNEAUX (Frédéric d'), propriétaire, à Bayeux. BERTOT, pharmacien, à Bayeux. BONNECHOSE (de), propriétaire, à Monceaux. CARABEUF, avocat, à Bayeux. CARPENTIER (Jacques-Louis), propriétaire, à Bayeux. CASTEL, agent-voyer, à Bayeux. CRUX (de), propriétaire, à Sully. DESCLOSIERES, membre du conseil général, à Bayeux. DESMASURES, propriétaire, à Cussy. DESPALLIERES, maire, à Bayeux. DESRAME-DUBOIS, propriétaire, à St-Martin-des-Entrées. DODESNEL, représentant du peuple, à Bayeux. FOURNÈS (Arthur de), propriétaire, à Vaussieux. FOURNÈS (Robert de), propriétaire, à Vaussieux. GAUGAIN, secrétaire de l'évêché. JAHIET, membre de la Société d'Agriculture, à Bayeux. JAMES, avocat, à Bayeux. JEAN-DELAMARE (Charlemagne), propriétaire, à Bayeux. LABBEY, docteur-médecin, à Bayeux. LAIRde BEAUVAIS, architecte, à Bayeux. LAMBERT, bibliothécaire, à Bayeux. LAVALLEY DU PERROUX, négociant, à Bayeux. LEBARBANCHON, maire, à Cottun. LESENECAL, marchand de chevaux, à Bayeux. OLIVE, docteur-médecin, à Bayeux. PEZET, président du tribunal civil. PEZET (Gustave), avocat, à Bayeux. ROBIN (Mgr), évêque de Bayeux. ROTZ (Norbert de), propriétaire, à Bayeux. VILLERS (Georges), propriétaire, à Bayeux. [p. XXVIII] Canton de Ryes.Inspecteur : M. NOGET.MM. AIZY (d'), propriétaire, à Vaux-sur-Aure. BONVOULOIR (de), propriétaire, à Magny. CLINCHAMPS (de), propriétaire, au Manoir. GOSSET (Gustave), propriétaire, à Commes. GRENIER, propriétaire, à Graye. HERVIEU, ancien représentant du peuple, à Ryes. LESUEUR, propriétaire, à Esquay. NOGET (l'abbé), supérieur du séminaire de Sommervieu. TOUSTAIN (comte de), propriétaire, à Vaux-sur-Aure. Canton de Trévières.Inspecteur : M. G. VILLERS, à Bayeux.MM. ADELINE, propriétaire, à Blay. ADELINE fils, propriétaire, à Blay. AUBIN-SIMON, propriétaire, à Saonet. CARITÉ (Auguste), propriétaire, au Breuil. CAUVIGNY (Paul de), propriétaire, à Vierville. DAON (Alexandre), propriétaire, à Bricqueville. GOSSET (Théophile), propriétaire, à Tour. GRAFFEY, propriétaire, à Formigny. GUILBERT-DUCLOS, maire de Trévières. LÉPESSE (de), propriétaire, à Vierville. LESUEUR, propriétaire, à Huppain. MARGUERIT (Léonce de), propriétaire, à Vierville. MARGUERYE (comte Louis de), propriétaire, à Colleville. Canton d'Isigny.Inspecteur : M. DE CUSSY.MM. ARGENTON (baron d'), propriétaire, à St-Marcouf. BÉCHEVEL (Mme de), propriétaire, à la Folie. CUSSY (Fritz de), à Vouilly. DURAND, propriétaire, à Isigny. KERGORLAY (comte de), propriétaire, à Castilly. LECHARTIER, propriétaire, à Mestry. MARIE, juge de paix, à Isigny. PAGNY, propre, à l'Epinay-Tesson. [p. XXIX] Canton de Balleroy.Inspecteur : M. VILLEROY.MM. CHABROL (de), propriétaire, au Molay. DUMANOIR DE JUAYE, propriétaire, à Juaye. HAUDRY DE SOUCY, à Baynes, près Littry. LABOIRE (de), propriétaire, à Castillon. LANCE père, propriétaire, à Littry. LANCE fils, directeur de la mine de Littry. VILLEROY, membre du Conseil général, à Balleroy. Canton de Caumont.Inspecteur : M. LÉTOT.MM. DOYÈRE, docteur-médecin, à Caumont. DUPONT, notaire, à Caumont. GOUBOT, pharmacien, à Caumont. ARRONDISSEMENT DE VIRE.Inspecteurs : MM. MURY, à Vire, et VAULLÉGEARD, à Condé-s-Noireau.Canton de Vire.Inspecteur : M. DESROTOURS DE CHAULIEU.MM. ARTURIÈRES (Isidore d') propriétaire, à Vire. BAUDRE (Léon de), propriétaire, à Maisoncelles-la-Jourdan. BEAUMONT, architecte, à Vire. CANU, conseiller municipal, à Vire. CHANCEREL-LEPELLETIER, conseiller municipal, à Vire. CHATEL, banquier, à Vire. CHATEL-QUEILLET, fabricant de draps, à Vire. CHEMIN, ancien juge de paix, à Vire. CHÊNEDOLLÉ (de), propriétaire, à Vire. COQUART, propriétaire, à Vire. COQUART (Louis), propriétaire, à Vire. DURAND, président du tribunal de commerce, à Vire. DURANDIÈRE, adjoint au maire de Vire. GUERNIER, peintre, à Vire. [p. XXX] HUILLARD-D'AIGNEAUX, ancien maire, à Vire. LARENAUDIÈRE (Gustave de), propriétaire, à Vire. LEGRAIN (Edmond), à Vire. LEMARCHAND, avocat, à Vire. LEMOINE fils, négociant, à Vire. LEMONTIER, avocat, à Vire. LENORMAND, ancien sous-préfet, à Vire. LENORMAND (Adrien), négociant, à Vire. MAUPAS DE COURTE, à Vire. MORIN, sculpteur à Vire. MURY, docteur-médecin, à Vire. NOEL-DUROCHER, propriétaire, à Vire. PÉRIERS, professeur de mathématiques. PICHARD, juge au tribunal de commerce. POLINIÈRE (de), propriétaire, à Vire. ROGER (Victor), propriétaire, à Truttemer-le-Grand. SCELLES (l'abbé), officier de l'Université, à Vire. THAN (de), fabricant de papiers, à Maisoncelles-la-Jourdan. VAUDRY, mécanicien, à Vire. VIMONT, fondeur-mécanicien, à Vire. VIVIER aîné, commissionnaire en draps, à Vire. Canton d'Aunay.Inspecteur : M. PENN-HÉLOUIN.MM. ACHARD DE VACOGNES, propriétaire, à St-Jean-des-Essartiers. ACHARD DE VACOGNES fils, à St-Jean-des-Essartiers. BONDELET, juge de paix, à Aunay. BROGLIE (prince de), à St-Georges-d'Aunay. BROGLIE (de) fils, maire de St-Georges. DESRIVIÈRES, maire de St-Jean-des-Essartiers. DUBOSQ, huissier, à Aunay. LARUE, instituteur, à Aunay. MORIN, membre du Conseil général, à Aunay. PENN-HÉLOUIN, maire d'Aunay. SAINT-PIERRE (vicomte de), à St-Pierre-du-Fresne. Canton de Bény-Bocage.Inspecteur : M. CANIVET.MM. CANIVET (François), propriétaire, à St-Pierre-Tarentaine. DESROTOURS, propriétaire, à la Graverie. GUERPEL (de), propriétaire, à Ste-Marie-Laumont. LETOREL, propriétaire, au Tourneur. [p. XXXI] Canton de St-Sever.Inspecteur : M...MM. HELLOUIN, juge de paix, à St-Sever. LECARPENTIER, propriétaire, à Beaumesnil. LEHÉRICÉ, propriétaire, à la Landelle. Canton de Vassy.Inspecteur : M. DE CHÊNEDOLLÉ.MM. DESÉGREMONT, ancien membre du Conseil général, à Montchamp. LA ROCHELLE, propriétaire, à Bernières-le-Patry. Canton de Condé-sur-Noireau.Inspecteur : M. GUILET.MM. BOISNE (Armand), négociant, à Condé-sur-Noireau. DELAFERTÉ-LEFEBVRE, négociant, à Condé-sur-Noireau. GUILET, ancien maire de Condé. GUILOUET fils aîné, filateur, à Condé. LECORNU, propriétaire, à Condé-sur-Noireau. OBLIN (Léon), négociant, à Condé-sur-Noireau. PELIER-BOISNE, négociant, à Condé-sur-Noireau. PELIER (Mélidor), négociant, à Condé-sur-Noireau. VAULLÉGEARD, docteur-médecin, à Condé-sur-Noireau. ARRONDISSEMENT DE FALAISE.Inspecteur : M. DE BRÉBISSON.Cantons de Falaise.Inspecteurs : MM. DE MAGNY et DE MAUSSION.MM. AILLICOURT (d'), propriétaire, à Bons. BEAUREPAIRE (comte de), à Falaise. BRÉBISSON (de), naturaliste, à Falaise. [p. XXXII] CELLIER, cultivateur, à St-Germain-Langot. CHAPDELAINE (comte de), propriétaire, à Falaise. CHAULIEU (Raoul de), propriétaire, aux Iles-Bardel. CHOISY, professeur, à Falaise. DELANGE, adjoint au maire de Falaise. DELVAUX, ancien s-préfet, à Falaise. DUMESNIL (Louis), avocat, à Falaise. ENAULT, avocat, à Falaise. FONBRUNE (de), sous-préfet, à Falaise. FOURNEAUX, propriétaire, à Falaise. GRAVELLE-DESVALLÉES, notaire, à Falaise. JAMES, pépiniériste, à Ussy. JANVRAIN, instituteur, à Versainville. LAFRESNAYE (de), naturaliste, à Falaise. LALONDE, pharmacien, à Falaise. LEBAILLY, filateur, à Falaise. LEBOURGEOIS, propriétaire, à Long-pré, près Falaise. LECLERC, ancien député, à Falaise. LEFÊVRE (Victor), propriétaire, à Ussy. LENTAIGNE, avocat, à Falaise. LEVAVASSEUR, architecte, à Falaise. LORMELET, professeur, à Falaise. MAGNY (Benjamin de), propriétaire, à Rapilly. MAUSSION (comte de), secrétaire de la Société d'Agriculture de Falaise. OILLIAMSON (le comte d'), à St-Germain-Langot. OILLIAMSON (marquis d'), à St-Germain-Langot. OSMOND, propriétaire, à Damblainville. RUAULT (Louis), propriétaire, à Bons. SAINTE-CROIX, propriétaire, au Détroit. TRÉPREL (de), propriétaire, à Tréprel. VAUDICHON (de), ancien sous-préfet, à Falaise. Canton de Couliboeuf.Inspecteur : M...MM. BRUCE-WHITE, propriétaire, à Vendoeuvre. CLOOK (baron de), au château d'Assy. MOREL D'AUBIGNY (comte), propriétaire, au château d'Assy. [p. XXXIII] Canton de Bretteville-sur-Laize.Inspecteur : M. CHAMPIN.MM. BACON, maire, à Soignolles. BELLECOURT (de), maire d'Ifs-sur-Laizon. BELLIVET (Félix), cultivateur, à Vieux-Fumé. CAIX (de), au château de Quesnay. CHAMPIN, receveur d'enregistrement, à St-Sylvain. COUDRAY, propriétaire, à St-Sylvain. DAMPIERRE (de), propriétaire, à Bray-la-Campagne. DUSOIR, maire, à Magny-la-Campagne. FOUQUES, docteur-médecin, à Bretteville-sur-Laize. GAALON (Octave de), propriétaire, aux Moutiers-en-Cinglais. GOHIER, maire, à Bretteville-sur-Laize. HAMELIN, notaire, à St-Sylvain. HUBERT (Alexandre), propriétaire, à Urville. LABRÈCHE, juge de paix, à Bourguébus. LAFONTAINE, percepteur, à Condé-sur-Laison. LEBRETHON (Alphonse), propriétaire, à Urville. LEBRETHON, propriétaire, à Vieux-Fumé. LEDÉZERT, propriétaire, à Saint-Germain-le-Vasson. LENORMAND, maire, à Quilly. LESÉNÉCAL, propriétaire, à Saint-Sylvain. MALARD, maire, à Condé-sur-Laison. MECFLET (de), directeur de la ferme-école, à Quesnay. PAGNY, juge de paix, à Mézières. PAGNY, ancien huissier, à Bretteville-sur-Laize. PATRY (Constant), propriétaire, à Cintheaux. PAULMIER père, propriétaire, à St-Germain-le-Vasson. PLESSIS, notaire, à Mézières. POLIGNAC (comte Héracle de), à Outrelaize. PORET, agent-voyer, Langannerie. RICHER, propriétaire, à Gouvix. ROBERGE, ancien inspecteur de l'Université, à Gouvix. SAINT-CLOUD (marquis de), propriétaire, à Fierville-la-Campagne. SAINT-JEAN, maire, à Bretteville-le-Rabet. SAINTE-ALDEGONDE (comte de), à Outrelaize. SURVAL (baron de), propriétaire, à Quesnay. VALETTE (l'abbé), curé, à Gouvix. [p. XXXIV] Canton d'Harcourt.Inspecteur : M. DUDEZERT.MM. ANGERVILLE (comte d'), propriétaire, à Martainville. BAUDOIN, pharmacien, à Clécy. BELLENGER, propriétaire. FROMENT, maître jardinier, à Harcourt. GOUGET (Henri), propriétaire, à Harcourt. HASTAIN, maire, à Harcourt. MONTAIGU (de), propriétaire, à Cossesseville. TERNAUX DE LA MORÉLIE, propriétaire, à Meslay. ARRONDISSEMENT DE LISIEUX.Inspecteurs : MM. CAMPION, à Lisieux, et LEGRAND, à St-Pierre-sur-Dives.Cantons de Lisieux.Inspecteurs : MM. LALLIER et TARGET.MM. BLOCHE, avocat, à Lisieux. CAMPION (Alfred), avocat, à Lisieux. CORBIÈRE, vétérinaire, à Lisieux. CORDIER père, ancien membre du Conseil général, à Lisieux. CORDIER fils, représentant du peuple. DAUFRESNE, notaire, à Lisieux. DELAPORTE, ancien directeur des postes, à Lisieux. DUBOIS (Louis), propriétaire, à Lisieux. FÉRET (l'abbé), curé de Marolles. FORMEVILLE (de) père, ancien membre du Conseil général, à Lisieux. FOURNET-BROCHAYE, négociant, à Lisieux. FOURNET-PETIT, pharmacien, à Lisieux. GAHÉRY, directeur de l'école primaire supérieure. GAUSSUIN, contrôleur, à Lisieux. GILLOTIN, négociant, à Lisieux. JACOB, professeur au collége de Lisieux. LACHÈVRE, sous-préfet, à Lisieux. [p. XXXV] LALLIER, maître de poste, à l'Hôtellerie. LALMAND (l'abbé), professeur au collége de Lisieux. LECHARTIER, marchand de miel, à Lisieux. LEROY, avocat, à Lisieux. LETERRIER, propriétaire, à Lisieux. LEVERDIER, professeur au collége de Lisieux. MOUTIER, propriétaire, à Lisieux. NASSE, ancien sous-préfet, à Lisieux. NEUVILLE (marquis de), à Courtonne-la-Meurdrac. NICOLAS, architecte, à Lisieux. PASQUERON, ingénieur, à Lisieux. PERRIER (Eléonor), négociant, à Lisieux. RATISBONNE, receveur particulier, à Lisieux. TARGET (Paul), membre du Conseil général, à Lisieux. THILLAYE D'HEUDREVILLE père, juge au tribunal de commerce. TULOUP DE LA BECQUETIÈRE, propriétaire, à Fumichon. Canton d'Orbec.Inspecteur : M. LACROIX.MM. BUROT, marchand de vin, à Orbec. DURAND, vétérinaire, à Orbec. GASNIER, directeur de la poste, à Orbec. GRAVERON (de), père, à la Vespière. GRAVERON (Alban de), à la Vespière. GRAVERON (Gustave de), à id. LACROIX, maire, à Orbec. ORNMOY (d'), propriétaire, à Préaux. PIEL fils, notaire, à Orbec. Canton de Livarot.Inspecteur : M. BOYER.MM. BOYARD, propriétaire, à Fervaques. BOYER, propriétaire, à Livarot. DUCHÊNE, propriétaire, à Quévrue. GOULEY, propriétaire, à Fervaques. LECOMTE, maire, à Livarot. MESNIL-DURAND (baron de), à Mesnil-Durand. MIGNOT, maire, au Mesnil-Bacley. NEUVILLE (marquis de), propriétaire, à Livarot. [p. XXXVI] Canton de St-Pierre-sur-Dives.Inspecteur : M. ROCHET.MM. ANGERVILLE (Arsène), propriétaire, à St-Pierre-sur-Dives. AUBIN (Jules-César), propriétaire, à St-Pierre-sur-Dives. BELLAIS, docteur-médecin, à St-Pierre-sur-Dives. BELLET (Louis), propriétaire, à Ouville-la-Bien-Tournée. BLIVET, propriétaire, à Mittois. BRILLANT, vétérinaire, à St.-Pierre-sur-Dives. DECOUR, cultivateur, à Mittois. FOURQUEMAIN, agent-voyer, à St-Pierre-sur-Dives. LAMBERT (Eugène), propriétaire, à St-Pierre-sur-Dives. LAPERELLE, ancien notaire, maire de St-Pierre-sur-Dives. LECORDIER, receveur des contributions indirectes, à St-Pierre-sur-Dives. LEGRAND, docteur-médecin, à St-Pierre-sur-Dives. LEMAITRE, vétérinaire, à Ste-Marguerite-de-Viette. LEROY, propriétaire, à St-Georges-en-Auge. LIGNEROLLES (de), propriétaire, à St-Pierre-sur-Dives. MORAND-LAPERELLE, pharmacien, à St-Pierre-sur-Dives. MOTTE (Charles), propriétaire, à Garnetot. PILLOU, membre du Conseil général, à St-Pierre-sur-Dives. ROCHET, capitaine d'artillerie en retraite, à Hyéville. SAMSON, propriétaire, à Hyéville. TOUTAIN, notaire, à St-Pierre-sur-Dives. Canton de Mézidon.Inspecteur : M. COULIBOEUF.MM. BEAUMONT (de), propriétaire, à Percy. BOUQUEREL DE PLAINVILLE, propriétaire, à Plainville. DE PLAINVILLE fils, propriétaire, à Plainville. COULIBOEUF, notaire, à Mézidon. DEBIEZ, receveur de l'enregistrement, à Mézidon. JAMOT, propriétaire, à Crèvecoeur. JENTEVILLE (de), percepteur, à Crèvecoeur. [p. XXXVII] LARIVIÈRE, propriétaire, à Ecajeul. LEPRÊTRE, propriétaire, à St-Pair-du-Mont. MONTBRUN (de), propriétaire, à Quetiéville. MOUTIER, propriétaire, à Castillon. POUETTRE, huissier, à Mézidon. SEVESTRE, notaire honoraire, à St-Julien-le-Faucon. ARRONDISSEMENT DE PONT-L'ÉVÊQUE.Inspecteur : M. LEMÉTAYER-DESPLANCHES.Canton de Pont-l'Evêque.Inspecteur : M. CORDIER.MM. ALLEAUME-DESMOTTES, propriétaire, à Pont-l'Evêque. AUBRÉE, membre du Conseil général, à Pont-l'Evêque. AUMONT (Emmanuel-Desparts), avocat, à Pont-l'Evêque. BRETOCQ aîné, propriétaire, à St-Etienne-la-Thillaye. BONNECHOSE (de), propriétaire, à Pont-l'Evêque. DAVID, ancien notaire, à Pont-l'Evêque. DAUGE, imprimeur, à Pont-l'Evêque. DUHAMEL (Jules), propriétaire, à Surville. DUPARC, propriétaire, à Pont-l'Evêque. HAUTPOUL (d'), maire, à Trouville. HENRI, avocat, à Pont-l'Evêque. ISABELLE DE LA BLOTTERIE, maire de Pont-l'Evêque. JOLY, docteur-médecin, à Pont-l'Evêque. LECHEVALIER, avoué, à Pont-l'Ev. LECOURT, avoué, à Pont-l'Evêque. LEMASQUERIER, propriétaire, à Pont-l'Evêque. LEMÉTAYER-DESPLANCHES, juge de paix, à Pont-l'Evêque. MELIOT, sous-préfet, à Pont-l'Ev. PAISANT-VALENCOURT, propriétaire, à Pont-l'Evêque. PAUL, propriétaire, à St-Etienne-la-Thillaye. PORQUET-LAFÉRONIÈRE, notaire, à Pont-l'Evêque. QUÉLIN, propriétaire, à Pont-l'Evêque. QUESNEL, agent d'affaires, à Pont-l'Evêque. QUILLET (Mme Caroline), à Pont-l'Evêque. VALLÉE, membre du Conseil général, à Trouville. WIMPFEN, procureur de la République, à Pont-l'Evêque. [p. XXXVIII] Canton d'Honfleur.Inspecteur : M. LECARPENTIER.MM. LAMARE-PICQUOT, docteur-médecin, à Honfleur. LECARPENTIER, maire d'Honfleur. LECARPENTIER fils, à Honfleur. MANNEVILLE DE LA MARCHE, à Troussebourg. MERMET, manufacturier, à Criqueboeuf. Canton de Blangy.Inspecteur : M. AUBRÉE, à Pont-l'Evêque.MM. CACHELEU (Amédée de), à Bonneville-la-Louvet. DAVID, propriétaire, à Blangy. EUDES, propriétaire, à St-Julien-sur-Calonne. SEMAINVILLE (de), à Manneville-la-Pipart Canton de Cambremer.Inspecteur : M. GOUPIL.MM. BEAUDOIN, maire, à Auvillars. DELAHAIS, maire de Beuvron. GERMAIN (Constant), maire du Ham. GOUPIL, propriétaire, à Pontfol. Canton de Dozulé.Inspecteur : M. DE ROISSY.MM. DUBOUILLONNET, propriétaire, à St-Pierre-Azif. DUTROSNE, ancien magistrat, à Trousseauville. EURVILLE (marquis d'), propriétaire, à Grangues. GUESTIER (Donatien de), propriétaire, à St-Pierre-Azif. GUESTIER (Adrien de), propriétaire, à St-Pierre-Azif. HÉRON, maire de Glanville. LÉGUILLON (Stanislas), maire de Blonville. [p. XXXIX] LEPROVOST, percepteur, à Beaumont-en-Auge. LEROI, propriétaire, à St-Samson. LONDE (Constant), propriétaire, à Putot. PARIS, propriétaire, à Villers-sur-Mer. ROISSY (de), propriétaire, à Danestal. MANCHE.Inspecteurs divisionnaires :MM. RENAULT, membre de l'Institut des Provinces, à Coutances ; marquis DE BELLEFONT, à Cavigny.ARRONDISSEMENT DE SAINT-LO.Inspecteur : M. CLÉMENT.Inspecteurs cantonaux :Cantons de Canisy, M de KERGORLAY, propriétaire, à Canisy.— de Carentan, M. BOTTIN, conseiller général, à Carentan. — de St-Clair, M. de ROCHEFORT, ppre, à St-Jean-de-Savigny. — de St-Jean-de-Daye, M. DAUXAIS, propriétaire, à Cavigny. — de Marigny, M. ANGER, ancien maire, à Remilly. — de Torigny, M. DUPERRON, ancien maire, à Torigny. MM. ADAM, propriétaire, à Méautis. ADDES, instituteur, à St-Hilaire-Petitville. ANGER, ancien maire, à Remilly. ANGOT (François), propriétaire, à Méautis. ANGOT (Pierre), propriétaire, à Méautis. ANGOT (Jean), propriétaire, à St-Eny. BATAILLE (Prosper), cultivateur, à St-Eny. BATAILLE (Jean), propriétaire, à Carentan. BERTRAND, directeur de l'école mutuelle, à Carentan. BOTTIN, conseiller-général, à Carentan. CLÉMENT, ancien maire, à St-Lo. DAN, fabricant de tissus, à Dangy. DAUXAIS, propriétaire, à Cavigny. [p. XL] DELAGONIVIÈRE, propriétaire, à St-Eny. DELAMARE, propriétaire, à St-Lo. DOISNARD, architecte, à St-Lo. DUBOSC, archiviste du département, à St-Lo. DUHAMEL, procureur de la République, à St-Lo. DUPERRON, propriétaire, à St-Amand. DUPERRON, ancien maire, à Torigny. DURAND, propriétaire, à St-Lo. ENOUF, propriétaire, à Carentan. ENOUF, ancien avoué, à St-Lo. FEUILLET, ancien conseiller de préfecture, à St-Lo. GARNIER, négociant, à St-Lo. GEOFFROY DE MÉAUTIS, à St-Eny. GISLOT, médecin, à Carentan. GRANDVAL (de), propriétaire, à St-Lo. HAMEL, curé, à Auvers. HAVIN, conseiller d'Etat, à Torigny. HÉLIE, officier de santé, à Carentan. KERGORLAY (comte Hervé de), propriétaire, à Canisy. LAFOSSE (Pierre), à S-Côme-du-Mont LAINÉ (Joseph), à St-Eny. LAVALLEY, aumônier de l'hospice, à St-Lo. LAVARENGERIE (de), propriétaire, à St.-Lo. LE BOUTEILLER, sous-inspecteur des écoles primaires, à St-Lo. LECARDONNEL, à St-Lo. LECUYER (Bruno), à St-André-de-Bohon. LEHODEY, ancien notaire, à Torigny. LEMARINEL, pharmacien, à Carentan. LEMONNIER, pharmacien, à Carentan. LENOEL, propriétaire, à Carentan. LEROY, curé de St-Evremont-de-Bon-Fossé. LESAGE DE BASMARAIS (Pierre), à St-Eny. LONGIEN, propriétaire, à St-Lo. MARGUERIT DE CLOUAY, propriétaire, à St-Jean-de-Savigny. MARIE, directeur de l'école primaire supérieure, à Carentan. MIQUELOT, vicaire de Sainte-Croix, à St-Lo. RAULINE (Jean-Baptiste), éleveur, à Carentan. ROCHEFORT (de), propriétaire, à St-Jean-de-Savigny. ROUELLE, chapelain de l'hospice, à Carentan. ROUSSEAU, vice-conservateur du musée, à St-Lo. TRÉBUTIEN, juge suppléant, à St-Lo. VAUTIER (François), cultivateur, à St-Eny. [p. XLI] ARRONDISSEMENT DE VALOGNES.Inspecteur : M. GILLES.Inspecteurs cantonaux :Cantons de Bricquebec, M. LERENDU, notaire, à Bricquebec ; — de Ste-Mère-Eglise, M. D'AIGNAUX, propriétaire, à Lille-Marie. MM. AIGNAUX (d'), propriétaire, à Lille-Marie. BENOIT (Armand), à Valognes. BONDESSIN, imprimeur, à Valognes. BOYER (Hyacinthe de), à St-Vaast-la-Hougue. CARMESNIL (de), propriétaire, à St-Sauveur-le-Vicomte. CLÉMENT, ancien maire, à St-Germain-de-Varreville. DELALANDE, avocat, à Valognes. DELALANDE (Arsène), avocat, à Valognes. DUCAMPGRAIN, propriétaire, à Valognes. DUPERRON (l'abbé), professeur, à Valognes. FALAISE, ancien maire, à Ste-Marie-du-Mont. GALLEMAND, vice-président de la Société d'agriculture, à Valognes. GILLES aîné, propriétaire, à Valognes. GRANDVAL (de), propriétaire, à Valognes. HERPIN (Jules), percepteur, à Négreville, près Valognes. HEULARD, négociant, à Valognes. JOUENNE, vicaire, à Valognes. LEBRETONNIÈRE (de), propriétaire, à Sainte-Colombe. LECUYER (Jules), propriétaire, à Carquebut. LELAIDIER (Auguste), négociant, à Valognes. LEMARCHAND (l'abbé), à Valognes. LEPELLETIER, propriétaire, à Valognes. LERAT (Léon), avocat, à Valognes. LERENDU, notaire, à Bricquebec. MERIELLE, propriétaire, à Angoville-au-Plain. MESNILDOT D'ANNEVILLE, propriétaire, à Valognes. MORIN (l'abbé), vicaire, à St-Vaast-la-Hougue. NÉEL (l'abbé), vicaire, à St-Vaast-la-Hougue. PONTGIBAUD (le comte César de), propriétaire, à Fontenay, près Montebourg. PRÉMONT (Paul), juge, à Valognes. PRÉMONT, propriétaire, à Ste-Marie-du-Mont. ROYVILLE (de), propriétaire, à Hyéville. [p. XLII] SAINTE-COLOMBE (de), maire, à Sainte-Colombe. SERRY (de), ingénieur des ponts et chaussées, à Valognes. TOCQUEVILLE (comte de), représentant du peuple, à Tocqueville. TOCQUEVILLE (vicomte de), propriétaire, à Naqueville. VILLETTE (l'abbé), vicaire, à Valognes. ARRONDISSEMENT DE CHERBOURG.Inspecteur : M. NOEL-AGNÈS.Inspecteurs cantonaux :Cantons de Beaumont, M. BONNEMAINS, instituteur, à Gréville. — d'Octeville, M. DIGARD, propriétaire, à Tourlaville. — de St-Pierre-Eglise, M. SELLIER, manufacturier, à Gonneville. MM. BLANGY (de), propriétaire, à St-Pierre-Eglise. BONNEMAINS (Jacques-Louis), instituteur, à Gréville. BRUCAN (de), vice-président du bureau de bienfaisance, à Cherbourg. CHEVREL, avoué, à Cherbourg. COLLIN (André), médecin, à St-Pierre-Eglise. COUPÉ, juge, à Cherbourg. COURMERIE, directeur d'une usine de produits chimiques, à Cherbourg. DARRAGON, instituteur, à Cherbourg DIGARD, propriétaire, à Tourlaville. DUMONCEL (le comte), à Cherbourg. DUMONCEL (le vicomte), à Cherbourg. ESPINOSE (d'), propriétaire, à Cosqueville. FORFERT, propriétaire, à Tourlaville. GENEBRIAS, propriétaire, à Cherbourg. HENRY, membre du Conseil municipal, à Cherbourg. LAMBERT, propriétaire, à Gonneville. LEBLANC, hôtelier, à Cherbourg. LEFEBVRE, ancien directeur des constructions navales, à Cherbourg. LEFEBVRE, négociant, à Cherbourg. LEGUILLON, avoué, à Cherbourg. LEPONT, négociant, à Cherbourg. LIAIS (Eugène), négociant, à Cherbourg. MARIE, professeur au collége, à [p. XLIII] Cherbourg. MENARD (l'abbé), principal du collége, à Cherbourg. MOREL, fabricant, à Saint-Pierre-Eglise. NOEL-AGNÈS, représentant du peuple, à Cherbourg. OBET, médecin, à Cherbourg. PÉRIAUX (Nicétas), propriétaire, à Querqueville. PONTAUMONT (Louis de), propriétaire, à Cherbourg. QUESLIN, juge de paix, à Cherbourg RIHOUET, propriétaire, à Cherbourg ROSSIGNOL, avocat, à Cherbourg. SELLIER, manufacturier, à Gonneville. SESMAISONS (comte de), propriétaire, à Flamanville. ARRONDISSEMENT DE COUTANCES.Inspecteur : M. BLOUET.Inspecteurs cantonaux :Cantons de Bréhal, M. BROHON, maire de Bréhal. — de Cerisy-la-Salle, M. DE MONS, propriétaire, à Savigny. — de Gavray, M. HAUDUC, propriétaire, à Equilly. — de la Haye-du-Puits, M. CHANTEUX, juge de paix, à la Haye-du-Puits. — de St-Malo-de-Lalande, M. CHAPELLE, médecin, à Gouville. — de Montmartin-sur-Mer, M. DE GOUBERVILLE, ppre, à Contrières. — de Périers, M. AVRIL, ancien député, à Périers. — de St-Sauveur-Lendelin, M. FERRAND DE LA CONTÉ, maire, à St-Sauveur-Lendelin. MM. AGON (d'), propriétaire, à Coutances ANNA-MARY, propriétaire, à Coutances. AVRIL, ancien député, à Périers. BLOUET, procureur de la République, à Coutances. BOUILLON, notaire, à Coutances. BRIENS, propriétaire, au Mesnil-Amand. BROHON (baron de), maire, à Bréhal. BROYER, adjoint au maire, à Coutances. CHANTEUX, juge de paix, à la Haie-du-Puits. CHAPELLE, médecin, à Gouville. CHAUVET, propriétaire, à Coutances CHRISTEN (de), propriétaire, à Coutances. COULON, propriétaire, à Coutances. [p. XLIV] DAUVIN, avocat, à Coutances. DELAMARE, vicaire-général, à Coutances. DELAVALAINERIE, propriétaire, à Coutances. DELAVILLE, médecin, à Saussay. DESCHAMPS de VADEVILLE fils, propriétaire, à Monthuchon. DESLANDES (Elie), négociant, à Coutances. DESPONTS, curé de Saint-Nicolas, à Coutances. DOLLEY, médecin, à Périers. DUDOUIT, avocat, à Coutances. DUPONT, propriétaire, à Coutances. DUPRÉ-LE MANSOIS, juge, à Coutances. DUSAUSSEY (Constant), juge, à Coutances. EUDES, chef de bataillon, à Gavray. FERRAND DE LA CONTÉ, propriétaire, à St-Sauveur-Lendelin. GOSSELIN, percepteur, à Coutances. GOUBERVILLE (de), propriétaire, à Contrières. GUILLOT, ancien notaire, à Coutances. GUILMOTO-CLOSNEUF, propriétaire, à Coigny. GUITTON, propriétaire, à Gavray. HAUDUC, propriétaire, à Equilly. HÉLOUIS, vétérinaire, à Coutances. HERPIN, médecin, à Coutances. HERVIEU, juge, à Coutances. IBERT, maire, à Gouville. LAHARIZIÈRE, propriétaire, à Périers LECLERC, propriétaire, à Mont-sur-Vent. LEFAUCHEUX, propriétaire, à Gavray LEFEVRE, propriétaire, à Heranguerville. LEFEVRE, médecin, à Coutances. LELOUP (Richard), avocat, à Coutances. LELOUP, vicaire de Saint-Pierre, à Coutances. LEMAITRE (Michel-François), propriétaire, à St-Sauveur-Lendelin LEMARE aîné, banquier, à Coutances. LEMARE-LEFEVRE, négociant et cultivateur, à Coutances. LESCAUDEY-MANNEVILLE, propriétaire, à Périers. LETERTRE, propriétaire, à Coutances. LETERTRE, conservateur de la bibliothèque publique de Coutances. MÉNAGE (Bernard), propriétaire, à Appeville. MICHAUD (Eugène), maire, à Heugueville. MONS (de), propriétaire, à Savigny. MONTHUCHON (de), propriétaire, à Monthuchon. MOREL (Charles), propriétaire, à Coutances. PACARY, cultivateur, à St-Germain-le-Vicomte. PITTON-DESPRÉS, prêtre, à Coutances PLAINE, sous-préfet, à Coutances. POISSON, juge de paix, à Coutances. [p. XLV] POTIER-LAVARDE, propriétaire, à Coutances. PRÉVALLÉE, médecin, à Périers. QUESNEL-CANVAUX, président de la Société d'Agriculture, à Coutances. RENAULT, juge d'instruction, à Coutances. ROCHEFORT, médecin, à Ouville. VIGOT, médecin, à Coutances. VIMONT, juge, à Coutances. ARRONDISSEMENT D'AVRANCHES.Inspecteur : M. le marquis DE MONTÉCOT.Inspecteurs cantonaux :Cantons de Granville, M. HARASSE, négociant, à Granville. — de St-James, M. de GUITTON-VILLEBERGE, ppre, à Montanel. — de Pontorson, M. VERDUN DE LA CRÈNE, propriétaire, à Aucey. — de Sartilly, M. MAILLARD, juge de paix, à Sartilly. — de Villedieu, M. DE PEYRONY, propriétaire, à Lalande-d'Airou. MM. BELLE-ÉTOILE DU MOTTET, ancien maire, à Avranches. BELLOIR, docteur-médecin, à St-James. BESNOU, propriétaire, à Villedieu. BESNOU (Léon), pharmacien-major de la marine, à Brest, chez M. Besnou, à Villedieu. BOUVATTIER, maire et représentant du peuple, à Avranches. CANISY (le comte Paul de), propriétaire, à St-James. CLINCHAMPS (de), président de la Société archéologique d'Avranches. EYSSAUTIER (d'), propriétaire, à Avranches. GAALON (le chevalier de), propriétaire, à Avranches. GAUDIN DE SAINT-BRICE, ancien sous-préfet, à Avranches. GUÉRIN-LE COURT, propriétaire, à Avranches. GUITTON-VILLEBERGE (vicomte de), propriétaire, à Montanel. HARASSE, négociant, à Granville. HOUSSARD, médecin des hospices, à Avranches. LECHEVALIER DE GRANCHAMPS, propriétaire, à Avranches. LECLERC (Constantin), propriétaire, à Avranches. LEMAISTRE, conservateur du musée, à Avranches. LEMOINE-DESMARES, ancien député, [p. XLVI] à Avranches. LESPLU-DUPRÉ fils, avocat, à Avranches. MAILLARD (Alphonse), juge de paix, à Sartilly. MAUDUIT, curé, à Granville. MONTÉCOT (marquis de), propriétaire, à Vergoncey. MOTTET, conservateur de la bibliothèque publique d'Avranches. PEYRONY (de), propriétaire, à Lalande-d'Airou. PITON DE GAIX, propriétaire, à Argouges. PRACONTAL (de), à Avranches. SAINT-GERMAIN (Hervé de), propriétaire, à Avranches. VERDUN DE LA CRÈNE, propriétaire, à Aucey. ARRONDISSEMENT DE MORTAIN.Inspecteur : M. le comte DE BONVOULOIR.Inspecteurs cantonaux :Cantons de St-Hilaire-du-Harcouet, M. l'abbé CARNET, curé, à St-Hilaire-du-Harcouet. — d'Isigny, M. l'abbé DESROCHES, curé, à Isigny. — de St-Pois, M. DAURAY de SAINT-POIS, propriétaire, à St-Pois. MM. AUGER, notaire, à St-Hilaire-du-Harcouet. BERNARD, propre, au Neufbourg. BLON (Emilien de), propriétaire, au Mesnil-Boeuf. BONVOULOIR (comte de), propriétaire, à Mortain. CARNET (l'abbé), curé de St-Hilaire-du-Harcouet. CARVILLE (Gauthier de), propriétaire, à Bois-Yvon. COLLIBEAUX, secrétaire de la Société d'agriculture, à Mortain. DAURAY DE SAINT-POIX (Raymond), propriétaire, à St-Pois. DEBON (André), propriétaire, à Sourdeval. DEBON (Victor), propriétaire, à Sourdeval. DESROCHES, curé, à Isigny. EUDES, propriétaire, à Mortain. GIRARDVILLE (de), curé, à Mortain. GRAINVILLE (de), ancien magistrat, à Mortain. HAMELIN, pharmacien, à St-Hilaire-du-Harcouet. HEUZÉ, juge de paix, à Isigny. [p. XLVII] LEVERDAIS, maire de Mortain. LORIER (Théophile), propriétaire, à Sourdeval. MILLY (de), propriétaire, à Milly. ROULLIN, médecin, à St-Hilaire-du-Harcouet. SIMON (l'abbé), professeur, à Mortain. ORNE.Inspecteurs divisionnaires :MM. DE LA SICOTIÈRE, à Alençon ; comte DE VIGNERAL, à Argentan.ARRONDISSEMENT D'ALENÇON.Inspecteur : M. le baron MERCIER.MM. BACHELIER (Louis-Marin), propriétaire, à Ste-Scolasse. BRULLEMAILLE (de), propriétaire, à Alençon. CHAMBRAY, docteur-médecin, à Alençon. CHÉNEL fils, avocat, à Alençon. CORBIÈRE, propriétaire, à Alençon. CORCELLES (de), propriétaire, à Essai. CURIAL, propriétaire, à Alençon. DEDAUX, architecte, à Alençon. DESMAZIS, propriétaire, à Alençon. DESPIERRES jeune, négociant, à Alençon. DESPROVOTIÈRES, juge, à Alençon. DRUET, ancien juge de paix, à Alençon. FAUDIN, substitut, à Alençon. FERMON (de), médecin, à Alençon. FRILEUSE (de), avocat, à Alençon. GERET, propriétaire, à Ste-Scolasse. HEREMBERT (Adolphe), à Godisson. HIAUMET (Pierre-Jean-Marin), propriétaire, à St-Julien-sur-Sarthe. HOMMEY, propriétaire, à Alençon. HUBERT, propriétaire, à Alençon. HUREL, curé, à Monsort-d'Alençon. JAMOT, curé à Alençon. LA COSTE (de), propriétaire, à Courtomer. LA SICOTIÈRE (de) père, propriétaire, à Alençon. LA SICOTIÈRE (de), avocat, à Alençon. LECOINTRE, propriétaire, à Alençon. MERCIER (baron), propriétaire, à Alençon. MOUSSARD, propriétaire, à Mauves. NÉEL (de), propriétaire, à Mesnil-Hubert. [p. XLVIII] PICHON-PRÉMELÉ, propriétaire, à Séez. PIHAN, propriétaire à Ouézy. PION, lieutenant-colonel, à Alençon. POULET-MALASSIS, imprimeur, à Alençon. RICHER-LÉVÊQUE, à Alençon. TURENNE (de), propriétaire, à Courtomer. ARRONDISSEMENT D'ARGENTAN.Inspecteur : M. CROPAT.Canton d'Argentan.Inspecteur : M. GALLOT.AURAY (Norbert d'), à Say. BARASSIN, avocat, à Argentan. BAZILE (l'abbé), à Urou. BELLOUIN, avoué, à Argentan. BERRIER-FONTAINE, avocat, à Argentan. CLOGENSON, capitaine, à Argentan. COLMICHE (de), propriétaire, à Argentan. CROPAT, receveur municipal, à Argentan. DUBOIS, avocat, à Argentan. DUBOULLAY, propriétaire, à Argentan. FAUVEL, conseiller municipal, à Argentan. FERRAND, médecin-vétérinaire, à Argentan. FONTENAY (de), propriétaire, à Urou. GALLOT, maire d'Occagnes. GENU, avoué, à Argentan. GODEFROY, propriétaire, à Argentan. GONDOUIN, propriétaire, à Argentan. GONDOUIN, avocat, à Argentan. GUYON (Alfred de), propriétaire, à Argentan. HIS, ancien député, à Argentan. LAIR-DUBREUIL, notaire, à Argentan. LAISNÉ-COURVILLE, avoué, à Argentan. LAUTOUR, ancien notaire, à Argentan. LEGUERNEY, principal, à Argentan. LEGUERNEY, juge, à Argentan. LIBERT, médecin, à Argentan. MALFILATRE, commandant, à Argentan. MALHERBE (de), propriétaire, à Argentan. MARIGNIER, ppre, à Argentan. MEHEUDIN, avocat, à Argentan. MOUSSET, avocat, à Argentan. SOURDION, propriétaire, à Argentan. TRIBOUT, avoué, à Argentan. TRUCHY, propriétaire, à Argentan. VÉRON, avoué, à Argentan. [p. XLIX] Canton de Briouze.Inspecteur : M. MASSON.MM. ALEXANDRE, à Briouze. BOCAGE, juge de paix, à Briouze. GRÉGOIRE, maître de poste, à Briouze. MASSON, propriétaire, à Briouze. VAUCELLES (de), propriétaire, à Lignou. Canton d'Ecouché.Inspecteur : M. Adrien DE CENIVAL.MM. BROGLIE (de), à Rânes. CATOIS fils, maître de forges, à Rânes. CÉNIVAL (Adrien de), à Fleurey. LAUREAU (de), propriétaire, aux Coudrais. MAISONS (de), propriétaire, à Mesnil-Glaise. Canton d'Exmes.Inspecteur : M. DE FLERS.MM. CHÉRON, propriétaire et maire, à Exmes. FLERS (de), conseiller d'arrondissement, à Villebadin. HOUEL, directeur du haras du Pin. MALO, directeur du domaine, au Pin. Canton de Gacé.Inspecteur : M. LE COUTURIER.Canton de Putanges.Inspecteur : M. LEGOULT-LONGPRÉ.MM. CAULAINCOURT (de), maire, à Giel. LEGOULT-LONGPRÉ, maire, à Neuvi. ORIOT-DUMOSI, maire, au Mesnil-Hermey. SOLAIRAC (de), au Mesnil-Gondouin. VIGNERAL (de), propriétaire, à Ry. [p. L] Canton de Trun.Inspecteur : M. LEFRANC-DUSAUSSAY.MM. BISY (baron de), propriétaire, à Ecorches. DESCHAMPS, propriétaire, à Trun LAURENT, propriétaire, à Chambois. LE FRANC-DUSAUSSAY, propriétaire, à Montormel. RENAULT (Félix), propriétaire, à Chambois. Canton de Mortrée.Inspecteur : M. PORRIQUET.MM. PORRIQUET, propriétaire, à Marcé. LOYER (Louis), à St-Loyer-des-Champs. Canton de Vimoutiers.Inspecteur : M. BRIAND (de Pontchardon).MM. BERTHELOT, propriétaire, à Ticheville. BOSCHER, propriétaire, à Vimoutiers. BRETONNIÈRE (de la), propriétaire, à Vimoutiers. BRIAND, maire de Pontchardon. CHAUVEL, juge de paix, à Vimoutiers. EPINNEVILLE (d'), propriétaire, à Ticheville. GIGON DE LA BERTERIE, à Vimoutiers. ARRONDISSEMENT DE DOMFRONT.Inspecteur : M. D'HALAINES.MM. BANVILLE (de), propriétaire, au Fresne. BARBOT, propriétaire, au Fresne. BITOUZÉ-DAUXMESNIL, agent-voyer chef, à Domfront. BODIN, juge de paix, à Tinchebray. BORDEL-LANOS, au Mesnil-Simon. CHRISTOPHE, avocat, à Domfront. DELAUNAY (François), propriétaire, à Flers. DESFERRIS, propriétaire, à Montilly. [p. LI] DURAND, juge, à Domfront. HAMARD, avocat, à Domfront. HALAINES (d'), propriétaire, à Domfront. LAFERRIÈRE (de), propriétaire, à Roufougeray. LECOMTE, maire, à Chanu. LEMAISTRE, président du tribunal, à Domfront. LEMASQUERIER, notaire, à Chanu. RAMARD, propriétaire, à Flers. SCHNETZ, propriétaire, à Flers. ARRONDISSEMENT DE MORTAGNE.Inspecteur : M. DE CHAZOT.MM. AUBIN DE BLANCPRÉ, propriétaire, à Prulay. BAIL, ancien notaire, à Mortagne. BOYNE (de), propriétaire, à Bellavilliers. CHAZOT (de), à Mortagne. CAHARDON, propriétaire, à Mortagne. COURVAL (de), à Mortagne. HOUDELIÈRES, propriétaire, aux Genettes. LELONG, avocat, à Mortagne. OLIVIER, propriétaire, à Mortagne. PUISAYE (de), à Puisaye. SERVIS, à Longny. VAUCEY (Alfred de), à Mortagne. VAUGEOIS (Hippolyte), avocat, à Laigle. VAUSSEY (Alexandre de), à Saint-Denis, près Mortagne. EURE.Inspecteurs divisionnaires :MM. LEFEBVRE-DURUFLÉ, représentant et membre du Conseil-général, à Pont-Authou, ; Raymond BORDEAUX, docteur en droit, etc., à Evreux ; et Armand DURÉCU. ARRONDISSEMENT D'ÉVREUX.Inspecteur : M. CHASSANT, bibliothécaire, correspondant du ministère de l'Instruction publique, à Evreux.Inspecteur du canton de Rugles : M. DUBUC, au château de Bois-Normand, près Lyre.Ville d'Evreux.MM. BEAUCANTIN, directeur du jardin botanique. BORDEAUX (Raymond), avocat, docteur en droit. BOUGAREL, docteur en médecine. [p. LII] CASSEN, propriétaire. CHARVET (Pierre), ancien manufacturier. CHASSANT, bibliothécaire. CORNEILLE-DEHAUMONT, président du tribunal de commerce. DEL'HOMME, juge, membre du Conseil général. HÉBERT, juge de paix. LACHÈVRE, juge. LEBRETON, notaire honoraire. LEFEBURE, géomètre en chef du cadastre. L'HOPITAL, ancien maire d'Evreux. OLIVIER, ingénieur en chef des ponts et chaussées. PETIT (Ange), juge et membre du Conseil général. ROBILLARD, ancien ingénieur en chef. SAINT-GERMAIN (Gaillard de), correspondant du ministère de l'Instruction publique, etc. TOURNEMINE (Gaston de), avocat. VALLON, préfet de l'Eure. Cantons.MM. CHAMBRAY (le marquis Jacques de), au château de Chambray, près Damville. CHEVREAUX aîné, membre de plusieurs Sociétés savantes, à Conches. DANZEL, médecin, à la Ferrière-sur-Risle. DELARUE, ancien juge de paix, à Breteuil. DEPINAY-PRÉHAMON, notaire, à la Neuve-Lyre. DUBUC, au château de Bois-Normand, près Lyre. GAZAN (de), ancien député, au Nuisement (Huest). GAZAN fils, chimiste, au château du Nuisement. MOUCHEL, membre du Conseil général des manufactures, à Rugles. PALYART, membre du Conseil général des manufactures, à Breteuil. POSTEL (Alphonse de), au château de Martainville-du-Cormier. ROSTOLAN (Balthazar de), au château du Buisson-Garembourg, près Evreux. SALVANDY (le comte de), au château de Graveron. [p. LIII] ARRONDISSEMENT DE BERNAY.Inspecteur : M. BOURDON (Nathalis).Ville de Bernay.MM. ASSELIN, ancien receveur particulier des finances. AUGER (comte d'), à Menneval, près Bernay. AUMONT (l'abbé), curé de Notre-Dame de La Couture. BARDET, docteur en médecine, secrétaire de section de la Société d'agriculture de l'Eure. BAUSSE (de), propriétaire. BAYVEL, négociant. BLONDEL, pharmacien. BOURDON (Nathalis), ancien magistrat. CHARLEMAINE, ancien sous-préfet. DESMARES, greffier du tribunal, à Bernay. DUBUC, maire de la ville. DUDONNEZ, vétérinaire. DUFAY, propriétaire, à Carsix. FOCET, membre du Conseil général. GEOFFROY-CHATEAU, juge d'inston. GUERY, propriétaire. HÉBERT, propriétaire. HUBERT-LAFAMILLE, propriétaire. LEFEBVRE, imprimeur, à Bernay. LIZOT, rédacteur de l'Echo. NICOLLE, propriétaire. SAINTE-OPPORTUNE (de), ancien officier de cavalerie. VY (Augustin), président du tribunal de commerce. VY (Emile), négociant. Inspecteurs cantonaux :MM. DE SAINTE-OPPORTUNE, à Bernay ; le prince ALBERT DE BROGLIE, à Broglie ; RIOULT DE BOISRIOULT, à Thiberville.Cantons.MM. BEAULAVON, homme de loi, à Broglie. BOISRIOULT (Auguste de), à Heudreville. BOUCHER, ancien notaire, à Brionne. BROGLIE (prince Albert de), au château de Broglie. CROIX (le marquis de), au château de Cerquigny. DEBOS, cultivateur, à...., près Broglie. DURAND, notaire, à Broglie. EPINEVILLE (Victor d'), au château du Plessis, commune de Saint-Clair-d'Arcey. HAMEL, docteur en médecine, membre du Conseil général, à Boisney. LA GARENNE (Charles de), au château [p. LIV] de La Garenne, commune de Giverville. LE CARPENTIER, propriétaire, à Beaumesnil. LECLERC, membre du Conseil général, à la Barre. LEMONNIER, cultivateur, à Saint-Clair-d'Arcey. LEPREVOST (Auguste), membre de l'Institut, au château de Saint-Martin-du-Tilleul. LESENS (marquis de MORSAN), à Morsan. LESUEUR, propriétaire, à Fresne, près Bernay. LOISEL, maître de poste, à La Rivière-Thibouville. VAUQUELIN (de), à Verneusse. ARRONDISSEMENT DE PONT-AUDEMER.Inspecteur : M. LE REFAIT.MM. BORDECOTE (Legras de), juge d'instruction. BOURSY (Charles), propriétaire. CANEL, avocat, ancien représentant. CROZE (de), sous-préfet, à Pont-Audemer. DELAUNAY, propriétaire, à Campigny. LAHOUSSAYE (de), élève diplômé de l'école des haras, au château de Corneville, près Pont-Audemer. LEBOUTEUX DU MONCEAU, propriétaire, aux Préaux. LE COMPTE-DESORMEAUX, propriétaire, à Pont-Audemer. LEFEBVRE-DURUFLÉ, représentant, manufacturier, à Pont-Authou. LEFEBVRE, ancien notaire, à Cormeilles. LEGENDRE, ancien représentant, à St-Michel-des-Préaux. LEJEUNE, propriétaire et maire, à St-Denis-des-Monts. LEREFAIT, propriétaire. LEROY DE LA BRIÈRE, receveur particulier des finances, à Pont-Audemer. LE ROY, ancien sous-préfet, à Pont-Audemer. LUCHAPT (comte de), membre du Conseil d'arrondissemt et maire, à Bosenormand. MALORTIE (Charles de), propriétaire et maire, à Eturqueraye. OSMOY (comte d'), membre du Conseil général et maire, à Bouquelon. PHILIPPE-LEMAITRE (Mme), membre de plusieurs académies, à Illeville, près Monfort. [p. LV] PLICHON, propriétaire et maire, à Fourmetot. PLUMMER, manufacturier. RABASSE, ancien notaire, à Monfort-sur-Risle. ARRONDISSEMENT DE LOUVIERS.Inspecteur : M. DIBON.MM. BLOSSEVILLE (le vicomte Ernest de), membre de l'Institut des Provinces, du Conseil général, à Amfréville. DIBON (Paul), ancien manufacturier, à Louviers. DEFONTENAY, représentant à l'Assemblée législative, à Louviers. PETIT (Guillaume), membre du Conseil général des manufactures, à Louviers. PICARD, docteur en médecine, à Louviers. RENAULT, avocat, à Louviers. RENAULT, manufacturier, à Louviers. VÉRON, avocat au Neufbourg, inspecteur pour le canton du Neufbourg. ARRONDISSEMENT DES ANDELYS.Inspecteur : M. DE MONTREUIL.MM. DURÉCU, propriétaire. LEPAGE, pharmacien, à Gisors. MONTREUIL (de), ancien représentant, à Gisors. ROSSEY, ancien conseiller de préfecture, à Gisors. SEINE-INFÉRIEURE.Inspecteurs divisionnaires :MM. J. GIRARDIN et BALLIN, à Rouen.ARRONDISSEMENT DE ROUEN.Inspecteur : M. DE GLANVILLE, à Rouen.Inspecteurs cantonaux :Canton de Boos, M. LEBOURGEOIS, maire de Blosseville-Bonsecours. [p. LVI] Cantons de Buchy, M. DE SAINT-LÉGER, ingénieur en chef des mines, à Ste-Croix-sur-Buchy. — de Clèves, M. DELALONDE DU THIL fils, à Cloville. — de Darnétal, M. CUVELIER, maire de Darnétal. — de Duclair, M. Auguste BAUDOUIN, au château des Vieux. — d'Elbeuf, M. CAPPLET. — de Grand-Couronne, M. LECOINTE père, directeur de la colonie agricole, aux Chartreux. — de Maromme, M, Daniel FAUQUET, à Déville. — de Pavilly, M. le baron ADAM, à Pavilly. — de Rouen, M. DELERUE, chef de division à la préfecture. MM. ADAM (baron), manufacturier, à Rouen. ALEXANDRE, directeur adjoint de l'Union générale. AVENEL, docteur en médecine. BALLAY, docteur-médecin, à Rouen. BALLIN, directeur du Mont-de-Piété. BARBET (Henri), ancien pair de France. BAUDOUIN (Auguste), propriétaire, au château des Vieux. BAUDRY (Paul), propriétaire, à Rouen. BAZILLE, négociant. BOSTENAY (de), près Elbeuf. BÉLOT, de la Société d'agriculture. BERGASSE, avocat. BERTRAND, fabricant, à Elbeuf. BEZUEL, propriétaire, à Pavilly. BIDARD (Anatole), brasseur. BIGOT aîné, propriétaire. BLANCHE, avocat-général. BOISSEUX (de), propriétaire, à St-Aubin-Jouxte, près Elbeuf. BORDIER (Charles), à Elbeuf. BOURDIN (François), propriétaire. BOURDON (Mathieu), représentant du peuple, à Elbeuf. BOURGOIS, propriétaire. BOUTEILLER, pharmacien. BOUTEILLER (Hippolyte), propriétaire, à Rouen. BRESSON, ingénieur civil. BRUNIER, id. CANEAUX, docteur-médecin. CAPPLET, à Elbeuf. CARON, négociant. CHESNEAU, chimiste. CHEVREAUX, avocat. CHENNEVIÈRE, fabricant, à Elbeuf. CLOUET, pharmacien. COLLAS (L.), fabricant, à Elbeuf. COQUATRIX, homme de lettres. CORVAL (de), inspecteur des forêts. CUIT (fils), négociant. CURMER, membre du Conseil général. [p. LVII] CUVELIER fils, à Darnetal. DARCEL (Ch.), membre de la Société d'agriculture. DEBONNE (Ch.), propriétaire. DEBOOS, marchand grainier. DEBOUTTEVILLE, directr des aliénés. DECROIX, pharmacien. DELACLUSE, peintre. DELAISTRE, propriétaire. DELALONDE-DUTHIL père, à Claville-Motteville. DELALONDE-DUTHIL fils, à Rouen. DELAPORTE, manufacturier, à Elbeuf. DELAQUERIÈRE, membre de l'Académie. DELARUE (Edouard), propriétaire, à Elbeuf. DELERUE, chef de division. DELHOMEL, pharmacien, à Elbeuf. DESALLEURS, docteur-médecin. DESBOIS, médecin. DESPRÉS, ancien professeur, à Elbeuf. DOSSIER, juge. DUBREUIL, médecin. DUBREUIL (Arsène-Félix). DUJARDIN aîné. DUMESNIL, docteur-médecin. DUSSEAUX, ancien maître de pension. DUTUIT (Eugène), propriétaire. FAUCHET, maître de poste. FILLOLET, docteur-médecin, à Elbeuf. FLAVIGNY (Charles), à Elbeuf. FOULONGUE, fabricant. FRÈRE père, à Rouen. FRÈRE fils, id. GERVAIS-PROTAIS, fabricant, à Elbeuf. GIRARDIN, correspondant de l'Institut. GLANVILLE (de), propriétaire. GOSSE, propriétaire, à Boissay. GRAINDORGE-DESDEMAINES, juge de paix, à Elbeuf. GRANDIN (Jacques), négociant, à Elbeuf. GRÉGOIRE, architecte du département. HAULOU (François), négociant. HÉBERT, ancien notaire. HERPE, employé à la mairie. HILAIRE DE NÉVILLE, propriétaire. HOMBERT, avocat. HOUDEVILLE (Louis), négociant. HURÉ, propriétaire. LANCELEVÉE fils. LANCIEN, rentier. LANGLOIS-D'ESTAINTOT, propriétaire. LAVANDIER, propriétaire. LE BLOND, propriétaire. LE BOURGEOIS, maire de Bon-Secours. LE BRETHON (Jean-Charles), négociant. LE BRUMENT, libraire. LE COINTE, directeur des jeunes détenus. LE COINTRE (Amédée), fabricant. [p. LVIII] LE COUPEUR, docteur-médecin. LE LARGE, du Comice de Pavilly. LE LONG, membre du Conseil général. LEMEILLEUR aîné, propriétaire. LE MOINE, contrôleur de l'Octroi, à Elbeuf. LE SAGE, propriétaire. LE SUEUR, à Boudeville, près Rouen. LEVISSE, conseiller à la Cour. LIZÉ (Ch.-H.), négociant, à Elbeuf. MASQUERAY, agent-voyer. MAUBEC, pharmacien, à Elbeuf. MAURICE DE SAINT-LÉGER, ingénieur. MELAYS, docteur-médecin. MÉNARD (François). MEREAUX, professeur de musique. MEZAIZE, à St-Martin-de-Bocherville. MOLET-LEJEUNE, négociant, à Elbeuf. MONSAINT, pharmacien, à Elbeuf. MOY (de), à Bosc-Guerard-St-Adrien MURIZON, propriétaire, à Dieppedale. NÉEL (Gustave), propriétaire. PARFAIT-GROULT, médecin. PARFAIT-QUESNAY, avocat. PATRON (Charles), à Bois-Guillaume. PATTEY, négociant, à Elbeuf. PÉRIER, receveur des hospices. PÉRON, imprimeur. PICQUOT fils, filateur. PIHOREL, docteur-médecin. PIMONT (Alfred), négociant. PINEL (Eugène). PION (Léon), fabricant, à Elbeuf. PLAGELAT, greffier, à Elbeuf. POTTIER, bibliothécaire. POUSSIN, fabricant, à Elbeuf. PREISSER, professeur. PRÉVOST, horticulteur, à Bois-Guillaume. QUESNET (Jacques), manufacturier. RANDOUING (Camille), à Elbeuf. REVELLE, médecin, à Elbeuf. ROLET (Victor), négociant. ROUVIN (François), fabricant, à Elbeuf. TABOUELLE, agréé, à Elbeuf. THÉVENIN, président du tribunal de commerce. THIESSÉ, pharmacien. VAUQUELIN, négociant. VERRIER, vétérinaire. VINGTRINIER, médecin. VIVEFOY, docteur-médecin. VIVET (Léon), professeur. VOISIN (Maurice), docteur, à Déville. VY (Alfred), médecin, à Elbeuf. ARRONDISSEMENT DE DIEPPE.Inspecteur : M. MOUQUET.Inspecteurs cantonaux :Canton de Bacqueville, M. LÉDIER, maire de Bacqueville. [p. LIX] Cantons de Bellencombre, M. LETELLIER, propriétaire, à Cerdouval. — d'Envermeu, M. HÉBERT, médecin, à St-Nicolas-d'Aliermont. — d'Eu, M LONGCHAMP, docteur en médecine, à Eu. — de Longueville, M. REISET, membre du Conseil général, à Ecorcheboeuf. — d'Offranville, M. HÉBERT, notaire, à Offranville. — de Tôtes, M. DE MALORTIE, membre du Conseil général, à Tôtes. — de Dieppe, M. l'abbé COCHET, à Dieppe. MM. BARD (L.-P.), à Gueures. BILLE (Alexandre), propriétaire, au Bourg-Dun. CLERCY (de) père, propriétaire, à Derchigny. CLERCY (de) fils, propriétaire, à Derchigny. CORSANGE, à Eu. CRESSENT, docteur-médecin DAUSSY, avocat. DEROUEN, pharmacien. DIEL (Joseph), à Gonneville. DURY (Frédéric), propriétaire. FERET, bibliothécaire. GALLIEN, professeur. GIRANCOURT (de), membre du Conseil général. HÉBERT, médecin, à St-Nicolas-d'Aliermont. HÉBERT, notaire, à Offranville. HOUDEVILLE (A.), à Ouville-la-Rivière. LACHAMBRE, pharmacien. LAPIERRE, notaire. LE BOURGEOIS, avocat. LEDIER, à Bacqueville. LEFEBVRE, professeur. LEGAL, docteur-médecin. LE NORMAND, propriétaire, à Bosclehard. LEPROVOST, négociant. LEGUIN, huissier. LETELLIER, propriétaire, à Ardouval. LONGCHAMP, docteur, à Eu. MABIRE, cultivateur, à St-Germain-d'Etables. MALLEVILLE (de), à Douvrend. MORISSE, armateur. MOUQUET, receveur des finances. MOUQUET (Adolphe), négociant. PARMENTIER, curé de St-Rémy. QUENOUILLE aîné, propriétaire. RÉVILLE, ministre. SAMSON (Antoine), à Offranville. TASSEL jeune, à Ouville-la-Rivière. TROUARD-RIOLLE, médecin. ARRONDISSEMENT DU HAVRE.Inspecteur : M. DELALONDE DU THIL.[p. LX] Inspecteurs cantonaux :Cantons de Bolbec, M. COLLEN-CASTAIGNE fils, à Bolbec. — de Cricquetot-l'Esneval, M. FIQUET, membre du Conseil général, à Cricquetot-l'Esneval. — de Fécamp, M. MARCHAND, pharmacien, à Fécamp. — de Goderville, M. DOREY, président de la Société d'Agriculture, à Goderville. — du Havre, M. MILLET DE SAINT-PIERRE, armateur, au Havre. — d'Ingouville, M. Alphonse KARR, littérateur, à Sanvic. — de Lillebonne, M. LECHAPTOIS, membre du Conseil général, à Bolbec. — de Montivilliers, M. VIAU, chimiste, à Harfleur. — de St-Romain-de-Colbosc, M. LIZOT, membre du Conseil général, à la Cerlangue. MM. BELLONCLE, propriétaire, à Beuzeville. BESONGNET, avocat, à Bolbec. BOTTENTUIT, pharmacien. BOUFFARD, armateur, membre du Conseil général, à Fécamp. BOURDIN, docteur en médecine, à Bolbec. BRIANCHON, propriétaire, à Bolbec. CAPPEL (Stanislas), teinturier, à Bolbec. CHEVALIER-LETELLIER, fabricant, à Bolbec. COLLEN-CASTAIGNE, fabricant, à Bolbec. COURSAULT-D'HATTENTOT, à Fécamp. COURVAL (de), commandant du génie. DARGENT, propriétaire, à St-Léonard, près Fécamp. DÉCULTOT, pharmacien, à Fécamp. DESVAUX, tourneur-mécanicien, à Bolbec. DOREY (Jules), président de la Société d'agriculture du Havre. DUBOCQ (Paul), propriétaire, à Fécamp. DUCROT, ingénieur des ponts et chaussées, à Fécamp. DUMESNIL, commissaire-priseur, à Bolbec. DUVILLARS, sous-préfet. FAUQUET (Jacques), maire de Bolbec. FOLLEVILLE, receveur de l'enregistrement, à Bolbec. GALLET, membre de plusieurs Sociétés savantes. GUILMARD, juge de paix, à Goderville. LA GATINERIE (baron de), commissaire-général de la marine. LANCTUIT (Joseph), à Auberville-la-Renault. [p. LXI] LECHAPTOIS, membre du Conseil général, à Bolbec. LECHÊNE, fondeur, à Bolbec. LECROCQ (Bernard), bijoutier, à Bolbec. LEGENTIL, procureur de la République. LEMAÎTRE père, membre du Conseil général, à Fécamp. LEPICARD, juge de paix, à Fécamp. LEPRÉVOST, à la Cerlangue. LESUEUR, pharmacien, maire de Goderville. LETELLIER, notaire, à Bolbec. LEUDET, pharmacien. LONGUEMARE, suppléant du juge de paix, à Bolbec. MARCHAND, pharmacien, à Fécamp. MARÉCAL, propriétaire, à Bolbec. MILLET DE SAINT-PIERRE, armateur, au Havre. MONTAULT (le comte de), propriétaire, à Nointot, près Bolbec. MUTEL, huissier, à Bolbec. NICAISE, bibliothécaire, à Bolbec. OURSEL, à Bretteville-St-Ouen. POULAIN, pasteur. REGIMBART, maire, à Fécamp. THIERRY, notaire, à Bolbec. VASSELIN (Paul), à Fécamp. VIAU, chimiste, à Harfleur. ARRONDISSEMENT DE NEUFCHATEL.Inspecteur honoraire : M. DESJOBERT.Inspecteur titulaire : M. DENOYELLE, maire de Neufchâtel.Inspecteurs cantonaux :Cantons d'Argueil, M. PARMENTIER aîné, à Argueil. — d'Aumale, M. POLLET (Paul), à Haudricourt. — de Blangy, M. DE GIRANCOURT fils, à Vattierville. — de Forges-les-Eaux, M. LAVANDIER, propriétaire, à Forges. — de Gournay, M. N*** — de Londinières, M. JOLY (Louis), à Londinières. — de Neufchâtel, M. N*** — de St-Saens, M. le baron D'HAUSSEZ, à St-Saens. MM. BATAILLE, fabricant, à Blangy. BIVILLE (de), propriétaire. BIVILLE (Alphonse de), à Isengremer. BOULENGER, avoué. BOURDON fils, propriétaire. BRICHET, avoué. DEBOUTTEVILLE père, propriétaire. DEBOUTTEVILLE fils, notaire. [p. LXII] DE CAUX, à Forges-les-Eaux. DECORDE, juge de paix. DECROUTELLE, à Saint Pierre-des-Jouques. DEGIRANCOUR, à Vattierville. DEGIRANCOUR fils, à Vattierville. DELACOUDRE. DELACOUDRE (Frédéric). DELAPLACE, géomètre, à Bouelle. DELIGNEMARE, à Smermesnil. DENOYELLE, maire de Neufchâtel. DREVET, inspecteur des forêts, à Aumale. DULESMONT, à Nolleval. FAGARD, commis des contributions indirectes. FERNEL, avocat. FIHUE, à St-Valery-sous-Bures. FOUBERT-DESPALLIÈRES, juge. GAILLARD, avoué. GUILLOUT, notaire. HORCHOLLE, propriétaire. HUARD, avocat. JOLY-COQUET, propriétaire. JOLY-HUBERT, propriétaire. JOLY (Louis), à Londinières. LE BLOND, à Nesle-Hodeng. LEDOUX-WOOD, à Forges-les-Eaux. LE GRAS, à Neuville-Ferrière. LE GRAS (Narcisse), à Neuville-Ferrière. LEHEURTIER, propriétaire. LELONG, à Rouvray-Castillon. LEMERCHIER-D'HAUSSEY, à St-Saens. LEPRINCE, pharmacien, à St-Saens. LEVAILLANT, ancien notaire, à Blangy. LONG, propriétaire, à Croixdalle. LOVERDO (de), juge. MARC (Louis-Edmond). MÉNAGE, à Saumont-la-Poterie. MICHU, propriétaire. MILLEVILLE (Archambaud de), à Nesle-Normandeux. MOINET, greffier. MUTEL-CAVELAN, à la Ferté-St-Samson. NORMAND, cultivateur, à Brandicourt. PARMENTIER aîné, à Argueil. PINCHON (Louis), propriétaire, à St-Valery-sous-Bures. POLLET (Paul), propriétaire, à Haudricourt. POMEREU (le vicomte de), à Croisy-la-Haye, canton de Gournay. QUENOUILLE, greffier. SUZEMONT, propriétaire, à Lucy. THIEBAULT, propriétaire, à Aumale. THIRION, inspecteur des forêts, à Forges-les-Eaux. TRÉFORÊT (de), à Tréforêt. ARRONDISSEMENT D'YVETOT.Inspecteur : M. LEMARIÉ.[p. LXIII] Inspecteurs cantonaux :Cantons de Cany, M. YGER, ancien notaire, à Cany. — de Caudebec, M. ROULLEAU, membre du Cons. gl, à Villequier. — de Doudeville, M. LANGLOIS-D'ESTAINTOT, ppre, aux Autels. — de Fauville, M. — de Fontaine-le-Dun, M. — d'Ourville, M. BELOT, propriétaire, à Routes. — de St-Valery, M. FOLLIN, propriétaire, à St-Valery. — de Valmont, M. CHARLES DARCEL, membre du C. gl, à Valmont. — d'Yerville, M. DELAVILLE, médecin, à Saussay. — d'Yvetot, M. LE FÈVRE, maire, à Yvetot. MM. BATAILLE DE BELLEGARDE, membre du Conseil génl, à Grémonville. BELOT, propriétaire, à Routes. DELAVILLE, médecin, à Saussay. FOLLIN (Arthur), propriétaire, à St-Valery-en-Caux. FRANQUEVILLE (de), à Contre-Moulins. GUILLEMARD, ancien pharmacien. JACQUELIN, propriétaire, à Beuzeville-la-Guerard. LAMY, propriétaire, à Caudebec. LE FÈVRE, maire, à Yvetot. LEMARIÉ, à Touffréville-la-Corbeline. LOUVET, propriétaire, à Yvetot. MAIGNARD (Charles), à Anquetierville, près Caudebec. POUYER-HELLOUIN, à St-Wandrille. ROULLEAU, conseiller général et maire, à Villequier. ROUSSELIN, ppre, à Auzebosc. SOUPLET, vérificateur. TESNIÈRES (Félix), cultivateur, à Contre-Moulins. VAUCANU, médecin, à Yvetot. YGER, ancien notaire, à Cany. MEMBRES CORRESPONDANTS :MM. BOTOWSKI (de), conseiller d'état de Russie, à Paris. BÉGOUEN, receveur-général, à Privas (Ardèche). CABANIS DE COURTOIS, rue d'Alger, 11, à Paris. CAUSSIN DE PERCEVAL, ancien procureur-général, à Paris. CHAMBRAY (comte de), au Mans (Sarthe). CHÉRUEL, professeur d'histoire, à l'école normale supérieure. COFFY, rue Faubourg-St-Martin, 38, à Paris. COMBES-SIEYES, préfet de la H.-M. DANIEL, membre du Conseil supérieur de l'instruction publique. [p. LXIV] DESCOLOMBIERS, président de la Société d'agriculture, à Moulins (Allier). DEVALROGER, professeur à la Faculté de droit de Paris. DUBREUIL (Alphonse), à Paris, rue de l'Ouest, 100. DUCHATELLIER, sec.-génl de l'Association bretonne, à Versailles. DUTROCHET, inspecteur des forêts, au Mans. GADY, juge, à Versailles. GRELLEY, ancien manufacturier, à Paris, rue Rochechouart, 67. LE BRUN (Isidore), membre de plusieurs académies, à Paris. MALTÈRE (de), à Tuboeuf (Mayenne). MONICAULT (de), ancien préfet, à Paris MORGAN (baron de), à Amiens. QUENAULT, conseiller de préfecture, à Chartres. ROULAND, avocat-général à la Cour de cassation. TOCQUEVILLE (baron de), directeur de l'Association du Nord, à Compiègne. YZARN (Eugène), propriétaire, à Paris Additions à la présente liste :MM. BRUNEL, propriétaire, à Bayeux. DUFEUGRAY, ancien préfet, à Caen. LERENARD, mécanicien, à Caen. MATHAN (mqis de), ppre, à Cambes. PAISANT (Ch.), ppre, à Caen. Total : 1,485 membres. Erratum.Ajouter M. DELAIZE, inspecteur du canton de Couliboeuf.Nota. Le Conseil administratif a dû procéder à la radiation de plusieurs membres qui n'ont point acquitté leur cotisation, peut-être parce qu'ils étaient absents quand on s'est présenté à leur domicile. Les noms de ces membres seront réintégrés sur la liste dès qu'ils auront envoyé au Trésorier la rétribution dont ils sont redevables. MM. les membres de l'Association dont les noms seraient mal orthographiés ou omis sur la présente liste, sont priés d'en donner avis franco à M. RUPALLEY, Trésorier de l'Association, rue St-Sauveur, à Caen ; ou à M. MORIÈRE, secrétaire-général de l'Association, rue de Bayeux. INDUSTRIE POTIÈRE
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Poteries de diverses sortes. | 40,000 | fr. |
| Formes à sucre. | 60,000 | |
| Briques. | 75,000 | |
| ———— | — | |
| Total. | 175,000 |
En y ajoutant la fabrication des tuyaux de cheminée, on peut porter cette somme à 200,000 fr.
Deux anciens ouvriers de la fabrique de Cricqueboeuf, les frères Ziegler, ont établi une fabrique de poterie dans la commune de St-Sauveur. Ils n'ont qu'un seul four et deux tours à pied. Ils ne font pas de briques. Les vases qu'ils livrent au commerce sont du même genre que ceux qui sont fabriqués à Cricqueboeuf avec la terre de Touques.
Le produit brut de cette poterie est d'environ 6 à 8,000 fr. par année.
L'Association normande ayant décidé, dans une de ses précédentes réunions, qu'afin d'avoir des renseignements plus exacts et plus complets sur l'agriculture et l'industrie de chaque département, elle ouvrirait des enquêtes successivement dans les divers cantons, il fut arrêté qu'une séance aurait lieu, le 15 décembre 1849, à Aunay. Sur l'invitation de M. de Caumont, M. Penn Helouin, maire d'Aunay, voulut bien se charger de faire connaître aux agriculteurs et aux industriels du canton le but de la réunion, et les engager à s'y rendre.
A dix heures et demie, MM. de CAUMONT, directeur de l'Association ; Penn HÉLOUIN, inspecteur pour le canton d'Aunay ; Paul DUDESERT, inspecteur pour le canton d'Harcourt, et MORIÈRE, secrétaire-général, se rendent à la salle d'école, que M. le maire a bien voulu mettre à la disposition de l'Association. Ils y trouvent une nombreuse réunion, dans laquelle on remarque :
MM. LEPETIT, curé de Tilly-sur-Seulles et inspecteur du canton de Tilly ; de LABOIRE, propriétaire à Castillon ; de FONTETTE (Emmanuel), ancien député ; ACHARD, propriétaire à Saint-Jean-des-Essartiers et membre de l'Association ; ACHARD, fils aîné, à idem ; de BROGLIE (prince), propriétaire à St-Georges-d'Aunay ; de BROGLIE fils, maire à idem ; DESRIVIÈRES, médecin et maire à St-Jean-des-Essartiers ; de SAINT-PIERRE, maire à St-Pierre-du-Fresne ; LENEVEU,
[p. 16]
vicaire à Aunay ; DUBOSQ, huissier à idem ; FÉRET, percepteur à St-Jean-le-Blanc ; DELALANDE, maire de Danvou ; VERGY, maire de Cahagnes ; LENGLINEY, greffier de la justice de paix à Aunay ; DELAUNAY, huissier à St-Jean-le-Blanc ; POSTEL (Jacques), cultivateur à Aunay ; LELIÈVRE (Auguste), propriétaire et maire à Jurques ; CAUTRU (Prosper), cultivateur à Ondefontaine ; LABICHE, artiste décorateur à Aunay ; GAUTIER, maire de la Ferrière-au-Doyen ; BUOT, propriétaire à Brémoy ; BERTOT, propriétaire à Banneville-sur-Ajon ; GRELLEY (Pierre-Jules), propriétaire à Aunay ; BELLERY, propriétaire à Jurques ; LACAINE (Antoine), propriétaire à Aunay ; DORENLOT, propriétaire-cultivateur à Ondefontaine ; BINET (Alexandre), cultivateur à Aunay ; LAPERSONNE, maire au Plessis-Grimoult ; BESOGNET (Augustin), propriétaire à Aunay ; LECOURT, boulanger à Jurques ; LAPERSONNE, propriétaire à Cahagnes ; MONCEAUX, brigadier de gendarmerie ; GALLOT, propriétaire à St-Jean-le-Blanc ; LEMARCHAND, propriétaire à idem ; CAUTRU (Prosper), propriétaire à idem ; MARIE (Zéphir), corroyeur à Aunay ; ZOREMBA, réfugié polonais à Aunay ; LHONNEUR, propriétaire à Roucamps ; RABACHE (Charles), propriétaire à Aunay ; NICOLLE, marchand de vaches à idem ; LEPAILLEUR, propriétaire à idem ; GISLIN, sabotier à idem ; HÉBERT, adjoint à St-Georges-d'Aunay ; BONVOISIN (Clément), cultivateur à Lassy ; RIVIÈRE (Pierre), tailleur à Aunay ; MULOT (Pierre), propriétaire-cultivateur à idem ; MULOT fils, cultivateur à idem ; LARUE fils, propriétaire à Roucamps ; FREZOT, propriétaire au Plessis-Grimoult ; MARTIN (Georges), propriétaire à Aunay ; DELABROISE (Auguste), propriétaire à Danvou ; LAMOTTE, chef cantonnier à idem ; OGER, maire à la Bigne ; LEFRANÇOIS, propriétaire à St-Georges ; DABÈCHE, propriétaire à Lassy ; CHALLOT, propriétaire
[p. 17]
à Roucamps ; MOUTIER, propriétaire-cultivateur à Montchamp ; BERTOT (Auguste), cultivateur à Banneville ; TISON, marchand à Aunay.
MM. l'abbé Lepetit, le prince de Broglie et le vicomte de Saint-Pierre sont désignés, le premier comme président, les deux derniers comme vice-présidents de la séance. MM. de Caumont, Dudezert, Penn Hélouin et Morière prennent également place au bureau. M. Morière est chargé de remplir les fonctions de secrétaire.
M. le président déclare la séance ouverte, et donne la parole à M. de Caumont.
M. de Caumont expose succinctement dans quel but l'Association normande fut créée, les résultats remarquables qu'elle a déjà obtenus, les avantages produits par les enquêtes agricoles et industrielles qui ont eu lieu dans les diverses localités où l'Association a tenu des séances. Dans la session générale tenue à Pont-l'Evêque, au mois de juillet dernier, ajoute M. de Caumont, il a été décidé que l'Association, qui n'avait jusqu'alors ouvert d'enquêtes que dans les chefs-lieux d'arrondissement, se transporterait successivement dans les divers chefs-lieux de canton, afin d'avoir, en peu d'années, une idée exacte de l'état de la Normandie, sous le rapport agricole et industriel. En descendant ainsi, en quelque sorte, dans les entrailles des besoins locaux, l'Association normande fera un travail utile, que pourront consulter avec fruit ceux qui seront chargés d'examiner les besoins du canton, et qui ne sont pas toujours bien placés pour les apprécier. Les progrès que l'agriculture a faits aux environs d'Aunay et les succès obtenus par M. Penn Hélouin, qui a inventé ou perfectionné plusieurs instruments agricoles
[p. 18]
d'une haute importance, désignaient naturellement le bourg d'Aunay pour le lieu de la première réunion cantonale. M. de Caumont remercie, au nom de l'Association, les personnes présentes de l'empressement qu'elles ont mis à se rendre à l'appel qui leur a été fait.
L'enquête est divisée en trois parties : 1° état de la culture ; 2° améliorations des herbages, irrigations, repeuplement des coteaux rapides des environs d'Aunay ; 3° voeux à émettre pour la prospérité agricole et industrielle du canton.
M. Dudezert, chargé de diriger l'enquête agricole, pose diverses questions qui reçoivent les solutions suivantes :
Quel est l'état de l'agriculture dans le canton d'Aunay, sous le rapport des assolements et sous celui des cultures ?
M. Achard, de St-Jean-des-Essartiers, répond qu'il réside dans une partie du canton où on divise les assolements en cinq prises : 1° trèfle, 2° froment, 3° avoine ou petits grains ; 4° quelques-uns remettent un second froment, d'autres de la mouture (mélange d'avoine, d'orge, de trèfle et de pois). La terre étant communément mouillante, le sarrasin manque souvent ; lorsqu'il peut réussir, on le fait sur le froment.
On engraisse la terre soit avec la chaux, soit avec le fumier ; le vieux trèfle, qu'on ne laisse qu'un an, est toujours engraissé ; puis on sème le froment. On met l'engrais sur le trèfle immédiatement avant l'ensemencement ; quand on fait de l'avoine sur le froment, on engraisse une seconde fois. Les froments réussissent rarement sur le sarrasin. On fait peu de colza ; il n'entre pas ordinairement dans l'assolement. Néanmoins, M. Achard a commencé cette année
[p. 19]
à mettre du colza sur du sarrasin, et il a obtenu d'excellents résultats. En ayant soin de bien engraisser le sarrasin, on ne remet pas de fumier pour faire le colza.
M. de St-Pierre fait observer que, dans le canton d'Aunay, il y a des terres de diverses natures, et, par conséquent, qu'il doit y avoir plusieurs espèces d'assolements.
Un cultivateur de Jurques indique l'assolement suivant : 1° Il laisse la terre en herbage ou paîtis pendant un an ; 2e année, blé ; 3e sarrasin ; 4e blé ; 5e avoine ; 6e orge ; 7e trèfle. Il met de la chaux sur le premier blé, du fumier sur le second, et affirme obtenir d'excellents résultats sans que la terre se trouve épuisée.
M. Dudezert demande s'il n'y aurait pas plus d'avantages à remplacer l'herbage par une culture sarclée, qui serait un produit net pour le cultivateur, en même temps que les façons que cette culture occasionne débarrasseraient la terre des mauvaises herbes qui croissent pendant l'année de jachère.
M. Bellery répond que la terre s'épuiserait en ne se reposant pas ; que d'ailleurs, pendant l'année d'herbage, il nourrit deux têtes de bétail par hectare.
M. le maire de Cahagnes dit qu'il y a des terres avec lesquelles on pourrait réussir, mais qu'avec d'autres il faut nécessairement des jachères.
M. Dudezert fait remarquer que, par la culture alternative de certains végétaux dans le même sol, on conserve la fertilité tout aussi bien que par la jachère ; il suffit que les plantes se suivent de telle manière que chacune n'enlève au sol que certains principes, tandis qu'elle lui en laisse ou lui en rend d'autres nécessaires au développement des espèces subséquentes. Les labours successifs donnent
[p. 20]
d'ailleurs une grande valeur à la terre, en l'exposant aux agents atmosphériques.
M. le maire de Cahagnes indique l'assolement suivant comme étant souvent pratiqué : 1re année, blé ; 2e, sarrasin ; 3e, blé ; 4e, trèfle et sainfoin.
Cultive-t-on les plantes sarclées ?
M. de St-Pierre répond que cette culture n'a lieu qu'en petit. — Plusieurs personnes se plaignent de ce que l'on néglige une culture qui fournit le moyen de faire constamment produire la terre sans l'épuiser.
Fait-on des labours profonds ? De quelle largeur sont les sillons ?
On fait les labours profonds. On pique autant que la charrue le permet. Quant à la largeur des sillons, elle est subordonnée à la nature du terrain ; et comme généralement il y a de nombreuses sources, on est obligé de faire de petits sillons pour éviter une trop grande humidité. — M. Dudezert croit qu'il y aurait avantage à supprimer les petits sillons, en établissant des rigoles d'écoulement.
Le versoir des charrues est-il en bois ou en métal ?
En métal partout. Il serait impossible de labourer avec des charrues dont le versoir serait en bois, dans des terrains si argileux.
Cultive-t-on le sainfoin dans le pays, et de quelle importance est cette culture ?
M. de St-Pierre répond que le sainfoin, qui est une plante des terrains calcaires, est négligée dans le canton d'Aunay, dont le sous-sol est composé de grès et de schistes, sur lesquels repose une couche argileuse ; il pense cependant que l'on devrait pratiquer cette culture dans les terrains secs et légers. Il en a fait l'expérience, et il a parfaitement
[p. 21]
réussi, surtout quand il a semé le sainfoin comme deuxième récolte.
M. de Laboire a vu le sainfoin réussir dans des terrains schisteux, argileux et argilo-calcaires. Il pense que, pour obtenir de bons résultats, il faut le semer comme première ou tout au plus comme deuxième récolte. Il recommande de le semer très-clair. Il a mieux réussi en le semant dans l'orge que dans le blé.
Emploie-t-on le sel comme engrais ?
Non...
Se sert-on d'engrais étrangers à la ferme ?
M. Achard répond qu'on emploie la chaux à raison de 30 boisseaux ou 30,000 pesant par vergée (1/5 d'hectare).
M. le maire de Cahagnes signale des terrains qui portent 100 livres de chaux à la perche de 24 pieds. — Le tourteau n'est pas généralement employé.
Cultive-t-on le genêt et le vignon, et emploie-t-on les jeunes pousses de vignon comme fourrages ?
On ne cultive pas le genêt. On cultive le vignon dans les mauvaises terres ; mais on n'a jamais utilisé ses jeunes pousses comme fourrages. Il est employé comme chauffage dans les fours à chaux et chez quelques boulangers.
Se sert-on parfois de fourrages verts comme engrais en les enfouissant ?
On n'enterre pas généralement de récoltes vertes.
M. Dudezert fait remarquer qu'il serait avantageux d'avoir une demi-fumure en fourrages verts dans les endroits éloignés de la ferme : ce mode de fumure, à l'avantage d'éviter des frais de transport pour le fumier, joindrait celui de donner de la consistance aux terres sèches et meubles.
[p. 22]
On répond que parfois, mais seulement comme exception, on enfouit la vesce au moyen de la charrue.
Les prairies naturelles reçoivent-elles quelquefois des engrais ? Quels sont ceux qui paraissent le plus profitables ?
Les prairies naturelles reçoivent quelquefois de la chaux, de la charrée, des vidanges de fossés, des boues de chemin.
M. Achard dit que si on était quatre ou cinq ans sans mettre d'engrais dans les prairies, il pousserait bientôt de la mousse. — On emploie aussi la braise dans les parties humides.
M. Dudezert vante les effets de la braise imprégnée d'urine. On pourrait encore arroser la braise avec le purin, que l'on perd trop souvent dans beaucoup de fermes.
M. de Laboire se sert de charbon, mais surtout contre l'humidité. Il emploie particulièrement du poussier, à une dose un peu moins forte que la chaux [7].
Se sert-on de quelques moyens pour empêcher l'évaporation des gaz qui s'échappent des fumiers ?
Aucun moyen n'est mis en pratique pour empêcher l'évaporation des gaz fertilisants qui s'échappent des fumiers.
M. Dudezert conseille de répandre de temps à autre sur les fumiers du plâtre en poudre ; par son mélange avec le fumier, non-seulement le plâtre conserve à cet engrais toute son activité, mais il vient encore ajouter son action
[p. 23]
propre, et stimule alors la végétation des graminées presque autant que celle des légumineuses. On peut être assuré d'obtenir au moins 1/3 de plus dans les récoltes.
M. de Laboire préfère recouvrir ses fumiers avec une couche d'argile bien sèche.
On répond à M. de Laboire que l'argile peut bien agir mécaniquement pour empêcher l'évaporation, mais qu'il est impossible qu'elle produise le même effet que le plâtre. Elle occasionne aussi un plus grand nombre de charrois, et par suite plus de dépenses.
M. Achard rapporte que, dans certaines fermes du canton, lorsqu'on cure l'étable, on répand des cosses de colza sur chaque couche de fumier, et que de cette manière on prétend obtenir un meilleur engrais.
M. Dudezert répond à M. Achard qu'il vaut infiniment mieux répandre les cosses de colza sur le fumier que de les brûler. Il ajoute que les pailles de légumineuses sont généralement plus fertilisantes que les pailles de céréales, qui sont moins riches en sels alcalins et qui ne renferment que fort peu de matières azotées. On devrait donc, dans les fermes, non-seulement convertir en engrais les siliques de colza, mais encore faire la litière des bestiaux avec des pailles de sarrasin, de colza, etc., que l'on brûle trop souvent, au lieu de les utiliser pour cet objet [8].
M. de Caumont fait observer que, dans l'exploitation de M. Dumoncel, à Martinvast, les siliques de colza sont données
[p. 24]
aux cochons, qui s'engraissent très-vite avec cette nourriture.
Prend-on quelques précautions pour la conservation des fumiers ? A quel état de décomposition les emploie-t-on ?
On dispose les fumiers, autant que possible, de manière à ne pas perdre le purin ; on les transporte à l'époque du blé et à celle du sarrasin, c'est-à-dire à peu près tous les six mois ; mais on ne regarde pas si le fumier est plus ou moins consommé.
M. Dudezert conseille de ne pas attendre que toute fermentation ait cessé dans les fumiers pour les employer, parce qu'alors il en résulte non-seulement la perte de gaz fort utiles à la végétation, mais encore celle d'une chaleur qui eût provoqué la germination des grains et favorisé le développement de la plante.
M. de Laboire croit que l'état de décomposition dans lequel on emploie les fumiers doit être différent suivant la nature du terrain et suivant l'espèce de culture. Ainsi les fumiers longs conviennent aux végétaux qui restent longtemps en terre, et aux sols forts, argileux et humides ; tandis que pour les terres sèches et légères, et pour les végétaux qui n'ont qu'une existence de peu de mois, les fumiers pourris sont préférables ; leur action est plus prompte.
M. Dudezert réplique que, dans aucun cas, on ne doit employer les fumiers trop consommés, ceux qui sont arrivés à l'état de beurre noir [9]. On devrait aussi charrier les fumiers plus souvent et les enfouir le plus promptement
[p. 25]
possible, afin d'obtenir une égale répartition de fertilité sur toute la surface du terrain.
A-t-on raison de donner de la paille comme nourriture aux bestiaux ? N'est-ce point là une des causes qui empêchent les fermes de fournir assez de fumier pour conserver la fertilité des terres qui les composent ?
M. le maire de Cahagnes répond qu'il est bien rare que dans une ferme on ait assez de fourrages pour nourrir les bestiaux pendant toute l'année ; qu'alors, mais seulement dans ce cas, on y supplée par la paille.
M. de St-Pierre ajoute que, dans quelques fermes, on nourrit le bétail pendant l'hiver avec des betteraves ; mais que cette culture est malheureusement trop négligée, à cause du sarclage qui effraie beaucoup de cultivateurs.
M. Dudezert regrette de voir donner aux bestiaux la paille comme aliment, ce qui force de diminuer la litière des chevaux et des bêtes à corne, et par suite produit pour le cultivateur une perte en fumier. La paille est, d'ailleurs, la nourriture la plus chère qu'on puisse donner aux animaux. 100 bottes de foin contiennent autant de principes réellement nutritifs que 400 bottes de paille. En admettant que la paille se vende 20 fr. le cent de bottes, et le foin 36 fr., on trouve que, sous le rapport économique, la nourriture avec les fourrages est, à la nourriture à la paille, comme 9 est à 20, c'est-à-dire que la nourriture en fourrages ne coûte pas la moitié de l'autre. On devrait donc s'attacher à multiplier les fourrages artificiels, et alors on pourrait augmenter la nourriture du bétail, obtenir une plus grande quantité d'engrais, et par suite de meilleures récoltes. — Dans les fermes où l'on est forcé de substituer la paille aux fourrages, on devrait au moins n'employer à cet usage que la partie supérieure,
[p. 26]
qui est beaucoup plus riche en principes nutritifs que la base du chaume. Ainsi, dans les contrées où l'on chaume le blé, c'est uniquement cette partie supérieure que l'on donne aux bestiaux ; le chaume sert à faire la litière.
M. de Laboire admet, comme M. Dudezert, qu'il y a perte pour le cultivateur à donner la paille à manger aux bestiaux, plutôt que de la convertir en fumier ; mais il fait remarquer qu'au moins le fermier se trouve dispensé par-là de faire un achat de plantes fourragères, qu'il serait forcé souvent d'aller chercher fort loin, ce qui produirait pour lui une perte réelle plus grande que celle qui résulte de l'emploi de la paille. Il y a, d'ailleurs, des pays où l'on peut fournir aux animaux une litière abondante, des fourrages à discrétion ; et cependant on leur donne souvent de la paille à manger !
M. Morière fait observer qu'une grande quantité de paille, presque complètement perdue pour l'agriculture, sert à couvrir les maisons, qui sont, avec ce mode de toîture, beaucoup plus exposées aux chances d'incendie. Il recommande aux propriétaires l'emploi de la tuile, qui ne coûte pas beaucoup plus cher que la paille, exige moins de réparations et offre plus de sécurité. L'argile étant très-abondante dans le pays, il serait facile d'établir des tuileries sur plusieurs points du canton. — On est d'avis que les couvertures en tuiles seraient préférables aux couvertures en chaume pour les habitations ; mais on objecte que, les fourrages se conservant mieux sous les dernières, elles sont généralement préférées dans les fermes.
Utilise-t-on les bruyères comme engrais ? Y a-t-il de grandes fabriques de fumiers artificiels ?
[p. 27]
M. de Caumont rappelle qu'à la Trappe, près Mortagne, les religieux ont fabriqué une grande quantité d'engrais artificiels en entassant les bruyères, fougères, etc., et les arrosant avec du purin. On a ainsi mis en culture 200 hectares de terrain, en le fumant avec des engrais fournis par ce même terrain.
MM. de St-Pierre et Achard disent que ce procédé est mis en pratique dans beaucoup d'endroits du canton d'Aunay, mais surtout chez les petits propriétaires, qui emploient souvent les bruyères comme litières pour leurs bestiaux. Nulle part cet engrais n'est fabriqué sur une grande échelle.
M. de Caumont insiste sur la préparation des engrais artificiels : ce serait, dit-il, un moyen de débarrasser le sol des mauvaises plantes, de le nettoyer et de le préparer à recevoir des arbres résineux sur les hauteurs.
Trouve-t-on une différence de qualité entre la chaux cuite à la houille et la chaux cuite au bois ? Quelles sont les meilleures chaux ?
M. le maire de Cahagnes répond qu'on préfère, en général, celle qui est cuite avec le bois ; la chaux cuite à la houille présente souvent des morceaux qui ne sont pas susceptibles d'extinction. Celle des fours, que l'on chauffe avec le bois, est calcinée plus également.
Les chaux de Hottot, de Fontenay-le-Pesnel, de Lingèvres et de Longeau, sont celles que l'on emploie le plus ordinairement. La chaux de Fontenay est considérée comme la meilleure ; vient ensuite la chaux de Hottot. Dans quelques parties du canton, on tire la pierre à chaux de Lingèvres et de Longeau. Une des causes de la préférence accordée à la pierre de Lingèvres, c'est quelle contient moins de coquilles que celle de plusieurs autres localités, et par suite
[p. 28]
donne une chaux moins rude. Les pierres à chaux de Landes et de Parfouru sont regardées comme fournissant une chaux inférieure à celles que l'on tire des localités précédentes. Les chaux de Landes et de Tournay contiennent, d'après M. Achard, 4 à 6 % en poids de sable.
M. de Laboire ne croit pas que la mauvaise qualité des pierres à chaux doive être attribuée aux coquilles qu'elles renferment, mais bien plutôt que le banc dans lequel se trouvent le plus ordinairement ces coquilles est d'une qualité inférieure à celui qu'il recouvre : aussi a-t-on soin de l'écarter lorsqu'on charge les fours à chaux [10].
M. Dudezert demande si l'on croit qu'il soit préférable de cuire la pierre à chaux immédiatement après son extraction de la carrière, ou bien de la laisser exposée à l'air pendant un temps plus ou moins long avant la cuisson ?
M. Mulot répond qu'il vaut mieux ne cuire la pierre qu'un certain temps après sa sortie de la carrière. — Cette opinion paraît partagée par tous les cultivateurs présents.
M. Dudezert pense le contraire, et il explique pourquoi il y a économie de combustible lorsqu'on cuit la pierre à chaux avant de l'avoir laissée se dessécher à l'air.
M. Mulot conserve sa première opinion ; mais il fait remarquer qu'en laissant la pierre à chaux exposée à l'air pendant un certain temps avant la cuisson, on a plutôt pour but de la débarrasser d'une couche argileuse qui l'enveloppe au sortir de la carrière, que de laisser l'eau s'évaporer ;
[p. 29]
cette couche terreuse se détache peu à peu à l'air, tandis qu'en mettant la pierre immédiatement dans le four, elle formerait à la pierre une enveloppe qui empêcherait la chaleur de pénétrer aussi promptement à l'intérieur, et retarderait la cuisson.
M. de Laboire dit qu'il faut le même temps pour cuire la pierre, qu'elle soit anciennement ou nouvellement extraite.
M. Dudezert cite, à l'appui de son opinion, des expériences tout-à-fait concluantes faites par quelques fabricants de chaux des environs d'Harcourt. Il invoque aussi l'autorité et les expériences de M. Payen.
M. le directeur charge M. Morière de continuer l'enquête et de poser des questions sur la fabrication du cidre.
Quelles sont les variétés de pommes cultivées dans le canton d'Aunay ?
Les variétés de pommes cultivées dans le canton d'Aunay diffèrent suivant que les terres sont sèches ou mouillantes. Celles que l'on rencontre le plus ordinairement sont les suivantes : le gros Girard, qui est une pomme amère et précoce ; le Bastien, qui est la variété la plus recherchée ; le gros Rêlet, la Riotte, la Belle-Fille, le Monnier, le Trochet, le Marin-Onfroy, l'Oranger, les pommes de Maltot et de Bruyère, etc.
A quelle époque se font les plantations ?
Les plantations se font depuis le mois d'octobre jusqu'au mois d'avril. On met ordinairement, dans le même champ, des variétés de diverses saisons.
Les fosses sont-elles suffisamment profondes ? Quel engrais place-t-on au fond de la fosse ?
Les fosses sont plus ou moins profondes. On a l'habitude de mettre au fond de la fosse la terre végétale qui était à la
[p. 30]
surface, puis un lit de vignon ou de fougère. On place le pommier, et on recouvre ses racines avec la terre provenant de la partie inférieure de la fosse.
Greffe-t-on sur place ou dans la pépinière ?
Contrairement à ce qui a lieu dans une grande partie de l'arrondissement de Vire, on greffe sur le terrain, et non dans la pépinière. On ne greffe le sujet que deux ans après l'avoir planté.
M. le maire de Cahagnes dit qu'on est souvent obligé de greffer une deuxième fois, et qu'on n'apporte pas assez de soins dans le choix des greffes qui conviennent le mieux au sujet.
Comment protège-t-on les pommiers contre les dégradations des bestiaux ?
On les entoure de trois piquets en bois, réunis par des traverses de même nature.
Lorsque les pommes sont cueillies, quel moyen de conservation emploie-t-on avant de les piler ? A quel degré de maturation le pilage a-t-il lieu ? Laisse-t-on les pommes pourries, ou a-t-on soin de les rejeter ?
Les pommes sont mises en tas, le plus souvent dehors. Elles se trouvent ainsi exposées à la pluie ; et, comme les tas sont assez considérables, il pourrit une assez grande quantité de fruits, ce que l'on regarde, d'ailleurs, comme nécessaire à la confection d'un cidre de bonne qualité.
M. Morière se plaint du peu de soin qu'on apporte généralement à employer des fruits qui soient arrivés au degré de maturité parfaite. Avant la maturité, les pommes ne renferment qu'une faible partie du sucre que la maturation y développe ; la majeure partie de ce sucre disparaît après la maturité. Ordinairement les pommes ne sont pas mûres
[p. 31]
au moment de la cueillette ; on doit donc les conserver pendant quelque temps à l'abri de la pluie, jusqu'à ce que la maturité soit achevée, en ayant soin de ne pas former, comme on en a la malheureuse habitude, des tas trop considérables dans lesquels une fermentation ne tarde pas à s'établir, ce qui produit la pourriture d'un grand nombre de fruits. — En général, on conserve trop long-temps les pommes avant de les piler ; on attend que la maturité soit passée, et, par conséquent, que le sucre nécessaire à la fermentation de la liqueur ait disparu : on n'obtient alors qu'une liqueur plate et désagréable. On devrait surtout éloigner avec soin les fruits pourris dont le jus communique à celui des bons fruits un goût de pourri qu'il est impossible de faire disparaître, et fait passer promptement à l'aigre toute la masse.
M. Penn Hélouin partage complètement l'avis de M. Morière : lorsqu'il fait piler, il rejette toutes les pommes pourries et n'emploie que celles qui sont saines.
Se sert-on de meules en granit ou de meules en bois ? Quelle est l'espèce de presse en usage ?
On emploie, pour l'écrasage des pommes, des auges circulaires en granit et des meules en bois.
M. Morière conseille de conserver la meule en bois, et de ne pas lui substituer, comme on l'a fait dans quelques localités, la meule en granit, qui écrase à la fois la pomme et le pépin. Les pépins communiquent au moût une matière amère et un peu d'huile essentielle, qui gâtent souvent le liquide de tout un tonneau. — Dans le canton d'Aunay, on presse le marc de pommes avec la presse ancienne. On ne se sert nulle part de la presse hydraulique.
Les caves, où la fermentation du jus a lieu, sont-elles bien
[p. 32]
exposées ? A-t-on soin d'éviter les courants d'air et d'entretenir une température égale ?
La fermentation du cidre est mal surveillée ; souvent l'exposition des caves laisse à désirer. On met le cidre dans des tonneaux de 14 à 1,600 litres de capacité, et on l'abandonne à lui-même. Aucun moyen n'est employé afin d'obtenir une température égale pendant la fermentation.
M. Morière insiste pour que l'on apporte plus de soin à cette partie importante de la fabrication du cidre.
Quelle espèce d'eau emploie-t-on ?
Souvent on fait le cidre sans eau. Lorsqu'on ajoute de l'eau, on la prend ordinairement dans une mare, et l'on n'examine pas toujours si elle est plus ou moins propre.
Le secrétaire fait observer que les eaux de mares, bien entretenues, bien propres, sont préférables aux eaux de puits, parce qu'elles contiennent moins de sels calcaires ; mais qu'il faut rejeter avec soin les eaux de mares pourries.
Dans les années froides et pluvieuses, où les pommes mûrissent mal, emploie-t-on quelque moyen de rendre au cidre le sucre qui lui est nécessaire pour fermenter ?
On n'emploie aucun moyen, si ce n'est, dans un petit nombre de fermes, du sirop de cidre doux.
M. Morière conseille l'usage du poiré, plus riche en sucre que le cidre, ou du sucre de glucose. Le sucre de glucose ne coûte que 20 à 30 cent. le kil., et il n'en faut que 5 à 6 kil. par hectolitre. Il doit être ajouté au moût avant la fermentation.
Quelques personnes ne paraissant pas adopter ce second moyen qu'elles regardent comme trop coûteux, M. Morière indique un troisième procédé, l'emploi des betteraves cuites, qui est pratiqué par plusieurs brasseurs du pays
[p. 33]
d'Auge. Non-seulement la betterave augmente la fermentation du moût, mais elle rehausse la couleur de la liqueur.
Soutire-t-on le cidre ou le laisse-t-on sur la lie ?
Généralement on le laisse sur la lie ; quelques personnes le soutirent une seule fois, lorsque la fermentation paraît achevée ; mais tout le monde ne boit le cidre que lorsqu'il est paré.
Le secrétaire fait observer que du cidre paré n'est autre chose que du cidre qui commence à se gâter. On a tort d'attendre que le principe spiritueux se convertisse peu à peu en vinaigre, pour faire usage d'une boisson que l'on pourrait facilement conserver agréable en employant le moyen indiqué depuis longtemps déjà par M. Girardin, c'est-à-dire en ayant soin qu'il y ait toujours au-dessus de la liqueur une couche d'huile d'olive de 2 à 3 millimètres.
Quels usages fait-on du marc de pommes ?
M. Morière a remarqué avec surprise que, dans plusieurs communes des environs d'Aunay, et notamment à Longvillers et à Epinay, on perd le marc de pommes. — On pourrait cependant, en le coupant avec de la chaux, en former un engrais d'autant meilleur pour mettre au pied des pommiers, qu'il renferme les sels qui entrent dans la composition de la plante.
M. Achard répond que parfois on emploie le marc de pommes comme engrais, en le mélangeant avec de la terre. Quelques cultivateurs le donnent à manger aux porcs, après l'avoir débarrassé des gluis qui le traversent ; d'autres l'emploient comme combustible, après l'avoir fait sécher pendant un an.
Quelques personnes demandent s'il est possible d'empêcher le cidre de se tuer ?
[p. 34]
M. Morière répond que, le plus ordinairement, cette maladie du cidre provient de ce qu'on a employé de l'eau de mare, ou de ce que les fûts ont été mal nettoyés. — Quelquefois aussi ce résultat doit être attribué à un certain nombre de pommes acides, qui se trouvent mélangées aux bons fruits. — Ainsi, en écartant les fruits acides, en nettoyant bien les futailles et en brassant les pommes avec de l'eau propre, le cidre ne sera pas sujet à noircir et à devenir plat.
M. Viau, d'Harfleur, a reconnu qu'en ajoutant pour 15 à 20 c. d'acide tartrique par hectolitre dans du cidre qui se tue, non-seulement on fait disparaître la réaction alcaline et on lui rend sa couleur et sa vivacité, mais encore qu'on empêche le retour de l'altération première.
On passe à la seconde partie de l'enquête.
M. de Caumont pose diverses questions, qui reçoivent les solutions suivantes :
Quelles améliorations a-t-on apportées dans le régime des prairies depuis dix ans ?
M. Achard répond que, depuis plusieurs années, on les engraisse davantage ; on dessèche, autant que possible, les parties humides ; les rigoles et les irrigations sont mieux entendues.
M. de Caumont croit qu'on ne tire pas tout le parti possible des eaux qui pourraient être utilisées : irriguer les coteaux et dessécher les parties basses, tels sont les meilleurs
[p. 35]
moyens à mettre en pratique pour obtenir l'amélioration des prairies.
M. Achard demande pourquoi, dans les irrigations, l'eau, qui est très-fertilisante au moment du départ, perd peu à peu ses propriétés, et ne possède plus aucune qualité 15 ou 20 mètres plus loin.
M. de Caumont répond que cela tient au système d'irrigation, qui est mauvais. On a fait, depuis quelques années, beaucoup de progrès en irrigations ; mais il reste encore beaucoup à faire. En général, on ne prend pas tous les soins nécessaires pour aérer l'eau, et l'eau qui n'est pas aérée ne produit que peu ou point d'effet.
Quelles sont les espèces de bestiaux que l'on nourrit dans le pays ?
Ce sont les vaches à lait, les génisses amouillantes et les agneaux. Des veaux de dix-huit mois, que l'on achète dans le Cotentin, sont engraissés dans le canton pendant l'hiver, le plus souvent à la farine, quelquefois avec des betteraves ; et ensuite on les exporte. — Il y a vingt ans, presque tous les veaux nés dans le pays étaient vendus pour la boucherie ; aujourd'hui on en élève un plus grand nombre.
M. de Laboire croit que les cultivateurs trouveraient beaucoup d'avantages à avoir de bons taureaux et à faire produire eux-mêmes. En choisissant les croisements convenables, ou pourrait améliorer beaucoup la race du pays.
Quel est le meilleur régime à suivre pour l'engraissement des génisses ?
M. de Laboire conseille d'employer le foin, la farine, les carottes, les pommes de terre et la betterave ; très-peu de tourteau.
Dans le canton d'Aunay, on donne la nourriture aux génisses
[p. 36]
matin et soir. Cette nourriture se compose, le plus souvent, de foin et de farine. Les fermiers qui emploient du tourteau le donnent en farine ; quelques-uns font manger à leurs bestiaux un mélange de carottes, de betteraves et de farines. Les génisses passent la nuit à l'étable ; on les laisse dehors pendant le jour.
Le tourteau de chènevis est le seul employé dans le canton d'Aunay ; on le préfère à celui de colza. — On donne très-peu de tourteau de lin, et seulement aux petits veaux.
M. de Laboire conseille de ne pas abuser du tourteau, qui communique toujours au lait et au beurre un mauvais goût.
On répond que les génisses de Cahagnes, qui sont regardées comme les meilleures du pays, mangent, chaque jour, deux livres de tourteau mélangé avec quatre à cinq livres de farine. Quelques fermiers donnent de la farine à discrétion ; d'autres la pétrissent et la donnent en pâtons.
Quels usages fait-on du lait quand il n'est pas consommé en nature ?
La crême sert à faire du beurre. Une partie du gros lait est employée à faire de la bouillie ou de la galette de sarrasin ; l'autre est donnée aux cochons.
Quelle est la qualité du beurre du pays ?
Le beurre est assez bon pour être exporté. Son prix moyen varie, suivant l'époque de l'année, de 1 fr. 20 à 1 fr. 50 le kilog. La première qualité est directement expédiée à Paris ; les qualités inférieures sont envoyées à Isigny, d'où elles repartent avec un passeport qui les faits accepter partout.
L'état des laiteries est-il satisfaisant ?
La propreté des laiteries laisse, en général, beaucoup à désirer ; elles sont mal aérées ; la température y est très-inégale.
[p. 37]
Dans un grand nombre de ménages, c'est un buffet qui sert de laiterie.
Dans quels vases met-on le lait ?
Dans des vases en grès, provenant de la fabrique de Jurques.
M. Bellery, de Jurques, est signalé comme le cultivateur qui fabrique le meilleur beurre du canton. Il le vend ordinairement 1 fr. 40 le demi-kilog., au marché de Caumont.
MM. Marin Noël, J.-H. Vergis, Michel Delaunay et Pierre Delaunay, tous de Cahagnes, sont cités comme les meilleurs éleveurs de la contrée.
Le bureau décide qu'une mention honorable sera accordée à chacun de ces cultivateurs.
L'ordre de la séance appelle la question du reboisement.
M. de Caumont conseille les plantations d'arbres résineux dans les endroits où les terrains sont de mauvaise qualité. Ils y viennent bien en général, et rendent productifs des terrains qui, auparavant, n'avaient presque aucune valeur. Il cite, comme exemple, ce qu'ont fait MM. de Vaucassel, à Campandré, et de Dampierre, à Bray-la-Campagne.
M. de Caumont demande ce qui a été fait et ce qui resterait à faire pour le reboisement des coteaux qui environnent Aunay ; quels sont les endroits où l'on pourrait faire des plantations d'arbres verts ?
On a fait peu de chose, jusqu'à présent, pour repeupler les coteaux dénudés. M. de Briges est le seul propriétaire du canton qui ait entrepris des plantations d'arbres verts sur une grande échelle. On signale encore MM. de St-Pierre, au Fresne, et de Savignac, à Montchauvet, comme ayant propagé la culture des arbres résineux. — Les essences que l'on plante le plus ordinairement sont : le pin d'Ecosse, le pin
[p. 38]
maritime et le pin laricio, que l'on préfère au pin maritime, parceque celui-ci ne résiste pas toujours à la transplantation.
On croit que les arbres résineux réussiraient parfaitement dans plusieurs parties des bois du général Grouchy. M. Morin, membre du Conseil général, en a planté dans une portion de ces bois, qu'il a achetée dernièrement, et ils sont très-bien venus.
Les membres du bureau expriment le voeu de voir le général Grouchy suivre l'exemple de ses voisins.
M. de Caumont recommande de planter surtout des pins laricio et des épicéa, qui fournissent un très-bon bois de travail.
M. de Saint-Pierre ajoute que le mélèze réussit très-bien dans beaucoup d'endroits.
M. de Laboire fait observer que le pin laricio exige du fond pour donner de bons produits, tandis que le pin d'Ecosse végète parfaitement dans les terrains où il y a peu de fond. Il croit, à cause de cela, que le pin d'Ecosse réussirait généralement mieux que le pin laricio.
Quant aux essences autres que les résineux, dit M. de Caumont, il faut voir quels sont les endroits où elles viennent le mieux, ne pas négliger le chêne dont nous manquons pour nos constructions navales, s'occuper de l'aménagement des taillis. Il faut surtout empêcher, par tous les moyens possibles, le déboisement des coteaux rapides ; opération doublement ruineuse pour celui qui la fait exécuter, et qui perd souvent en même temps le bois et le terrain.
M. de Broglie fils demande s'il vaut mieux planter les pommiers à cidre dans toute l'étendue des pièces de terre, ou bien n'en former qu'une ceinture autour de la pièce. On pense généralement qu'il vaut mieux n'en planter qu'autour de la pièce, surtout lorsque la terre est de bonne qualité.
[p. 39]
M. Achard ajoute qu'il est bon de ne pas laisser de butte au pied des pommiers ; il doit plutôt y avoir une dépression, une espèce d'entonnoir, afin que l'eau puisse y arriver faiblement et entretenir une humidité convenable à la végétation de l'arbre. A cause de cela il ne croit pas que la culture du pommier convienne dans les terres de labour.
Un grand nombre de personnes se plaignent de la lenteur apportée par l'Administration dans l'achèvement ou le classement des routes qui traversent le canton. On réclame avec instance l'achèvement de la route d'Aunay à Torigny, et de celle d'Aunay à Vire.
M. le maire de Danvou demande, au nom de la commune, le classement de la route de St-Martin-des-Besaces au Plessis-Grimoult.
Le défrichement complet de la bruyère du Plessis se trouve aussi au nombre des voeux émis par l'Assemblée.
M. de Caumont pense qu'on devrait faire des tentatives pour exploiter le banc de craie qu'il a signalé dans cette localité. Si l'on pouvait en retirer une chaux de bonne qualité, les cultivateurs de cette partie du canton ne seraient plus forcés d'aller chercher la pierre à chaux à une distance souvent considérable.
Industrie de l'arrondissement. — M. Penn Hélouin, maire d'Aunay, fera parvenir prochainement à M. le directeur une note renfermant des renseignements précis sur l'importance des diverses industries du canton.
[p. 40]
Il signale plusieurs foires qui sont très suivies, notamment celles du Plessis-Grimoult.
M. de Caumont demande si le bourg d'Aunay, qui possède deux écoles importantes (une de garçons et une de filles), a songé à former une bibliothèque communale ? — Sur la réponse affirmative de M. le maire, M. de Caumont lui offre l'Annuaire de l'Association normande et le Traité d'agriculture de M. Dudezert, pour les y déposer.
Sont proclamés membres de l'Association : MM. de Broglie (prince), propriétaire à St-Georges-d'Aunay ; de Broglie fils, maire de St-Georges ; Achard fils, propriétaire à St-Jean-des-Essartiers.
Le Secrétaire général,
J. MORIÈRE.
A onze heures, la séance est ouverte dans la salle de la justice de paix, sous la présidence de M. BOUET, maire de Troarn et inspecteur de l'Association.
Prennent place au bureau : MM. de CAUMONT, directeur de l'Association ; DUDEZERT, LEREFAIT, de BANNEVILLE, de ROISSY, d'HALAINES, inspecteurs cantonaux ; Abel VAUTIER, de BANNEVILLE, membres du Conseil général ; CALENGE, membre du Conseil administratif ; PELLERIN et MORIÈRE, secrétaires généraux.
Parmi les cultivateurs qui assistent à la séance, on remarque : MM. CASTILLON, père et fils, de Troarn ; DESLOGES (Désiré), de Janville ; HÉLIE, de Saint-Pierre-du-Jonquet ; RENOUF, de Varaville ; LEMAITRE-DUPART, d'Hérouvillette ; GRENIER (Paulin), de Bréville ; BÉNARD, maître de poste à Troarn ; TOSTAIN (Baven), d'Ecoville ; BRIARD, de Bures ; LUCAS, de Sannerville ; LECHEVEY, de Troarn ; VIEL, de Banneville ; FONTAINE, de Janville ; MARTINNE, de Sannerville ; BONHOMME, de Troarn ; MILON, d'Ecoville ; POISSON, de Troarn ; FOUET, père et fils, de Démouville ; CASSIGNEUL,de Démouville ; MARCHAND, d'Emiéville ; PRUDHOME, d'Emié-ville ; HERVIEU, de Varaville ; MONTROTY, de Troarn, etc.
En ouvrant la séance, M. le président s'exprime ainsi :
« MESSIEURS,
L'Association normande a bien voulu se transporter au
[p. 42]
milieu de nous pour étudier, avec les cultivateurs du canton de Troarn, les progrès de l'agriculture et les améliorations dont elle serait encore susceptible.
Inspecteur cantonal, je suis appelé à présider cette bienfaisante et utile réunion. Ce titre, que je n'aurais pas osé solliciter, est venu me surprendre, et m'a été accordé, je puis le dire, témérairement. Je l'accepte cependant, Messieurs, par soumission et pour répondre à la bienveillance des membres de l'Association.
Toutefois, pour me rendre digne de l'appel qui m'est adressé, je dois confier à l'expérience des membres de l'Association, ici présents, la direction de l'enquête agricole qu'ils veulent bien faire aujourd'hui au profit du canton.
Je les prie, en conséquence, de vouloir bien la diriger, me réservant d'appeler ensuite votre attention sur quelques voeux qu'il serait utile de former dans l'intérêt de l'agriculture, si ces questions n'ont déjà été traitées dans le cours de la discussion. »
M. de Caumont expose que l'Association, en faisant des enquêtes successivement dans les divers chefs-lieux de canton, a eu pour but de porter le mouvement agricole dans les cantons. Jusqu'à présent, des réunions n'avaient eu lieu que dans les chefs-lieux d'arrondissement ; mais l'Association normande a voulu se transporter au milieu des populations rurales pour mieux connaître leurs besoins et appuyer de tout son pouvoir les réclamations qui peuvent être faites dans l'intérêt de chaque localité. Le canton de Troarn, ayant montré un grand élan dans les concours agricoles, devait être visité un des premiers par l'Association. La présence, dans cette réunion, de deux membres du Conseil
[p. 43]
général donnera une nouvelle force aux voeux qui pourront être exprimés, et sur lesquels le Conseil général aura plus tard à se prononcer.
M. le directeur fait connaître la correspondance. Il donne lecture d'une lettre de M. Lesueur, de Huppain, par laquelle cet agriculteur demande que l'Association normande veuille bien s'associer à la réclamation adressée au Gouvernement par la Société d'Agriculture de Bayeux, relativement à la question des beurres. Cette réclamation a pour objet de demander que le décret du 31 décembre 1849, par lequel le droit perçu par l'octroi de la ville de Paris sur chaque kilogramme de beurre est élevé de 0,05 à 0,10 soit rapporté, et, en même temps, que les droits de vente à la halle soient rétablis au même taux que précédemment, c'est-à-dire à 21/2 p. %.
Plusieurs cultivateurs regardent comme chose très-importante de ne pas augmenter les droits anciens, surtout à une époque où l'agriculture est en souffrance, et où les beurres du Poitou et de la Bretagne font, sur le marché de Paris, une concurrence redoutable à ceux de la Normandie. Si une nouvelle taxe vient à frapper les beurres, il en résultera à la fois une perte très-grande pour l'agriculture du pays, et la privation d'une denrée de première nécessité pour une partie de la population parisienne. La mesure est donc mauvaise sous tous les rapports.
M. Abel Vautier annonce que la Chambre de commerce de Caen s'est occupée de cette importante question ; qu'elle se propose de réclamer, au nom du département, contre les prétentions fiscales de la ville de Paris, et qu'elle sera heureuse de s'appuyer sur la délibération que va prendre l'Association.
[p. 44]
L'Assemblée, consultée par le président, décide, à l'unanimité, qu'il faut que l'Association normande joigne ses réclamations à celles de la Société d'Agriculture de Bayeux.
M. le directeur se charge de transmettre à M. le ministre de l'agriculture et du commerce la délibération qui vient d'être prise, et de faire valoir les droits des cultivateurs de la Normandie qui s'occupent de l'industrie du beurre.
M. de Caumont communique une lettre par laquelle M. le ministre de l'agriculture et du commerce fait pressentir l'abaissement de la taxe pour l'introduction des bestiaux étrangers. L'Assemblée est consultée pour indiquer quelle serait son opinion sur cette diminution de droit, dans le cas où elle viendrait à être proposée par le Gouvernement. Les cultivateurs de pays d'herbages, présents à la réunion, déclarent qu'ils sont, moins que jamais, en état de soutenir la concurrence avec ceux de l'Allemagne, dont la position agricole et fiscale est bien meilleure que la nôtre.
M. Lemaître, d'Hérouvillette, assure que l'on élève en France assez de bétail pour la consommation ; que tous les ans il reste des boeufs sur nos marchés, et que, par conséquent, il n'est pas nécessaire de recourir aux marchés étrangers.
L'Assemblée est d'avis qu'on devra s'opposer à tout abaissement de droit qui pourrait être proposé ultérieurement par l'Etat.
M. de Mecflet, directeur de la ferme-école de Quesnay, écrit à M. le directeur pour s'excuser de ne pouvoir assister à la réunion de Troarn.
[p. 45]
M. Dudezert, chargé de diriger l'enquête agricole, pose diverses questions qui sont résolues de la manière suivante :
Quels sont les assolements en usage dans le canton de Troarn ?
M. Lemaître, d'Hérouvillette, observe qu'on doit d'abord établir, dans les terres du canton, deux grandes divisions : la plaine, ou terre légère ; et la terre argileuse, ou mouillante. La première est faiblement perméable à l'eau, et se laisse travailler presque en tout temps ; la seconde, au contraire, ne peut être préparée qu'avec de grandes difficultés, et à des époques déterminées. Il doit donc y avoir une différence de culture et d'assolements dans ces deux sortes de terrains : dans le premier, on suit le même assolement qu'aux environs de Caen ; dans le second, qui compose plus particulièrement le canton de Troarn, on pratique généralement l'assolement suivant : première année, blé ; deuxième année, colza ; troisième année, blé ; quatrième année, avoine ou sainfoin, quand la terre se fatigue.
Fume-t-on la terre chaque année ?
On met une fumure entière pour le blé, et une demi-fumure pour le colza.
Se sert-on d'engrais étrangers ?
On emploie la poudrette et le tourteau, plus souvent le tourteau. Le noir animal ne réussit pas.
M. Lemaître-Duparc s'est constamment bien trouvé de l'emploi de la poudrette ; il la regarde comme le meilleur engrais, lorsqu'elle n'est pas falsifiée.
Fait-on des jachères ?
[p. 46]
Peu ; on en diminue le nombre de plus en plus.
MM. Bénard et Lemaître les ont supprimées complètement.
M. Bénard en est presque cependant réduit à regretter les jachères. Il dit que ses terres sont fatiguées, malgré la quantité considérable d'engrais qu'il leur donne ; et, comme elles sont trop argileuses pour que l'on puisse essayer de la culture du sainfoin avec succès, ce qui les reposerait et les préparerait à recevoir des céréales, il craint d'être obligé, à son grand regret, de revenir au système des jachères.
M. Dudezert croit qu'en ajoutant de la chaux, on pourrait obtenir du sainfoin : rien n'empêcherait, d'ailleurs, de faire des cultures sarclées, qui n'enlèveraient pas au sol les substances minérales nécessaires à l'organisation des céréales. Dans les jardins, ajoute M. Dudezert, on ne laisse jamais la terre se reposer, et, en alternant convenablement les cultures, on obtient toujours de beaux produits.
M. Viel répond que, dans les jardins, on ne cultive que des légumes, que l'on emploie avant qu'ils aient donné des graines, tandis que les céréales ont besoin d'être poussées jusqu'à la maturité de la graine, ce qui exige un temps plus considérable et appauvrit davantage le sol des substances minérales qu'il renferme, et qui se rencontrent surtout dans la graine.
M. Dudezert croit qu'on ne défonce pas assez la terre, et qu'alors on sème toujours dans une même couche de terrain appauvrie par les récoltes précédentes, au lieu de ramener à la surface une terre neuve et qui pourrait fournir abondamment à la nutrition de la plante.
M. Viel répond que, lorsqu'on cherche à défoncer, il devient très-difficile de manoeuvrer la charrue dans une terre qui est très-collante lorsqu'elle est mouillée, très-compacte
[p. 47]
et très-dure lorsqu'elle est sèche. Il y aurait, d'ailleurs, l'inconvénient de ramener à la surface du sol une couche argileuse qui ne vaudrait pas la couche qui a déjà subi les influences atmosphériques.
M. Dudezert réplique que le défoncement produit de bons résultats dans toutes les terres ; il rend plus sèches les terres mouillées, et plus humides les terres sèches. En substituant, dans les terres argileuses, à la place de la charrue ordinaire, un soc sans versoir, on obtiendrait les bons effets du défoncement, sans ramener la mauvaise terre à la surface.
M. Viel croit que le défoncement est impossible, et que l'on ne peut récolter dans les années humides.
On pourrait, au moins, dit M. Dudezert, cultiver les céréales qui exigent peu de temps pour arriver à maturité, l'avoine, par exemple.
M. le directeur fait observer qu'il est impossible que la terre qui s'est reposée ne contienne pas des principes que ne renferme point la terre que l'on fait toujours produire ; il doit nécessairement exister une différence minéralogique.
M. Bénard ajoute que, dans les terrains des environs de Caen, où l'on peut faire des prairies artificielles, il est possible de faire produire constamment la terre sans l'épuiser ; mais que, dans le canton de Troarn, où l'on ne peut recourir à ce moyen, les jachères deviendront probablement une nécessité.
Laboure-t-on en petits sillons ou en planches ?
En petits sillons ; la nature argileuse du terrain ne permet pas de faire des planches.
M. Dudezert croit qu'on pourrait employer les planches avec avantage, même dans les terrains argileux, avec des
[p. 48]
rigoles d'épuisement convenablement disposées, puisqu'en Flandre, où les terres sont plus mouillées qu'ici, on ne fait que des planches, et toujours avec succès. Il passe en revue les principaux inconvénients des billnos, entre lesquels se trouve toujours un espace non labouré : les côtés sont moins profonds, ont moins d'engrais ; la pluie lave ces engrais et s'écoule ; la gelée a plus de prise sur les billons que sur les planches ; la neige s'y conserve plus difficilement, et, par suite, les récoltes sont moins protégées ; le hersage est difficile avec les billons, le rouleau fonctionne mal ; on ne peut y faucher ; la terre se dessèche d'une manière plus inégale, et la maturité, au lieu d'avoir lieu à la même époque sur toute la surface du billon, ne s'y fait que successivement.
Malgré les avantages incontestables des planches sur les billons, les cultivateurs présents sont d'avis qu'il vaut mieux s'en tenir à ces derniers.
Fait-on des cultures sarclées ?
Généralement peu.
M. Dudezert croit qu'avec le fumier et les plantes sarclées, on peut rendre au terrain tout ce qu'il a perdu dans les récoltes précédentes. — Les pommes de terre, par exemple, ne prennent pas plus à la terre qu'elle ne reçoit par les fumiers ; et, d'un autre côté, par les buttages et les binages que nécessitent les plantes sarclées, la terre se trouve tout aussi aérée que par une jachère.
M. le maire de St-Pierre-du-Jonquet ne partage pas cette opinion. Il affirme que, lorsque la terre s'est reposée, il obtient autant en deux récoltes qu'en trois, lorsque la terre n'a pas été mise en jachère.
Si on supposait que l'homme préposé à la faisance-valoir de la ferme fût possesseur de nombreux bestiaux, et qu'il eût
[p. 49]
tous les moyens pécuniaires nécessaires pour fabriquer beaucoup de fumiers, ne pourrait-on pas, au moyen de ces fumiers, compenser les bénéfices qu'on obtient du repos de la terre ?
Vraiment oui, répondent MM. Viel et Lemaître-Dupart ; s'il en était ainsi, on ne ferait jamais de jachères.
M. Bénard prétend le contraire.
M. Pellerin demande à M. Bénard si les mauvais résultats qu'il obtient, malgré l'abondance des fumiers, ne devraient pas être attribués à ce qu'il n'emploie pas l'espèce d'engrais qui convient plus particulièrement à telle ou telle récolte ?
M. Bénard ne le croit pas ; il ajoute, d'ailleurs, que ses fumiers sont mélangés comme dans toutes les fermes.
A-t-on employé la charrée ?
Non. On se sert de la chaux, que l'on regarde comme le meilleur amendement.
M. de Caumont conseille l'usage du sable marin dans les terrains argileux qui ne sont pas trop éloignés de la mer.
Plusieurs cultivateurs pensent que cet amendement produirait un excellent effet.
Applique-t-on la chaux en même temps que le fumier, ou séparément ?
M. Lemaître répond qu'on répand la chaux en même temps qu'une demi-fumure.
M. Dudezert croit qu'il vaudrait mieux employer la chaux pour une culture préparatoire, et le fumier pour la seconde culture ; les récoltes donneraient un meilleur produit.
M. Bénard partage l'opinion de M. Dudezert.
M. Pellerin fait observer que la chaux n'agit pas seulement comme excitant, mais encore comme facilitant la décomposition des matières organiques qui doivent fournir des aliments à la plante.
[p. 50]
Sème-t-on sous raie ou en dessus ?
On emploie l'une ou l'autre méthode, suivant la nature du terrain. — Dans les terres mouillantes, on est forcé de semer sous raie, parce qu'il est impossible de pratiquer le hersage. Dans les terres peu ou point mouillantes, on sème moitié sous raie, moitié dessus. Les semailles se font ordinairement au moment du labour, quelquefois huit ou dix jours après ; pour les avoines, on attend plus longtemps : on laboure avant l'hiver, on sème et on herse au printemps.
Se sert-on de quelques instruments nouveaux ?
Les ratissoirs, pour butter le colza, sont les seuls instruments nouvellement introduits dans le canton.
M. Dudezert pense que, dans les terrains argileux, on pourrait avec avantage se servir, pour les cultures de mars, d'un extirpateur, qui n'agirait que sur la portion de terre qui s'est trouvée délitée par les gelées, bien plutôt que d'une charrue, qui ramène à la partie supérieure de nouvelles couches argileuses compactes et qui s'opposent à toute espèce d'ensemencement.
Comment traite-t-on les fumiers ?
On alterne les diverses espèces de fumier ; on les mélange par couches, et on cherche, autant que possible, à ce qu'il n'y ait pas trop d'humidité dans la fosse à fumier.
M. Dudezert recommande la bonne construction des fosses et la conservation du purin.
M. Bénard indique la manière dont il prépare ses fumiers. Il les fait mettre en chaussée au sortir des écuries ou des étables, puis étendre par couches sur la fumière. Il a grand soin de recueillir dans une fosse, convenablement disposée, le purin de ses fumiers, n'imitant pas en cela son prédécesseur, qui laissait s'écouler cet engrais précieux,
[p. 51]
dont savait d'ailleurs parfaitement profiter un cultivateur plus instruit, M. Castillon, son voisin, en le faisant arriver sur ses terres.
Emploie-t-on quelquefois la terre pour litière ?
M. Bénard répond qu'il a l'habitude de faire placer sous la paille une couche de terre pour arrêter l'urine des bestiaux, et qu'il s'en trouve très-bien.
M. Dudezert conseille l'emploi du plâtre (sulfate de chaux) pour fixer l'ammoniaque des fumiers, dont une quantité, souvent considérable, se répand dans l'atmosphère.
M. Morière pense qu'il vaudrait mieux faire usage d'une dissolution de couperose verte, que l'on pourrait toujours se procurer à peu de frais, et qui agirait plus efficacement que le plâtre pour fixer l'ammoniaque.
M. Tostain, d'Ecoville, raconte, à l'appui de l'opinion émise par M. Morière, qu'après avoir fait arroser sa bergerie avec une dissolution de couperose verte, il avait fait disparaître toute espèce d'odeur, tandis que le plâtre n'avait produit presque aucun effet.
Les fumières sont-elles disposées de manière à ce que les fumiers ne soient ni séchés par le soleil, ni lavés par les pluies ?
MM. Hélie et Lemaître disent qu'ordinairement on met les fumiers à l'ombre. Dans certaines fermes, on plante des arbres autour de la fumière : ce sont là les seules précautions employées.
Mélange-t-on les fumiers des divers animaux ?
Oui, toujours.
Fait-on parquer les moutons ?
Jamais.
M. Tostain raconte qu'un cultivateur de Ranville, ayant voulu essayer du parcage, perdit complètement sa récolte.
[p. 52]
M. Dudezert fait observer que ce fait ne suffit pas pour infirmer les bons effets du parcage. Toutes les fois qu'on emploiera le meilleur engrais en quantité trop considérable, on se trouvera dans le même cas que le cultivateur cité par M. Tostain.
Comment compose-t-on les litières ?
On emploie généralement pour litières les foins des bas-pays.
M. Bénard, qui a fait un fréquent usage de cette sorte de litière, a remarqué qu'elle donne un fumier excessivement froid, auquel on est obligé d'ajouter un ferment pour en tirer le meilleur parti possible : seul, il serait incapable de fermenter.
Sur la demande que lui fait M. Morière, s'il emploie comme litière la paille de colza, M. Bénard répond affirmativement, et ajoute qu'il en obtient un très-bon engrais.
Quelle est, en blé, la récolte moyenne par hectare ?
De 700 à 730 gerbes.
Quel moyen emploie-t-on pour chauler le blé ?
On se sert quelquefois d'urine, mais le plus ordinairement de sel ordinaire et de chaux.
M. Dudezert conseille l'emploi du sulfate de soude et de la chaux.
A-t-on observé que les pommes de terre fussent malades cette année ?
Oui, surtout les pommes de terre tardives. Les précoces se sont récoltées en assez bon état.
Où en sont les défrichements ? Quel parti a-t-on tiré des terrains défrichés ?
Plusieurs bruyères ont été défrichées dans le canton, notamment entre Troarn et Bavent, puis entre Troarn et Argences.
[p. 53]
Un cultivateur cite les belles récoltes obtenues par M. Montrôti sur les terrains défrichés de la bruyère de Bavent.
Plusieurs personnes disent que, pour obtenir ces récoltes, il faut dépenser beaucoup d'engrais. On paraît généralement regarder les récoltes obtenues dans les terrains défrichés comme très-coûteuses.
M. de Caumont demande si on a remarqué une différence de poids entre le blé récolté dans les terres argileuses et celui qui provient des terrains calcaires ?
On répond que le blé des terrains argileux est toujours plus pesant ; il pèse 160 kilog. le sac, terme moyen, tandis que celui des terrains légers ne pèse que 150 kilog.
Les boulangers ont-ils remarqué une différence entre le blé du canton de Troarn et celui de la plaine ?
On n'a pas observé de différence : Troarn et le pays d'Auge emploient le gros-blé ; le blé-chicot et le franc-blé se vendent à Caen.
M. de Caumont s'informe s'il y a des fours à chaux dans le canton ?
On ne signale que ceux d'Hérouvillette et de Manneville. Plusieurs cultivateurs emploient la chaux de Moult.
L'Association croit qu'il serait bon que quelques cultivateurs du canton s'occupassent de la fabrication de la chaux. Il y aurait avantage pour l'agriculture et pour les fabricants.
M. Morière demande si l'on a fait usage de la chaux de marbre, et si l'on a constaté qu'elle eût sur les autres chaux la même supériorité en agriculture que pour les mortiers ?
M. Bénard répond qu'elle n'a pas été, jusqu'à présent, employée dans le canton, mais qu'elle est regardée comme meilleure, et que les personnes qui l'ont employée l'ont trouvée bien supérieure à la chaux ordinaire.
[p. 54]
S'est-on servi du sel pour l'amendement des terres ? En a-t-on obtenu de bons résultats ?
M. Tostain, d'Ecoville, répond qu'il n'en a obtenu que de mauvais, lorsqu'il l'a employé seul. — Dans un premier essai, dit M. Tostain, je brûlai complètement l'herbe d'un pré ; dans un second essai, en appliquant moitié moins de sel, j'eus une perte deux fois moindre ; enfin, j'obtins encore de meilleurs résultats en renonçant complètement à l'emploi du sel.
L'Assemblée paraît adopter l'opinion de M. Tostain relativement à l'emploi du sel comme amendement des terres ; elle croit qu'on pourrait très-bien s'en passer. Mais si l'on rejette le sel comme amendement, on s'en trouve généralement bien en le mélangeant aux aliments que l'on donne aux bestiaux ; les animaux s'en portent mieux, prennent une plus grande quantité de nourriture et s'engraissent plus vite.
M. Dudezert ajoute que les fumiers des animaux qui mangent des fourrages salés sont plus fertiles que ceux des animaux que l'on nourrit avec des fourrages non salés, et qu'à deux ans on a des bestiaux qui paraissent en avoir trois. Dans le Comice de Wissembourg, on a remarqué que le chanvre qui avait crû sur la rive droite du Rhin avait une supériorité bien marquée sur celui qui avait été récolté dans les mêmes terrains de la rive gauche, c'est-à-dire du côté de la France. Aucune raison ne peut justifier cette supériorité, si ce n'est que les Allemands mélangent du sel aux aliments qu'ils donnent à leurs bestiaux.
[p. 55]
M. de Roissy, qui a bien voulu se charger de diriger l'enquête sur l'amélioration des races et l'élève du bétail, pose les questions suivantes :
Quelle est la race ordinaire du pays ? Est-elle indigène ?
La race ordinaire vient du Cotentin ; mais la race la plus répandue dans le pays est plus corsée et plus lourde que la cotentine.
On n'élève, dans le pays, que des génisses et quelques taureaux : ces derniers, à trois ans, sont coupés et font les boeufs dits de pays.
A-t-on fait des croisements des bestiaux du pays avec les races anglaises ?
On n'a pas fait, ou du moins on n'a fait que très-peu d'essais de ce genre, par la raison que la race Durham passe généralement pour être mauvaise laitière, et que si les boeufs de cette race ont plus de propension à s'engraisser que ceux du Cotentin, ils produisent aussi de la viande de médiocre qualité.
Où va-t-on chercher les bestiaux que l'on engraisse dans le pays ?
Les cultivateurs achètent des bestiaux maigres dans le Cotentin, le Maine, le Poitou et toute la Bretagne, et les engraissent à l'herbage seulement.
M. de Roissy regrette la concurrence que se font les acheteurs sur les marchés étrangers.
M. Lereffait cite plusieurs exemples où, par leur faute, les cultivateurs paient les bestiaux maigres beaucoup plus cher qu'ils ne le feraient, s'ils savaient s'entendre entre eux
[p. 56]
et ne pas affluer tous, au même jour, sur le même marché.
Y a-t-il plusieurs méthodes employées pour faire pâturer les boeufs ?
On ne se sert que du pâturage libre ; on n'emploie ni le parcage libre, ni le piquet.
M. de Roissy fait remarquer qu'il serait préférable de ne pas laisser toute liberté aux boeufs destinés à un prompt engraissement ; que, dans le mode actuel, une grande quantité d'herbe, qui est perdue et pilée, pourrait être utilisée à la nourriture de bestiaux plus jeunes et destinés à être engraissés l'année suivante. — Pour arriver à ce résultat, ajoute M. de Roissy, on a proposé plusieurs systèmes :
1° Le piquet, qui serait peut-être le meilleur, mais qui ne peut être employé que sous l'oeil du maître, et pour un nombre d'animaux assez restreint. M. Dajon, de Louvigny, prétend retirer un grand avantage du piquet ; M. Bance, de Vaucelles près Bayeux, le met en pratique avec succès pour ses vaches à lait. Plusieurs autres cultivateurs ont essayé ce système : l'expérience seule prouvera quels avantages il présente. Toujours est-il qu'il demande trop de soins et de détails pour être applicable à une grande exploitation de boeufs à l'herbe, surtout lorsque ces boeufs sont placés dans des herbages éloignés de l'habitation du cultivateur.
2° Le système des parcs mobiles, système usité pour les vaches à lait et pour les élèves dans les arrondissements de Neufchâtel et de Gournay (Seine-Inférieure). Ce système n'est employé que la nuit pour forcer les animaux à coucher dans l'endroit désigné d'avance par le fermier, et améliorer ainsi les fonds de qualité inférieure. Tout le monde sait que, dans les herbages, les animaux se cantonnent et vont manger,
[p. 57]
à peu près à la même heure, dans chaque partie de l'herbage dont ils ont la disposition, et qu'ils reviennent, chaque soir, stationner et coucher au même endroit. Cet endroit est toujours trop chargé d'engrais, et ne laisse pousser que des herbes fortes que les bestiaux ne veulent pas manger.
3° Le système de séparation des grands herbages par des barrages en bois mobiles ou fixes. Ce système, bien entendu, serait le plus simple, le plus commode, et pourrait avoir le même résultat que le piquet, c'est-à-dire procurer l'avantage d'épargner une grande quantité d'herbe, et de pouvoir, par conséquent, nourrir un plus grand nombre d'animaux dans le même espace de terrain. Il demanderait quelques frais d'appropriation, mais dont le cultivateur serait bien vite couvert par les résultats qu'il procurerait.
M. Bénard se prononce complètement contre le système du piquet appliqué aux boeufs à l'herbage. Il affirme que vingt boeufs, abandonnés au pâturage libre, s'engraisseront plus vite dans le même herbage que quatre boeufs au piquet.
Les vaches sont-elles bonnes laitières ?
Généralement oui.
Lorsqu'on achète des vaches, s'en rapporte-t-on aux connaissances ordinaires, ou bien applique-t-on le système Guesnon pour reconnaître si elles sont bonnes laitières ?
Dans le pays, personne ne s'est encore occupé de ce nouveau système ; on aime mieux consulter les veines lactifères. Beaucoup de cultivateurs ont cependant entendu parler du système Guesnon ; quelques-uns même ont vu faire des expériences qui les porteraient à croire à son efficacité.
M. de Roissy dit qu'en effet le système Guesnon, appliqué à l'achat des vaches, est un moyen à peu près infaillible ; que, cependant, la prétention de fixer, à première vue, le
[p. 58]
rendement en lait d'une ou de plusieurs vaches, d'une manière mathématique, est impossible à réaliser. Il faut se contenter de classer, d'après leurs écussons, les vaches en très-bonnes, bonnes, médiocres et mauvaises, sans se préoccuper du nombre exact de litres qu'elles peuvent fournir, car cela dépend de circonstances qu'il est impossible d'énumérer. Les principales sont la taille et la santé de la vache, le temps de nouvelle gestation, la nature de la nourriture qu'elle prend, la quantité d'eau qu'elle boit, la température, etc. — Il vient de paraître, ajoute M. de Roissy, un nouveau Traité, par M. Magne, professeur d'art vétérinaire à l'école d'Alfort, pour le choix des vaches laitières. M. Magne indique principalement les grosses veines sur la partie postérieure de la mamelle, et surtout sur le périnée, comme un excellent signe lactifère. C'est une indication de plus à ajouter aux caractères donnés par M. Guesnon, et une indication bien facile à reconnaître.
M. Calenge appuie fortement ce que vient de dire M. de Roissy sur le système Guesnon. Il a vérifié lui-même que ce système, bien appliqué, ne manque jamais.
A-t-on cherché, depuis quelques années, à élever une plus grande quantité de bestiaux, ou bien s'est-on, comme par le passé, occupé seulement d'engraisser des bestiaux maigres ?
Tous les herbagers présents répondent que le sol est trop riche pour que l'on puisse s'occuper beaucoup d'élèves ; on achète les bestiaux jeunes dans le pays où le sol est pauvre, comme en Bretagne, et on les engraisse dans le département. En général, on élève plus de génisses que de taureaux.
La vache laitière à l'herbe est-elle d'un meilleur produit que le boeuf à l'engrais ?
La vache laitière rapporte plus au cultivateur que le boeuf à l'herbe ; mais elle détériore davantage le fonds. Une
[p. 59]
bonne vache mange presque autant que deux boeufs, et elle ne rend pas autant qu'eux de matières fécondantes, puisqu'une grande partie de sa nourriture se transforme en lait. — On rapporte que certains propriétaires refusent de louer leurs herbages, lorsqu'ils savent que le fermier doit y mettre des vaches.
Qu'y aurait-il à faire pour l'amélioration des herbages ?
Le sol étant argileux, on pense généralement que la chaux devrait produire un bon effet.
M. de Caumont conseille les irrigations, mais les irrigations bien entendues. En général, on ne sait pas en tirer tout le parti possible ; les rigoles sont mal faites et dans de mauvaises directions : aussi arrive-t-il souvent que l'on n'obtient des irrigations que des effets insignifiants ou quelquefois même nuisibles.
M. Briard cite, à l'appui des bons effets que l'on pourrait obtenir des irrigations, le fait suivant : le bassin de la Divette, qui donnait d'excellents pâturages, n'en donne plus que de très-mauvais depuis qu'il n'est plus inondé. Dans certaines communes, comme à Varaville, on a été à même d'apprécier ce que peuvent produire les inondations. Sous l'administration de M. de Montlivault, on fut obligé d'inonder un grand nombre des herbages de Varaville pour se débarrasser des rats qui infestaient le pays ; les années suivantes, les pâturages furent d'une qualité bien supérieure à ce qu'ils étaient auparavant. — La commune de Varaville pourrait donc, si elle le voulait, avoir, au moyen des irrigations, des herbages de premier fonds.
M. de Caumont, dans ses considérations sur les cartes agronomiques, a fait observer que les qualités fertilisantes des eaux dépendent des terrains sur lesquels elles coulent,
[p. 60]
et dont elles dissolvent les principes salins. A l'appui de cette opinion, il fait constater, par les cultivateurs présents, que les eaux de la Dives, qui charrient un gravier calcaire, n'acquièrent des propriétés fertilisantes qu'après avoir reçu la Vie et d'autres ruisseaux qui coulent sur un terrain calcaréo-argileux. La Dives ne doit donc être employée pour les irrigations qu'au-dessous de son confluent avec la Vie ; au dessus, les résultats seraient à peu près nuls.
M. Castillon fils dit qu'à Bures, dans un herbage où il ne pouvait engraisser que des veaux, il engraisse des boeufs de plus de 500k, depuis qu'il a irrigué.
On paraît reconnaître, en général, les bons effets que peuvent produire les irrigations judicieusement faites.
M. le directeur engage les cultivateurs présents à faire de nouveaux essais, qui ne pourront manquer de leur être très-profitables.
MM. Dudezert et Pellerin posent diverses questions sur la fabrication des cidres et eaux-de-vie.
Etablit-on une proportion entre les pommes douces et amères ?
On les mélange au hasard, en s'assurant seulement qu'elles sont arrivées au degré de maturité convenable. — Dans la vallée d'Auge, on met les pommes de chaque solage dans des cases différentes, et on les conserve, autant que possible, à l'abri de la pluie, jusqu'à ce qu'elles soient arrivées à maturité.
Les meules à pressoir sont-elles en bois ou en granit ?
Elles sont presque toutes en bois ; il y en a très-peu en granit.
[p. 61]
Croit-on qu'il faille écraser le pépin ?
Généralement, non.
Les pommes, après avoir été écrasées, sont-elles pressurées immédiatement, ou bien laisse-t-on cuver un certain temps ?
Ordinairement on laisse cuver, à moins qu'on ne soit trop pressé ; très-souvent les pommes sont écrasées un jour et pressurées le lendemain.
Attribue-t-on la qualité du cidre au terrain ou à la nature des espèces ?
A l'un et à l'autre. Comme partout, le vieux plant donne du cidre de meilleure qualité que le jeune.
Croit-on qu'il soit nécessaire de mélanger des pommes douces et amères pour faire de bon cidre ?
On pense que cela vaut mieux.
Pourquoi les cidres ne fermentent-ils pas cette année ?
Cela tient, sans doute, à ce que les fruits n'ont pas mûri suffisamment, et, par suite, ne contiennent pas assez de principe sucré. Un procédé très-économique, de rendre au moût le sucre qui lui manque, consiste à écraser une certaine quantité de betteraves avec les pommes. — On pourrait aussi réduire une certaine quantité de cidre en sirop et l'ajouter au moût.
M. Dudezert pense que le défaut de fermentation que l'on rencontre généralement dans les cidres, cette année, pourrait bien être attribué, au moins en partie, à ce que, pressé que l'on était par la grande quantité de pommes, on ne laissait pas les ferments assez long-temps en contact avec l'air ; on passait trop immédiatement de l'écrasage au pressurage. — Peut-être aussi que, pour les derniers cidres qui n'ont été faits que très-tardivement, la température
[p. 62]
n'était plus suffisamment élevée pour produire une bonne fermentation.
Quels sont les meilleurs crûs ?
Janville, St-Pierre-du-Jonquet, Cléville, Méry-Corbon, Croissanville. En général, toute la ligne de côtes, depuis Troarn jusqu'à Méry-Corbon, donne des cidres de première qualité ; le coteau de Troarn à Sallenelles les donne un peu moins bons ; dans la vallée de la Dives, on n'obtient que des cidres d'une qualité médiocre.
Quel procédé suit-on pour la fabrication des eaux-de-vie, et quelle proportion d'alcool fournissent les cidres du canton ?
On emploie partout le vieil alambic, qui donne une eau-de-vie ayant toujours un goût d'empyreume. — Les cidres du canton produisent, en moyenne, 1/12, 1/13, 1/14 d'alcool à 23°.
M. le directeur demande quels sont, dans le canton, les travaux ou projets de travaux qui pourraient exercer une influence salutaire sur l'agriculture et sur les améliorations de tout genre qui s'y rattachent ?
M. le président répond que la principale amélioration, sur une grande étendue de terrain, consiste dans le redressement de la Dives sur trois points nommés le banc de Dives, le banc du Fresne et le banc des Brocs. — Les trois canaux qui doivent faciliter le cours de la Dives et le prompt dessèchement des bas-pays inondés, ont été l'objet d'une même adjudication ; les deux supérieurs sont déjà faits, et les résultats obtenus notoirement satisfaisants. Le redressement du banc des Brocs, le plus inférieur, reste seul à exécuter. Cette troisième coupure a été jugée nécessaire
[p. 63]
comme les deux premières ; une adjudication a été passée, et cependant des difficultés sont survenues, des oppositions ont été faites. — M. Bouet demande quels sont les motifs qu'on peut faire valoir contre l'exécution du travail, et si l'Assemblée est d'avis que la coupure du banc des Brocs ait lieu ?
M. Duhamel, président du syndicat de la Dives, dit que non-seulement il y a chose jugée et une amélioration notable obtenue, mais que tout retard apporté dans le redressement du banc des Brocs serait un préjudice, et donnerait lieu à une demande en répétition de la part des propriétaires des bas-pays des communes de Basseneville, Goustranville, Cricqueville, Brucourt et Périers, composant les 8e, 9e et 10e bassins de la rive droite, qui se vident par la rivière d'Ancre, affluente à la Dives, au-dessous du banc du Fresne. Il est évident que les redressements faits au-dessus de ce confluent sont plus qu'inutiles aux propriétés de ces bassins, et que, dans l'état actuel, les eaux de la Dives viennent avec plus de rapidité faire concurrence à la rivière d'Ancre, qui ne peut profiter que de la coupure du banc des Brocs. — Les propriétaires des 8e, 9e et 10e bassins auraient donc droit à la répétition de leur contribution dans la coupure des autres bancs, à leur décharge de continuer à contribuer aux travaux de la Dives, peut-être même à une indemnité, s'ils n'avaient leur satisfaction sociale par la coupure du banc des Brocs.
Les travaux de la Dives ne se bornent pas à ces ouvrages de la partie inférieure ; plus haut, entre le pont du Ham et le bac d'Anneray, où s'arrête la navigation, la rivière a été déblayée des bancs de graviers qui ralentissaient son cours, lorsqu'elle s'est grossie des eaux de la Vie.
[p. 64]
M. Renouf, membre du syndicat de la Divette et maire de Varaville, répond à M. Duhamel. — Nous sommes affligés, dit-il, de voir qu'il soit encore question de la coupure du banc des Brocs, près de la mer : c'est la ruine des propriétés de la rive gauche comme de la rive droite, sur les communes de Périers et de Brucourt. En effet, les propriétaires de la rive gauche et des communes ci-dessus ne peuvent faire dépouiller leurs herbages par des bestiaux, sans avoir recours à l'irrigation pendant l'été, au moyen de l'eau douce que leur fournit la Dives. Ils seront privés de ce mode d'amélioration par la diminution du trajet que parcourt ordinairement le flux de la mer, ce qui donnera l'eau salée bien au-delà des écluses établies pour l'irrigation, écluses qui ont occasionné des dépenses considérables, attestant leur utilité. Outre la perte qu'éprouvera la rive gauche par la privation d'eau douce, elle sera exposée à des inondations fréquentes lors des grandes mers, comme celles des 28 et 29 décembre dernier : si, à cette époque, le coude avait été coupé, nul doute que le pays n'eût été submergé. Ce coude du banc des Brocs est donc là comme une barrière pour arrêter et retarder le parcours du flux, et, d'un autre côté, il n'est nullement nuisible au desséchement de la vallée. Rapproché qu'il est de la mer, aussitôt que le mouvement du reflux se fait sentir, il en éprouve l'influence et ne peut faire obstacle à l'écoulement de la partie haute. La coupure du banc des Brocs fera perdre l'avantage qu'on peut espérer de la coupure des deux autres bancs ; le flux montera plus loin en amont, arrêtera le cours de la Dives, et n'empêchera nullement l'inondation ; seulement le gonflement se fera plus haut. — Nous croyons donc qu'au lieu de couper le banc des Brocs, il faudrait l'établir,
[p. 65]
s'il n'existait pas, puisqu'il ne fait jamais obstacle à l'écoulement. A la vérité, on nous dit comme consolation : dans le cas où la coupure des Brocs vous serait préjudiciable, on établira un barrage. Mais pourquoi cette nouvelle dépense, quand il est facile de se convaincre que, dans l'état actuel, il n'y a rien à changer ? On nous dit encore qu'on donnera de l'eau douce par Robehomme et Bures : je répondrai à cela que le pays est nivelé de telle sorte que Varaville, Gonneville et Merville ne pourraient la recevoir, à moins que Bavent, Petiville et Robehomme ne fussent entièrement submergés.
M. Duhamel répond aux objections présentées par M. le maire de Varaville. Fixons bien, dit-il, les intérêts de la Divette, sur lesquels l'Administration est loin de partager l'opinion exprimée par M. Renouf, qui généralise le voeu d'une partie seulement de ses collègues. — Les prises d'eau pour ce bassin, à Bures et à Robehomme, sont facultatives et peuvent satisfaire les communes les plus élevées ; rien n'est changé à leur régime présent ou désirable. — Mais la prise d'eau actuelle, de chaque côté du pont de Varaville, dans les grands flots, sera, au besoin, remplacée par une autre prise d'eau, à 1,500 mètres plus haut. — Laissons parler, d'ailleurs, le devis du 20 juillet 1846 : « L'ancien lit, correspondant au banc de Dives, sera barré du côté d'aval et conservé dans le reste de son développement, afin de maintenir les prises d'eau douce qui existent aujourd'hui, et qui servent à alimenter le bassin de la Divette, etc. » — Dans l'état actuel, et la Divette sauvée, les seize autres bassins voient avec peine l'eau suspendue de 45 centimètres au-dessus des Brocs. Le salut de tout le pays appelle la suppression de cette différence,
[p. 66]
en remplaçant par un canal de 250 mètres un méandre de 1,500 mètres au moins. — Le flux ne fera pas plus de mal au-dessus de ce coude qu'au-dessous, moyennant de solides précautions d'endiguages.
MM. Briard et Castillon fils parlent encore en faveur du redressement.
M. le président met aux voix la question du redressement du banc des Brocs, qui est votée à l'unanimité, moins une voix.
Plusieurs membres croient que l'on pourrait tirer un bon parti des inondations naturelles ou artificielles des marais de Troarn.
Les cultivateurs sont invités à faire des essais dans ce sens.
M. le maire de Troarn demande que la chasse des animaux nuisibles soit autorisée en tout temps. Il signale le tort considérable que les corbeaux font à l'agriculture au moment des semailles.
On émet le voeu que la route de Dives à Troarn soit achevée le plus promptement possible.
M. le maire de St-Pierre-du-Jonquet exprime le même voeu pour la route qui traverse sa commune.
M. Julien, de Troarn, voudrait que l'on formât des horticulteurs chargés de propager les bonnes méthodes de taille, qui ne sont encore que très-peu connues dans le canton.
Avant de lever la séance, le bureau de l'Association décerne des mentions honorables aux cultivateurs dont les noms suivent : MM. Lemaître-Dupart, d'Hérouvillette ; Viel, de Banneville ; Castillon, de Troarn ; Bénard, de Troarn.
Le Secrétaire général,
J. MORIÈRE.
A sept heures un quart, la séance est ouverte.
M. Pierre donne lecture d'un Mémoire, ayant pour titre : Essais sur l'influence des diverses substances salines sur le rendement du sainfoin. Il résulte, dès-à-présent, des expériences faites par M. Pierre, que le plâtre et le sulfate de soude paraissent être les substances qui réunissent au plus haut degré la faculté d'activer la végétation du sainfoin, résultat d'autant plus heureux que ce sont précisément celles qu'on peut se procurer au plus bas prix.
Au nom du Conseil, M. le président remercie M. Pierre, et l'engage vivement à continuer des expériences si utiles et si importantes pour l'avenir de l'agriculture.
Après avoir fait connaître à l'Assemblée les ravages exercés, dans les forêts de pins du département du Morbihan, par un insecte qui paraît appartenir au genre scolytre, M. de Caumont annonce avoir retrouvé ce même insecte dans sa propriété de Vaux-sur-Laizon. Plusieurs pins laricio et pins d'Ecosse, du parc de Vaux, ont maintenant leurs jeunes pousses pendantes et sèches, comme si elles eussent été brûlées par un coup de vent ; un groupe d'épicéa, en contact
[p. 68]
avec les pins d'Ecosse, a été également attaqué. Le scolytre paraît s'introduire, au moyen d'un trou latéral, jusqu'au canal médullaire, qu'il parcourt en remontant jusqu'à l'extrémité des pousses et en faisant disparaître la moelle. — M. Deslongchamps, secrétaire de la Société linnéenne, auquel M. de Caumont a remis plusieurs échantillons de l'insecte, se propose d'en faire une étude spéciale, qui ne pourra manquer d'être intéressante.
L'Assemblée est consultée sur les deux questions suivantes : 1° Doit-on, dans les concours de bestiaux, accorder plusieurs fois la même prime au même animal ? 2° Lorsqu'un animal a obtenu une prime inférieure dans un concours, peut-on, dans un autre concours, lui donner une prime supérieure ?
La majeure partie des membres présents se prononce négativement sur la première question, et affirmativement sur la seconde.
M. Durand fait part à l'Association des recherches auxquelles M. le docteur Lesauvage et lui se sont livrés pour découvrir la cause d'une maladie qui a frappé les pommiers dans quelques parties du département, notamment dans l'arrondissement de Pont-l'Evêque. A Victot, dans une propriété appartenant à M. Beaujour, notaire, sur 1,500 pommiers, il y en a 400 qui sont malades, et qui probablement mourront. Cette maladie, que les cultivateurs appellent le choléra du pommier, s'est déclarée à deux époques différentes : au mois de mai, après la floraison, et au mois de septembre. Elle commence par attaquer les racines de l'arbre ; puis les feuilles se fanent, l'arbre dépérit et meurt.
MM. Lesauvage et Durand ont constaté que la maladie ne
pouvait être attribuée ni aux mans ou larves de hannetons, qui produisent quelquefois cet effet sur les pommiers, ni à d'autres insectes ; mais la véritable cause leur a échappé jusqu'à présent.
M. Travers est invité, par les membres du Conseil d'administration, de continuer ses analyses des petits Traités publiés par l'Académie des sciences morales et politiques.
A sept heures, la séance est ouverte.
M. de Saint-Rémy rend compte de l'examen qu'il a fait des bulletins de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, pour les années 1846-47 et 48. Ces bulletins renferment, en général, malgré leur titre, très-peu d'agriculture. M. de Saint-Rémy a cependant remarqué quelques travaux intéressants :
1° Un mémoire, ayant pour titre : Etat de l'agriculture dans le canton de Sablé, dans lequel on signale le plus grand développement donné à la culture des plantes sarclées, et, par suite, le renversement de l'ancien assolement triennal, l'introduction de la luzerne dans les prairies artificielles, l'augmentation des prairies naturelles, l'amélioration des races chevaline et bovine. — On se plaint de la pénurie des bras dans les campagnes, provenant de ce qu'un grand nombre de jeunes gens émigrent de la campagne dans les
[p. 70]
villes. Pour remédier à cet état de choses, améliorer l'agriculture et rehausser la condition du cultivateur, M. Salmon, l'auteur du mémoire, propose d'établir : 1° dans chaque école primaire de village, un cours élémentaire d'agriculture mis à la portée des enfants ; 2° dans les chefs-lieux de canton et les principaux bourgs, des classes d'adultes où l'on enseigne la théorie des assolements, la classification et la composition des sols, les différents genres d'engrais qui leur sont propres, l'action chimique des amendements minéraux, etc. ; 3° enfin, dans chaque département, des fermes-écoles ou expérimentales.
2° Un mémoire, du même auteur, sur l'ancienne et la nouvelle culture du Maine. Dans ce travail, on cherche à prouver qu'en alternant judicieusement la culture des plantes utiles, en supprimant la jachère vernale qui précède la semaille des blés, et, à plus forte raison, celle de deux et même de trois années consécutives de l'ancien assolement triennal, l'agriculteur peut augmenter sa fortune par une plus grande production de ses terres, sans ajouter à leur surface.
3° Enfin, M. de Saint-Rémy signale encore un projet de travail sur l'emploi de la marne dans le département de la Sarthe.
M. de Caumont fait remarquer que ce travail avait pour but de répondre aux renseignements demandés par M. Payen, lorsque ce chimiste voulut donner un aperçu général des amendements employés en France, et indiquer les meilleures marnes à appliquer dans tel ou tel terrain.
A midi et demi, la séance est ouverte.
M. Dudezert, chargé de rendre compte d'un ouvrage d'agriculture, ayant pour titre : Veillées villageoises, et publié par M. Neveu-Derotrie, lit le rapport suivant :
« MESSIEURS,
Dans votre dernière séance, vous m'avez chargé de vous rendre compte d'un Traité d'agriculture, publié par M. Neveu-Derotrie, sous le titre de Veillées villageoises. J'acceptai d'autant plus volontiers la mission d'examiner ce travail, que M. de Caumont, notre savant directeur, m'en avait parlé d'une manière avantageuse.
Malgré cette recommandation, j'avoue que la forme adoptée par l'auteur ne me parut pas, tout d'abord, bien convenable pour l'exposition et le développement des principes de la science agricole. Il me semblait qu'elle se prêterait difficilement au langage dont l'état actuel des connaissances oblige à se servir, et à la discussion de questions importantes qui sont aujourd'hui controversées.
En effet, l'auteur place dans un village le théâtre de son enseignement. Il suppose que Jérôme, l'un des cultivateurs les plus habiles de ce village, expose à ses voisins les principes de l'agriculture, et les procédés à suivre dans l'exploitation des terres. Or, le lieu de la scène et les habitudes des personnages excluaient tout appareil scientifique.
[p. 72]
Néanmoins, la lecture de l'ouvrage a considérablement modifié mes pressentiments. Comme Jérôme sait bien que ses conseils ne seront pas tous agréés de prime-abord et qu'ils pourront paraître plus ou moins étranges, il engage ses auditeurs à lui faire connaître leurs objections, ou à lui demander des éclaircissements sur ce qui ne leur semblerait pas suffisamment clair. De là résultent des entretiens vifs, animés, chaleureux, dans lesquels les vérités qu'il s'agit d'inculquer sont démontrées d'une manière plus sensible et plus pénétrante que ne l'eût permis une forme plus dogmatique. L'objection s'y montre naturellement et sous un air pittoresque ; la réfutation y acquiert du relief et de l'éclat.
Je me garderai donc bien d'adresser aucun reproche à l'auteur sur le plan qu'il a choisi ; je le félicite, au contraire, d'avoir su y répandre le mouvement et la vie au profit des plus saines théories agricoles. Son style est clair et facile, sans jamais tomber dans la trivialité ; les conseils qu'il donne sont ceux d'un homme éclairé, prudent, d'un praticien habile. Son ouvrage a un mérite réel, constaté par le plus sûr des témoignages, puisqu'il en est à sa neuvième édition.
Je ne puis, Messieurs, suivre l'auteur dans toutes les questions qu'il a discutées ; je me contenterai de vous indiquer les principaux objets dont il s'est occupé, et vous comprendrez facilement que, traités par un homme d'esprit et de science, ils doivent attacher par un intérêt très-saisissant. Ainsi, les considérations sur l'agriculture, la classification des terres, les engrais, les prairies artificielles, les racines et les tubercules, le chapitre sur les plantations, et surtout celui qui traite des bestiaux, sont remplis de
[p. 73]
préceptes et de détails où se révèlent à chaque ligne l'esprit d'observation et un talent très-remarquable d'exposition. Mais je vous demande la permission d'entrer dans quelques détails sur le chapitre qui traite des assolements. — L'auteur, après avoir défini ce qu'on entend par assolement, en explique les différents modes, et fait ressortir les inconvénients et les avantages de chacun d'eux. Les effets d'un bon ou d'un mauvais assolement, dit-il, se font sentir sur les produits, non-seulement en raison de la nature même des ensemencements, mais plus encore peut-être par l'amélioration qu'un bon assolement apporte au sol, ou par la diminution de richesses que cause un mauvais assolement. La rotation triennale, dont l'ignorance et l'habitude ont consacré l'usage routinier dans une grande partie de la France, ne peut se justifier, ni en théorie, ni par la pratique. L'auteur cite des exemples pour étayer ses assertions ; il s'attache surtout, et c'est un grand mérite à mes yeux, à constater des faits, beaucoup plus qu'à discuter des doctrines ou à rechercher les causes.
Dans le chapitre des assolements, il parle nécessairement des jachères, pratique ruineuse qu'aucune raison ne peut ni expliquer ni justifier. Il prouve, plus qu'à suffire, que les terres laissées ainsi en repos sont loin pourtant de se reposer, et que les mauvaises herbes qu'elles donnent font plus de tort à la terre qu'une culture sarclée, qui eût au moins payé et le loyer et les frais de culture.
A des considérations si vraies et si plausibles, les interlocuteurs de Jérôme ne peuvent opposer aucune raison capable de justifier désormais la pratique des jachères ; c'est qu'effectivement il n'y en a aucune à alléguer, et la question, envisagée au point de vue de la science et de la
[p. 74]
pratique, cesse réellement d'en être une, quand on a lu le chapitre que lui consacre M. Derotrie. Pourtant, je le dis à regret, la doctrine des jachères est encore des plus vivaces ; chaque jour nous la voyons cherchant à s'imposer encore au nom d'une autorité séculaire, d'autant plus difficile à combattre qu'on la comprend moins. Mais, au moins, que les amis du progrès la relèguent parmi les habitudes rétrogrades. Nous sommes à une époque où chaque pratique doit avoir sa raison d'être ; sinon elle doit être abandonnée. Or la jachère, je viens de le dire, ne peut plus avoir de justification au point de vue de la science ; il faut donc chercher ailleurs des raisons qui l'expliquent, et on les trouvera dans un ordre d'idées qu'on a quelque honte à avouer. Pour la plupart des vanteurs de jachères, c'est tout simplement une question d'amour-propre et d'argent. Je l'avais soupçonné déjà ; j'en suis aujourd'hui bien certain. Quelques-uns d'entre vous, Messieurs, l'ont entendu comme moi, grâce à la sincérité de quelques hommes qui nous en ont fait l'aveu, et il est d'autant plus précieux, que eux aussi font encore des jachères. La seule raison, nous ont-ils dit, qui explique cette pratique, c'est qu'on n'a pas assez d'argent pour pouvoir mettre toute la terre en culture ; les bestiaux sont trop peu nombreux, les bras sont insuffisants, les engrais manquent. On pourrait ajouter : si la plupart des cultivateurs étaient plus sages, s'ils n'avaient pas la petite manie de paraître plus riches qu'ils ne le sont réellement, si celui qui n'a que le moyen de monter une ferme de cinquante hectares n'en prenait pas une de quatre-vingts, ils cultiveraient sans interruption toutes leurs terres. Mais loin de là, comptant toujours sur un avenir meilleur, riches d'espérances qui trop souvent ne se réalisent
[p. 75]
jamais, ils se chargent de cultiver des terres qu'ils n'ont pas le moyen de faire valoir ; alors ils succombent, sous le faix et périssent à la tâche, et, faute d'animaux, de bras et d'engrais, ils ne cultivent qu'une partie de leurs terres, laissant l'autre partie en friche ou en jachère. Qu'on cesse donc maintenant de dissimuler la véritable cause de cette pratique ; qu'on cesse surtout d'invoquer l'expérience et l'observation de nos pères pour justifier cet anachronisme, qui ne se justifie plus depuis l'introduction des trèfles et des cultures sarclées. Combattre désormais cette pratique par des raisons sérieuses, tirées de principes agronomiques solidement établis et reconnus par les agriculteurs dignes de ce nom, c'est ce que je me suis promis de ne plus jamais entreprendre. A quoi bon combattre une chimère, prendre pour cause ce qui n'est pas cause, et se tuer à vouloir faire entendre un sourd qui entend bien ?
Il y a pourtant encore quelques hommes qui, par système et sans y être contraints par la nécessité, laissent leurs terres en jachère ; race moutonnière qui se traîne à la remorque de la routine. Ceux-là, il faut les plaindre ; car rien au monde ne peut plus les guérir.
Toutefois, on comprendrait mal ma pensée, si l'on s'imaginait qu'il convient de passer immédiatement, et sans transition, de la jachère à la culture continue ; ce serait substituer à une pratique mauvaise une pratique plus mauvaise encore. La transition doit s'opérer lentement et avec précaution ; encore ne doit-elle s'exécuter qu'à deux conditions indispensables : la première, c'est qu'au moyen d'engrais supplémentaires pris en-dehors de la ferme, ou fabriqués au-delà de ceux que réclame une bonne fumure des autres pièces, on restitue à celles que l'on cultivera, et qui
[p. 76]
seraient restées en jachère, tous les principes de fertilité enlevés par la récolte ; la seconde, c'est qu'on aura une quantité de bestiaux qui approchera, autant que possible, d'une tête de gros bétail par hectare de terre.
Je ne développerai point ces idées ; il suffit, je crois, de les énoncer pour les faire bien comprendre.
Je reviens à l'auteur des Veillées villageoises. Le complément de l'article assolement se retrouve au chapitre des prairies artificielles et des cultures sarclées, et, là encore, comme dans tous les autres chapitres, l'auteur fait preuve d'un grand talent d'observation. Partout ses conseils sont marqués au coin de la science et de la vérité ; c'est ce qui me fait regretter qu'il n'ait pas embrassé son sujet d'une manière plus large, et qu'il ne soit pas entré dans de plus grands détails, qui eussent rendu son travail plus intéressant et plus utile. Ainsi, dans l'article assolement, il ne fait que glisser légèrement sur les principes et les circonstances qui doivent guider. La différence entre le sol et le sous-sol n'est pas suffisamment indiquée. L'emploi de la chaux et son action ne sont peut-être pas très-bien appréciés ; le mélange que l'on en fait trop généralement avec les fumiers d'écurie, quoique blâmé par l'auteur, n'est pas proscrit assez énergiquement. Les conseils que donne l'auteur, relativement à l'emploi des fumiers, sont excellents, sans doute ; mais ils sont loin d'être complets. S'il eût connu l'excellent traité de M. de Girardin sur la manière de traiter cette partie vitale d'une exploitation, il n'aurait certainement pas manqué d'en profiter, et son ouvrage n'aurait pu qu'y gagner. Peut-être y aurait-il encore quelques lacunes à signaler. Si je les ai remarquées, de même que celles dont j'ai parlé, c'est parce que l'habileté avec laquelle M. Derotrie
[p. 77]
a traité les points dont il s'est occupé, m'a fait vivement regretter qu'il ait trop restreint son cadre, et qu'il ait omis des enseignements essentiels que nul n'était plus capable que lui de présenter et de faire goûter.
Je me résume en quelques mots : L'ouvrage de M. Neveu-Derotrie est digne, à tous égards, des encouragements qu'il a reçus du gouvernement. L'auteur l'a composé pour les écoles primaires rurales. Je ne doute pas qu'il ne leur soit très-profitable, qu'il ne contribue puissamment à combattre la routine et à imprimer à l'agriculture une marche plus sûre et plus rationelle. Tous les agriculteurs, au reste, pourront le consulter avec fruit. Ceux qui ne savent pas assez, y apprendront beaucoup de bonnes choses ; il sera, pour ceux qui savent déjà, un excellent moyen de se souvenir. »
M. de Caumont donne lecture d'une lettre par laquelle M. le préfet, sur la demande du ministre de l'agriculture et du commerce, l'invite à consulter l'Association normande sur la question de la suppression ou du maintien des droits de douanes perçus sur les bestiaux importés ; question renvoyée à l'examen du Conseil d'Etat.
M. le directeur exprime son étonnement de ce que l'Administration supérieure remette à l'ordre du jour une mesure contre laquelle se sont unanimement prononcés les Conseils d'agriculture. Cette question de l'importation des bestiaux étrangers avait, d'ailleurs, été examinée et discutée par l'Association normande au Congrès de Lyon, en 1842. Il s'agit de savoir si l'Association est toujours du même avis, si la position des éleveurs de la Normandie est toujours la même, et alors s'il ne serait point convenable d'exprimer cet avis par une manifestation verbale ou écrite.
[p. 78]
M. de Lachouquais rappelle les observations qui furent présentées, en 1842, relativement à l'importance du maintien des droits pour la Normandie. Il démontre que les impôts actuels, pour les herbages du pays d'Auge, ont été établis en prenant pour point de départ des évaluations cadastrales supérieures à la valeur actuelle ; les herbages avaient alors une plus grande valeur que les terres labourées. Celles-ci, ayant été améliorées, ont augmenté de valeur, tandis que les propriétés de la vallée d'Auge sont restées au même niveau qu'avant la Révolution. Aujourd'hui, ajoute M. de Lachouquais, on achète les bestiaux maigres plus cher qu'autrefois, et on gagne moins par kilog. ; de sorte qu'il faudrait engraisser une plus grande quantité de boeufs pour obtenir les mêmes bénéfices. — Dans une position déjà si malheureuse pour nos herbagers, si on vient à enlever le droit qui pèse sur les bestiaux étrangers, on fera entrer des animaux de qualité très-médiocre que le boucher vendra le même prix qu'auparavant. — Le résultat de la mesure proposée sera donc, pour le consommateur, de payer la viande de qualité inférieure aussi cher que la viande de bonne qualité ; pour l'éleveur, le découragement et la ruine ; pour l'agriculture, la décroissance au lieu de l'amélioration des races.
M. Raynal fait observer que les circonstances actuelles sont plus fâcheuses que jamais pour demander la suppression du droit protecteur.
M. de Caumont ajoute que le consommateur ne paiera pas la viande 0 fr. 04 de moins par kilogramme, lorsque le droit d'importation sera supprimé ; le boucher seul pourra profiter de la mesure.
M. Simon considère la mesure proposée par le Gouvernement
[p. 79]
comme désastreuse pour la Normandie ; mais il craint qu'en cherchant à défendre les intérêts de notre pays, on ne cause la ruine de beaucoup d'autres départements qui ne produisent pas assez de bétail pour leur nourriture.
M. Durand traite la question au point de vue de l'économie agricole. — L'agriculture ne demande qu'une chose, dit M. Durand : vendre ses animaux à un prix qui ne la constitue pas en perte. Qu'y a-t-il à faire pour cela ? Principalement réformer la boucherie, et surtout maintenir les droits sur les bestiaux étrangers qu'on fait entrer chez nous, ou même élever ces droits. — La boucherie, telle qu'elle est organisée, est un funeste intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Depuis plusieurs années, ne voyons-nous pas, en effet, que ce qui cause la ruine de l'agriculture ne tourne point au profit de la population ? La diminution des droits sur les bestiaux étrangers, et à plus forte raison la libre entrée de ces bestiaux chez nous, serait l'assassinat de l'élève du bétail en France, la perte de l'agriculture et l'abaissement de la fortune publique. — Le prix de la viande diminuerait peut-être ; mais lorsque nous nous préoccupons des intérêts du plus grand nombre, c'est-à-dire de ceux qui n'ont pour capital que leur intelligence et leur force physique, ne demandons jamais le bas prix des denrées alimentaires, lorsque ce bas prix doit être ruineux pour l'agriculture. — Oui, la libre entrée des bestiaux étrangers serait la ruine de notre agriculture. — En voulez-vous la preuve ? Dans la Saxe, le Brandebourg, le duché de Koenisberg, les Poméranies, les Mecklembourg, le Holstein, contrées qui nous envoient des bestiaux, le fourrage coûte, à prix de revient, 0 fr. 50 les 50 kilog. Les vaches louées à des fabricants de beurre ne rapportent à leur propriétaire
[p. 80]
que 50 fr., en échange de la nourriture qu'il leur donne à ses frais, de l'étable qu'il leur fournit, de l'intérêt du prix d'acquisition qu'elles lui ont coûté, et de toutes les chances de maladie et de dépérissement. Un veau arrive à l'âge de deux ans sans avoir coûté, chaque année, 25 fr. — Le salaire des domestiques est bien moins élevé qu'en France ; les impôts y sont moitié moindres. Chez nous une vache à lait coûte au moins chaque année 200 fr., et un veau d'un an ne revient pas à moins de 80 ou 90 fr., en le nourrissant toutefois avec beaucoup d'économie.
Je ne vous demande pas le résultat qu'aurait immédiatement pour la France la libre entrée des bestiaux étrangers, ou seulement la diminution du droit qui les frappe. Votre opinion est la mienne. Peut-on, d'ailleurs, en avoir une autre lorsqu'on est initié aux connaissances les plus élémentaires de notre agriculture ?
A l'appui des fâcheux résultats qu'amènerait la suppression des droits d'entrée pour les bestiaux étrangers, M. de Briges rapporte que la diminution dans le prix du blé a été causée en grande partie par l'introduction des blés étrangers.
L'Association décide à l'unanimité que la manifestation proposée par M. de Caumont aura lieu, et elle nomme une Commission composée de MM. de Caumont, Lereffait, Durand et Létot, qu'elle charge de faire valoir auprès du ministre de l'agriculture et du commerce les réclamations de l'Association.
L'Assemblée se prononce aussi contre la surtaxe dont on veut frapper les beurres vendus à Paris. Elle invite la même Commission à soutenir auprès du ministre les intérêts de l'industrie beurrière contre les prétentions fiscales de la ville de Paris.
Si l'on veut pouvoir généraliser en France l'usage des irrigations, l'une des questions qu'il importerait le plus de résoudre serait, sans contredit, celle de la quantité d'eau qu'elles exigent. Pour certains terrains situés sur le bord de rivières et pouvant puiser à une source à peu près inépuisable, on n'a à se préoccuper que de la comparaison à établir entre les produits d'un hectare de terre arrosé ou non. Mais s'agit-il d'ouvrir des canaux, de conduire, à grands frais, les eaux sur des plateaux élevés, de creuser des réservoirs pour recueillir le produit des pluies, il ne suffit plus alors de savoir que le résultat de l'opération sera toujours profitable à l'agriculture, il faut savoir aussi si la surface de terre arrosée, au moyen du volume d'eau rendu disponible, sera assez considérable pour que ses produits couvrent, et au-delà, les frais qu'on aura dû s'imposer. Un travail entrepris sans qu'on eût acquis cette certitude, pourrait fort bien, tout en enrichissant le sol, ruiner le propriétaire.
[p. 82]
Même dans le fond des vallées, il est rare que les eaux ne soient pas utilisées, comme force motrice, par les usines. Qu'un propriétaire vienne demander à en détourner une portion, et que l'Administration ou les tribunaux soient appelés à statuer, comment pourront-ils, suivant le voeu de la loi, concilier les intérêts de l'agriculture et ceux de l'industrie, s'ils ignorent ce que tel ou tel volume d'eau représente en réalité de bénéfice pour chacune des deux parties qui s'en disputent l'emploi ? Comment le propriétaire lui-même saura-t-il ce qu'il peut payer cette eau, ignorant ce qu'elle lui rapportera.
Les ouvrages publiés sur les irrigations fournissent malheureusement bien peu de renseignements sur cette matière, et les résultats d'expériences qui y sont rapportés varient dans des limites tellement étendues, que, jusqu'à certain point, ils seraient peut-être plus propres à décourager qu'à éclairer ceux qui se proposeraient des entreprises d'arrosage de quelque importance. On en jugera par le tableau suivant, où nous avons réuni les faits cités par M. Nadault de Buffon dans son remarquable ouvrage, et le petit nombre de ceux qu'ont pu nous fournir quelques autres ouvrages.
[p. 83]
| INDICATION DES AUTEURS. | LIEUX des expériences. | ÉCOULEMENT continu par seconde. | VOLUME D'EAU employé par saison. | OBSERVATIONS. |
| lit. | mèt. cub. | |||
| Jaubert de Passa | Pyrénées-Orientales. | 0 142 | 2200 | Arrosage sans colature. |
| Idem | Id. | 0 240 | 3700 | |
| Résultats généraux et moyens | Espagne et Pyrénées-O. | 0,25 à 0,30 | 3900 à 4650 | |
| Nadault de Buffon | — | 0,25 à 0,50 | 3900 à 7800 | Evaluation théorique. |
| Les ingénieurs de la compagnie de | Arcachon. | 0,50 | 7800 | Id. |
| Mercur de Lesplanes | Pyrénées | » | 8000 | |
| Farnand | H.-Alpes, Isère, Vosges. | » | 9600 | Résultat moyen. |
| Longeon | Projet de partage des eaux du Tech | 0,60 à 0,70 | 9,300 à 10900 | |
| Les agriculteurs de la Cran d'Arles | Bouches-du-Rhône. | » | 12000 | |
| Canal de Zola. | 0,83 | 13000 | ||
| Résultats moyens en | Lombardie. | 0,96 | 14900 | 1/4 ou 1/3 sont rétrocédés pour un 2e empl. Suivant que le terrain contient 0m20 à 0m80 de sable. |
| Provinces d'Ivrée et de Verail | Piémont. | 1,00 à 1,16 | 15500 à 18000 | |
| De Gasparin | Vaucluse. | » | 9600 à 48000 | |
| Pagret Lallier | — | 1,00 | 15500 | |
| Résultat donné par Patzig | Allemagne. | 2,33 | 36000 | |
| Idem | Id. | 5,80 | 90000 | |
| Observation faite dans le dép. de la | Somme. | » | 113000 | |
| Perrin | Vosges. | 65,45 | 1018000 |
[p. 84]
Du premier au dernier de ces chiffres, la quantité d'eau employée varie sous le rapport de 1 à 463 ! Comment expliquer une pareille différence ? Ce n'est pas par la nature des cultures : ces résultats si opposés s'appliquent également à des irrigations de prés. Ce n'est pas par la différente composition du sol, qui, suivant M. de Gasparin, ne motiverait au plus qu'une variation dans le rapport de 1 à 5. Enfin, c'est bien moins encore par la différence des climats : car, précisément, le pays qui donne le chiffre le plus faible est bien plus chaud que celui qui fournit le plus élevé. Evidemment, il doit y avoir là une cause bien plus puissante que toutes ces circonstances accessoires. Pour la découvrir, il faut chercher à se rendre compte du genre d'action que l'eau exerce sur la végétation, et des différences qui doivent en résulter dans la manière de l'employer, suivant les diverses circonstances où l'on peut se trouver placé.
Nous devons d'abord, dans cette recherche, distinguer les irrigations qui se font pendant l'hiver et l'automne de celles qui ont lieu pendant le printemps et l'été. Effectuées à des époques où la végétation est suspendue, les premières n'ont pas pour but d'agir directement sur elle, mais bien d'amender le sol par le dépôt du limon et des matières organiques que les eaux tiennent en suspension. Il résulte de là qu'elles ne peuvent guère être jamais trop abondantes. Aussi ne recommande-t-on de les interrompre que quand la gelée est à craindre, ou quand une écume, qui vient se former à la surface de l'eau, annonce que son séjour trop prolongé commence à faire pourrir les racines des plantes. D'autre part, si l'amélioration du sol ne peut être obtenue par l'action des eaux, il sera toujours possible d'y suppléer au moyen d'engrais et d'amendements. On ne peut donc
[p. 85]
pas dire, à proprement parler, que les irrigations d'hiver soient d'absolue nécessité. Elles seront utiles, et le seront d'autant plus qu'elles seront plus abondantes et faites avec des eaux plus chargées de limon ; mais il ne peut y avoir lieu de chercher une limite soit supérieure, soit inférieure, du volume à y employer. D'ailleurs, si l'on est parvenu à se créer des ressources suffisantes pour l'été, il ne pourra arriver que bien rarement qu'on en manque à une époque où le volume d'eau disponible est d'ordinaire trois à quatre fois plus abondant.
Les irrigations d'été doivent agir directement sur la végétation, et fournir aux plantes l'humidité nécessaire à leur croissance. Il est évident, dès-lors, qu'elles ne peuvent varier qu'entre certaines limites, et qu'il y a même un point qui donne, dans chaque cas, le maximum d'effet, de telle sorte qu'on ne puisse s'en écarter, soit en dessus, soit en dessous, sans diminuer les avantages de l'emploi des eaux. Trop rares, elles permettront à la sécheresse de suspendre l'accroissement des plantes ; trop abondantes, elles pourront, dans la rapidité de leur cours, enlever au sol les principes fertilisants, faire périr les racines des plantes en les privant d'air, ou aller chercher et développer, dans les couches inférieures du sol, les germes des plantes nuisibles qui s'en forment plus profondément que les bonnes.
La pratique des irrigations a mis en évidence plusieurs faits qui peuvent, au premier abord, sembler assez difficiles à expliquer.
En premier lieu se présente l'influence de la pente. Plus un pré est incliné, plus les effets de l'irrigation y sont marqués, et moins il faut d'eau pour les obtenir. La pente manque-t-elle, ce ne sera qu'en augmentant, à chaque arrosage,
[p. 86]
l'épaisseur de la couche d'eau qu'on pourra y remédier : encore ne sera-ce qu'imparfaitement, puisque les irrigateurs les plus habiles ne reculent pas devant les dépenses à faire pour disposer la surface d'une prairie horizontale en ados, présentant alternativement des planches inclinées en sens contraire, afin de procurer artificiellement aux différentes parties du sol la pente qui leur manquait.
Si la vertu bienfaisante de l'eau augmente avec la vitesse que lui imprime une pente prononcée, elle diminue rapidement à mesure que croît l'espace parcouru. Après avoir obtenu une herbe épaisse et de bonne qualité aux abords d'une rigole d'irrigation, ce n'est plus que du jonc que l'on verra pousser à quelques mètres plus loin. Aussi recommande-t-on de multiplier le plus possible les rigoles, et de ne pas donner aux planches qui les séparent plus de 3 à 6 mètres de largeur, suivant que leur inclinaison est plus ou moins prononcée.
Cependant, l'eau qui paraît s'être ainsi dépouillée de ses propriétés fertilisantes les reprendra, si on la réunit dans une nouvelle rigole et qu'on l'y fasse quelque temps couler au contact de l'atmosphère.
Il en sera de même pour des eaux qui auraient croupi dans des mares ou des fossés, et qui, employées immédiatement à l'arrosage, n'auraient pu que faire périr les bonnes herbes et croître les mauvaises. Elles produiront l'effet inverse si l'on a soin, avant de les répandre sur le sol, de les faire couler quelque temps dans un lit garni de cailloux.
On augmentera infiniment l'action fertilisante de l'eau en la réunissant dans un réservoir et en y transportant les eaux de la ferme et les urines des étables, ou bien en y jetant quelques voitures de fumier. Qu'on y jette, au contraire,
[p. 87]
et qu'on y laisse séjourner des matières dont la putréfaction soit seulement commencée, et cette eau ne sera plus propre qu'à tuer la végétation, à moins qu'on ne prenne soin de l'aérer avant l'emploi.
Tous ces faits s'expliquent avec la plus grande facilité, si l'on admet que l'action de l'eau sur les plantes est due, au moins en grande partie, à l'oxigène de l'air qu'elle tient en dissolution. Cette opinion est celle du savant Liébig, et M. de Gasparin ne paraît pas s'en écarter : « Les paysans les plus grossiers, dit-il, savent que certaines eaux ne produisent aucun effet fécondant : ce sont généralement des eaux peu aérées et peu oxigénées qui s'emparent de l'oxigène du sol et des plantes. »
Ce n'est pas ici le lieu de rechercher comment peut s'exercer cette action de l'oxigène ; il nous suffit de savoir que, si elle existe, ce ne peut être qu'à condition que le sol et les plantes s'en empareront. Or, s'il en est ainsi et que l'eau coule lentement à la surface d'un pré, n'offrant au contact de l'air qu'une surface unie, rarement renouvelée, elle ne tardera pas, dans les couches inférieures, à être dépouillée du principe vivifiant ; elle cessera de pouvoir servir au développement des plantes qui ont besoin, pour végéter, du contact de l'air ; elle favorisera, au contraire, la croissance des joncs, qui poussent naturellement dans ses eaux non aérées. — Il faudra, dans ce cas, une grande quantité d'eau pour suppléer, en quelque sorte, par la capacité du réservoir d'oxigène, à la lenteur du renouvellement.
Si, au contraire, l'eau roule rapidement sur un terrain fortement incliné, chaque molécule, un instant en contact avec la plante ou le sol, sera, l'instant d'après, ramenée au contact de l'air, se chargera d'une nouvelle quantité d'oxigène,
[p. 88]
et pourra ainsi étendre presque indéfiniment son action bienfaisante.
Un effet analogue se produira, si l'on réunit dans une rigole et qu'on y fasse couler quelque temps de l'eau précédemment épuisée.
Enfin, on expliquera de la même manière l'action nulle ou nuisible des eaux croupies et désoxigénées par des matières en putréfaction ; l'action bienfaisante, au contraire, de ces mêmes eaux, lorsqu'elles ont roulé sur un lit de cailloux.
Cette manière d'envisager l'effet des arrosages conduit à partager, par la pensée, l'eau qu'on y emploie en deux parties : l'une qui doit être absorbée par le sol pour y retenir l'humidité nécessaire ; l'autre qui doit seulement, dans son passage à la surface, livrer aux plantes le gaz dont elle est chargée. La première de ces deux parties sera seule proportionnelle à la surface du sol, en supposant sa nature connue. L'autre, destinée à se perdre en colatures, variera suivant les dispositions qui auront été adoptées pour l'établissement des rigoles et la préparation du terrain irrigable. Il faut donc chercher à les apprécier séparément.
« Nous entendons par terre fraîche, dit M. de Gasparin, cette heureuse et rare combinaison de toutes les qualités du terrain, qui ne permet pas qu'à 0m 30c de profondeur, il ait jamais moins de 0,10 (de son poids) d'humidité, dans les plus grandes sécheresses de l'année, ni plus de 0,23 dans la saison des pluies. S'il existait une terre qui réunît complètement ces qualités, elle aurait une valeur plus grande que les terres arrosées, puisque sans frais, sans peine, elle posséderait les qualités que nous cherchons à leur donner par l'irrigation. »
[p. 89]
Cette définition d'une terre fraîche peut s'exprimer encore en d'autres termes. D'après les expériences de M. de Gasparin, sur onze espèces de terres différentes, le poids du mètre cube est de 1,560 kilos en moyenne. On peut, au moyen de cette donnée, substituer les volumes aux poids et définir une terre fraîche : celle qui contient toujours une quantité d'eau comprise entre 16 et 36 p. % de son volume. Cette nouvelle manière de s'exprimer offre cet avantage, qu'elle permet de voir aisément la cause qui a déterminé ces deux limites, et qu'elle offre ainsi une sorte de justification théorique des résultats donnés par la pratique.
En effet, si le mètre cube de terre, pesé dans son état naturel, n'a qu'un poids de 1,560 k., il devient beaucoup plus lourd lorsqu'on lui a fait préalablement subir une opération qui a pour but de tasser fortement la terre et d'en faire disparaître à peu près tous les vides. On trouve alors un poids moyen de 2,457 k. : la différence de ces chiffres représente évidemment le poids du cube de terre supplémentaire que l'on est parvenu, au moyen du tassement, à faire entrer dans le même volume. Or, cette différence, qui est de 897 k., forme de 36 à 37 p. % du poids total : donc, dans la première manière d'opérer, il se trouvait de 36 à 37 p. % du volume qui restait vide ou n'était occupé que par les pores de la terre. D'après cela, il faut dire qu'une terre fraîche ne doit jamais contenir plus de 36 p. % de son volume d'eau, c'est-à-dire qu'elle n'en doit pas recevoir plus qu'il ne peut s'en loger dans les intestins de ses particules ; et cette condition est d'une nécessité évidente, car il n'en pourrait entrer davantage sans que le terrain se gonflât, que les parties fussent séparées par l'eau
[p. 90]
sans qu'il perdît, par conséquent, toute cohésion et se transformât en boue liquide.
Quant à la limite inférieure de l'humidité, elle répond, à très-peu près, au cas où la moitié des pores de la terre se trouvent privés d'eau.
Il devient facile maintenant de connaître la quantité d'eau qui, à chaque arrosage, peut être utilement absorbée par le sol. — Si l'on doit, en effet, commencer à irriguer lorsque la terre ne contient plus, en moyenne, que 0,16 de son volume d'eau, et si l'on doit cesser lorsqu'elle en contient 36, la quantité d'eau à donner sera la différence : 20 p. % ou un cinquième du volume du terrain. Mais on sait que les plantes utiles des prairies n'enfoncent pas leurs racines à une profondeur de plus de 0m 12 dans le sol. Il serait donc inutile de chercher à faire pénétrer l'eau plus bas ; et, par suite, l'épaisseur de la couche d'eau à donner ne doit pas dépasser 1/5e (0m12) ; soit 0,024 ; ce qui, sur l'étendue d'un hectare, produit un volume de 240 mètres cubes.
Il est à remarquer que ce volume doit être considéré comme un maximum pris ; qu'il ne pourrait être absorbé par la couche active du sol que dans le cas où l'on aurait différé l'arrosage jusqu'au moment où les plantes auraient commencé à souffrir de la sécheresse, pour le prolonger ensuite jusqu'à ce qu'elles fussent sur le point de souffrir d'un excès d'eau. Or, ce sont là deux limites dont il sera toujours prudent de se tenir un peu écarté, en rendant les arrosages un peu plus fréquents et donnant chaque fois un peu moins d'eau.
Le résultat auquel nous venons de parvenir n'est qu'un résultat moyen, et l'on peut être assez naturellement porté à penser que la nature du sol, la grosseur de ses particules,
[p. 91]
doivent le faire varier dans des limites fort éloignées. — Sans doute, ces causes ne seront pas entièrement à négliger ; mais leur influence sera généralement bien moindre qu'on ne serait tenté de le supposer. Nous avons eu assez fréquemment occasion de mesurer, par des expériences directes, les vides et les pleins de différentes espèces de matériaux, et nous avons pu reconnaître que leur grosseur et leur forme même ne les faisait pas varier d'une manière très-sensible. Ainsi, du sable de la Loire nous a présenté 0,39 de vide : résultat qui s'écarte à peine de 1/15e de celui obtenu sur les terres. — Du sable de mine, beaucoup plus fin, mais d'un grain plus égal, a donné 0,41. Il faut aller jusqu'aux cailloux que l'on emploie sur les routes, et avoir soin de les bien purger de terre et de tous menus fragments, pour obtenir jusqu'à 0,46, c'est-à-dire un quart en sus des vides de la terre ordinaire.
Si la nature du sol paraît devoir n'exercer qu'une influence peu sensible sur la quantité d'eau à donner à chaque arrosage, elle en a un, au contraire, des plus marqués sur l'intervalle qui doit séparer deux arrosages successifs, et par conséquent sur le volume total d'eau qui devra être employée pendant toute la durée d'une saison.
M. de Gasparin nous donne les indications suivantes :
Pour un terrain contenant 0,20 de sable ou de particules pierreuses, il faut un arrosage tous les 15 jours.
Pour un terrain contenant 0,40 de sable ou de particules pierreuses, il faut un arrosage tous les 11 jours.
Pour un terrain contenant 0,60 de sable ou de particules pierreuses, il faut un arrosage tous les 6 jours.
Pour un terrain contenant 0,80 de sable ou de particules pierreuses, il faut un arrosage tous les 3 jours.
[p. 92]
On peut, à l'aide du calcul, tirer de ces chiffres plusieurs conséquences importantes.
Quelle que soit, en effet, la quantité d'eau retenue, après chaque arrosage, par la couche active du sol (celle où végètent les racines), il est toujours certain que la nécessité d'un nouvel arrosage se fera sentir quand l'humidité aura été réduite à une proportion déterminée. Or la perte a lieu de deux manières : par l'évaporation d'abord ; puis par l'infiltration dans les couches inférieures du sol. La perte par évaporation nous est encore donnée par M. de Gasparin. Elle peut être évaluée par hectare :
1° Pour le terrain contenant 0,20 de sable, en 15 jours, à 209 mètres cubes.
2° Pour le terrain contenant 0,40 de sable, en 11 jours, à 174 mètres cubes.
3° Pour le terrain contenant 0,60 de sable, en 6 jours, à 122 mètres cubes.
4° Pour le terrain contenant 0,80 de sable, en 3 jours, à 83 mètres cubes.
Si on connaissait la perte qui a lieu par infiltration dans chaque nature de terrain, en l'ajoutant aux chiffres ci-dessus, on devrait arriver à des quantités sensiblement égales. On ne possède pas, à la vérité, cette donnée ; mais on peut y suppléer en cherchant à lier les résultats connus par une loi mathématique, qui devra d'ailleurs exprimer :
1° Que les pertes par infiltration croissent avec le temps ; mais moins rapidement toutefois, puisque, à mesure que le terrain s'égoutte, il doit céder, chaque jour, des quantités d'eau de moins en moins fortes aux couches inférieures ;
2° Que ces pertes croissent avec la proportion de sable
[p. 93]
contenue dans le sol, et suivant une progression plus rapide, puisqu'en passant de 0m20 de sable à 0m40, le délai ne diminue que du quart environ, tandis qu'il diminue de moitié en passant de 0,60 à 0,80.
Nous ne pouvons rendre compte ici des calculs auxquels nous avons dû nous livrer pour rechercher une loi qui satisfît à ces conditions ; mais en voici les résultats :
| PROPORTION du sable. | PERTE PAR | TOTAL. | ÉCART DE LA MOYENNE. | DÉLAI entre les arrosages. | ||
| évaporation. | filtration. | en plus. | en moins. | |||
| mèt. cub. | mèt. cub. | mèt. cub. | mèt. cub. | mèt. cub. | jours. | |
| 0,20 | 209 » | 22 » | 230 » | » | 9 50 | 15 |
| 0,40 | 174 » | 74 » | 248 » | 7 50 | » | 11 |
| 0,60 | 122 » | 123 » | 245 » | 4 50 | » | 6 |
| 0,80 | 83 » | 155 » | 238 » | » | 2 50 | 3 |
La perte totale évaporée par la portion active du sol se trouve portée, par ces calculs, à 240m 50 par hectare. Nous retombons donc, aussi exactement que possible, sur le même chiffre, auquel des considérations tout-à-fait différentes nous avaient conduit pour exprimer le volume d'eau nécessaire à chaque arrosage ; et, de plus, on voit que les faits mêmes qui donnent la mesure de l'influence de la nature du sol sur l'intervalle des arrosages successifs, prouvent, en même temps, que cette influence est tout-à-fait insensible sur le volume d'eau nécessaire pour chacun d'eux.
La distinction que nous venons d'établir entre les pertes par évaporation et celles par infiltration permet de se rendre compte, sinon d'une manière tout-à-fait rigoureuse, du moins avec une certaine approximation, de l'influence que
[p. 94]
peut exercer un climat plus ou moins chaud. On voit, d'abord, que cette influence doit être presque nulle pour les terrains fortement sablonneux, auxquels l'évaporation n'enlève que moins du tiers de l'eau absorbée ; tandis qu'elle doit s'exercer d'une manière beaucoup plus prononcée sur les terrains argileux, dans lesquels cette même cause occasionne près des 9/10es de la perte totale. Du reste, à moins que l'on ne considère des contrées placées sous des latitudes fort différentes, la chaleur moyenne de l'été ne varie pas assez pour occasionner des différences bien appréciables dans les quantités d'eau nécessaires à l'irrigation. Elle est de 21° 8 à Paris, et ne s'élève que de 24° à 25° à Marseille. Une cause plus puissante serait la quantité de pluie qui, durant l'été, vient en aide aux arrosages. Dans le Midi de la France, la couche d'eau tombée dans les cinq mois les plus chauds, de mai à septembre, s'élève moyennement à une hauteur de 0m2835, et représente, par hectare, un volume de 2,835 mètres, équivalant à peu près à celui qui serait utilement absorbé en douze arrosages. Une terre qui doit être irriguée tous les quinze jours, c'est-à-dire dix fois en cinq mois, reçoit donc réellement vingt-deux fois le volume d'eau calculé. Dans le Nord de la France, la hauteur de pluie tombée dans le même intervalle représente, par hectare, un cube de 3,512 m., équivalant à peu près à celui qui serait absorbé en quinze arrosages. Pour que la terre reçoive autant d'eau que celle du Midi, il suffira donc de l'irriguer sept fois ; c'est-à-dire que l'intervalle de quinze jours, sous le premier de ces climats, pourra être porté à vingt ou vingt-un sous le second. On verra de même que l'intervalle de onze jours, au Sud, pourra être porté à treize ou quatorze au
[p. 95]
Nord ; celui de six à sept ; et que celui de trois ne variera pas sensiblement.
La quantité d'eau que nous trouvons pouvoir être utilement absorbée par la couche active du sol répond à une épaisseur si faible, qu'il n'est pas permis de négliger l'évaporation qui peut avoir lieu pendant la durée même de l'arrosage. L'évaluation la plus généralement admise est que l'on perd moyennement, par cette cause, une épaisseur d'eau de 0,004 par jour d'été. En sept jours d'une chaleur de 23° à 24°, M. de Gasparin a trouvé une couche totale de 0,084, donnant une moyenne de 0,012. La moyenne des expériences, pour les six mois d'avril à septembre, a donné 0,004 1/3 à Genève, et 0,008 2/3 sous le climat aride et venteux d'Orange. En prenant un chiffre intermédiaire entre ces deux résultats, on aura certainement une quantité supérieure à la réalité, même pour les jours les plus chauds, puisque l'irrigation ne durera sans doute pas vingt-quatre heures sans interruption, et qu'il est recommandé d'arroser surtout le soir et le matin, mais non au moment de la plus grande chaleur. Admettant toutefois le chiffre de 0,006 d'épaisseur, qui donne 60 m. par hectare, le volume total absorbé ou évaporé se trouve porté, en nombres ronds, à 300 mètres cubes par hectare.
D'après les expériences faites sur trente-une espèces de terres différentes, la proportion de sable ou de parties pierreuses, qui détermine l'intervalle à mettre entre les arrosages, serait moyennement de 0,30 ; ce qui supposerait un arrosage à peu près tous les treize jours dans le Midi, et tous les seize jours dans le Nord. Nous supposerons que l'on adopte la rotation de quatorze jours, qui a l'avantage de ramener l'irrigation à des jours fixes de
[p. 96]
la semaine. — 300 mètres cubes, donnés à un hectare de terre tous les quatorze jours, représenteront un écoulement constant de 01248 : soit 1/4 de litre par seconde.
L'auteur auquel nous avons emprunté les bases de ces calculs donne un résultat bien différent, puisqu'il n'évalue pas à moins de 800m à 1,000 m. cubes le volume d'eau nécessaire, par hectare, à chaque arrosage. Mais il ne faut pas oublier que nous n'avons cherché jusqu'ici à évaluer que le volume d'eau réellement absorbé par le sol. Il nous reste à rechercher celui qui est nécessaire pour fournir l'oxigène aux plantes, et imprimer à l'écoulement la vitesse sans laquelle l'irrigation serait peut-être plus nuisible qu'utile.
D'après la pratique des irrigateurs de Siegen, la moindre quantité d'eau avec laquelle on puisse arroser, doit couler sur le sol en couche de 0m 003 d'épaisseur, avec une vitesse de 0m005 par seconde. Ce résultat sera obtenu sur un terrain en pente de 0m03 par mètre. Si la pente est moindre, la couche devra être plus épaisse ; elle pourra être moindre sur une inclinaison plus forte, et, pour établir des calculs tout-à-fait rigoureux, il faudrait que des expériences eussent été faites dans le but de déterminer la loi suivant laquelle varie la vitesse d'écoulement de l'eau sur un sol gazonné, en raison de son épaisseur et de la pente. Ces expériences nous manquent ; mais nous nous écarterons sans doute peu de la vérité en admettant que l'on fasse varier l'épaisseur de l'eau, dans chaque cas, de telle sorte que le volume écoulé, dans chaque seconde, demeure constant. Si l'on se rappelle ce que nous avons dit au sujet de la révification de l'eau par son contact avec l'atmosphère, d'autant plus fréquent que la vitesse est plus grande, il y a seulement lieu de penser que cette hypothèse
[p. 97]
donnera des volumes un peu trop forts pour les grandes pentes, et trop faibles pour les petites.
Or, une couche d'eau de 0,003 d'épaisseur, coulant avec 0,005 de vitesse, produit, par seconde et par mètre de longueur, 01015. Si l'on suppose que l'arrosage dure six heures de suite, ce sera, par mètre courant, 324 litres.
Puisque cette quantité est un minimum, il faut admettre que l'on commencera par donner un volume d'eau plus considérable, et que quand, par l'effet de l'imbibition, ce volume sera réduit à ne plus dépasser cette limite, l'irrigation cessera ; l'eau, désormais insuffisante, devant être rendue à la rivière, ou réunie à d'autres produits de colatures dans un nouveau réservoir.
Si l'on opère sur un terrain fortement incliné et que l'eau soit amenée à une assez grande hauteur, on conçoit que les restes d'arrosages partiels, ainsi réunis, pourront être employés de nouveau sur les parties inférieures du terrain. Il serait même facile de limiter la surface arrosable par une courbe tracée de telle sorte, que la largeur diminuât à mesure que l'eau serait absorbée, et que l'épaisseur ainsi que la vitesse d'écoulement ne changeassent point. On arriverait ainsi à faire en sorte que l'eau fût absorbée en totalité, et le cube de 300m par hectare serait alors largement suffisant pour chaque arrosage.
Supposons, au contraire, qu'il s'agisse d'une prairie horizontale, disposée en ados ou planches de 4 mètres de largeur : l'eau, dans ce cas, ne pourra servir qu'une seule fois. Après qu'elle aura passé sur une de ces planches, on sera forcé de la rendre à la rivière. Or, il faudra 2,500m de longueur de planches pour former la surface d'un hectare, et nous avons vu que, dans une irrigation de six heures de
[p. 98]
durée, il se perdrait, par mètre courant, 324 litres d'eau, devenue insuffisante. Le volume total des colatures s'élèvera donc alors à 810 mètres cubes, et l'arrosage d'un hectare exigera plus de 1,100 mètres cubes pour moins de 300 qui seront réellement absorbés.
Dans les contrées où l'irrigation a été le plus anciennement pratiquée, on sait que l'unité ou module était désignée sous le nom de roue ou meule d'eau, et l'on entendait, par cette expression, la quantité d'eau nécessaire pour mettre en mouvement une meule de moulin. Mais cette quantité varie précisément en raison inverse de la chute, de sorte que l'unité adoptée pour les irrigations ne désignait pas un volume déterminé d'eau, mais le produit du volume par la hauteur dont on pouvait le faire descendre. Le choix d'un module, en apparence aussi bizarre, n'indiquerait-il pas que, dès cette époque, on avait reconnu l'influence de la pente du sol sur la consommation d'eau, et que l'on savait que, dans la plupart des cas, surtout pour les arrosages de prairies basses, le volume perdu en colatures, par défaut d'une pente suffisante, excède tellement celui réellement absorbé par le sol, que l'on pourrait presque ne tenir compte que du premier, dans des évaluations approximatives ?
Des conséquences importantes pour la pratique résultent de la distinction que nous croyons nécessaire d'établir entre la quantité d'eau absorbée et celle qu'on peut appeler de passage. Et, d'abord, l'on voit que si l'on considère deux terrains de même nature et ayant même inclinaison, il ne suffira pas encore de connaître la quantité d'eau qui aura été nécessaire à l'un d'eux, pour en conclure ce qu'il faudra donner à l'autre. Il faudra encore tenir
[p. 99]
compte de leur forme ; car un terrain long et étroit perdra bien moins d'eau qu'un terrain large et court, son bord inférieur pouvant être considéré comme une sorte de déversoir sur lequel doit passer une couche d'eau déterminée, et qui en dépensera un volume proportionnel à sa largeur.
En second lieu, la quantité d'eau perdue sera proportionnelle à la durée de l'arrosage ; d'où la nécessité d'interrompre l'écoulement dès que le terrain est imbibé à une profondeur suffisante. Il serait fort à désirer que des expériences fussent faites dans le but de déterminer la loi que suit la marche de l'imbibition à diverses profondeurs et dans des sols de nature différente. Ces données manquent. Heureusement, ce sont celles auxquelles il sera toujours le plus facile de suppléer dans la pratique. Il suffit que l'attention soit appelée sur la nécessité de ne pas laisser perdre dans le sous-sol l'eau qui aurait pu être utilisée à la surface.
Ce n'est pas que l'on puisse affirmer que l'eau qui pénétrerait au-delà de la couche active du terrain serait entièrement inutile. En humectant les parties inférieures, elle diminuerait sans doute les filtrations et retarderait le desséchement de la surface ; mais il ne faudrait pas estimer cet avantage au-delà de sa juste valeur. Les expériences faites sur le desséchement graduel d'une masse de terre saturée d'eau prouvent que l'évaporation, d'abord assez rapide, ne tarde pas à se réduire à une quantité très-faible, et qui demeure sensiblement constante pour chaque jour. On doit conclure de là que l'évaporation se fait couche par couche. Or, dans un terrain régulièrement arrosé, les couches superficielles devant toujours être loin d'un asséchement complet,
[p. 100]
il s'ensuit que le sous-sol n'éprouve jamais d'évaporation, et, puisqu'il reçoit sans cesse des infiltrations, il doit toujours finir par arriver à saturation, sans qu'il soit besoin de rien faire pour lui donner directement de l'eau. Une fois qu'il sera parvenu à cet état, l'eau en excès devra s'échapper, soit en continuant de s'enfoncer dans la profondeur de la terre, si on la suppose indéfiniment perméable ; soit par un écoulement latéral, si elle rencontre une couche qu'elle ne puisse traverser. En donnant plus d'eau qu'il n'en faut à la surface du sol, on ne fera guère qu'avancer cet écoulement et le rendre plus abondant. S'il en résulte que l'intervalle de deux arrosages consécutifs soit un peu augmenté, ce ne sera toujours que d'une quantité très-faible, et moyennant une dépense d'eau bien supérieure à celle qu'il aurait fallu faire pour rendre l'irrigation plus fréquente et maintenir le sol dans un état d'humidité plus constant.
On doit conclure de ce que nous venons de dire que la nature du sous-sol ne paraît pas devoir exercer d'influence bien marquée sur des irrigations bien dirigées et n'employant que la quantité d'eau strictement nécessaire ; mais il en sera tout autrement, si l'on arrose trop abondamment. Alors, en effet, un sous-sol perméable laissera facilement échapper l'excès d'humidité. On perdra, il est vrai, une partie de l'eau ; mais si les bienfaits de l'irrigation sont restreints à une étendue moindre, du moins ne seront-ils pas perdus. Supposons, au contraire, qu'une couche imperméable se trouve à peu de profondeur au-dessous de la surface : dans ce cas, la quantité d'eau retenue au-dessus allant toujours en augmentant, les racines des plantes finiront par se trouver plongées dans une sorte de bain où elles
[p. 101]
ne pourront que dépérir, et ce sera par des opérations de desséchement qu'il faudra remédier à l'abus de l'irrigation.
Nous venons d'essayer de répondre aux questions posées par le Congrès. Nous sommes bien loin de nous flatter de l'avoir fait d'une manière complète. L'irrigation se lie à tout ce que la science hydraulique a de plus délicat, et cependant elle n'a guère été jusqu'ici qu'un art tout pratique. Aussi les données sont-elles bien rares, et, dans le petit nombre d'observations qui ont été recueillies, a-t-on presque toujours à regretter l'absence des documents qui seraient nécessaires pour mettre en relief l'action des circonstances diverses qui peuvent influer le plus puissamment sur la consommation d'eau. Nous croirons n'avoir pas été inutile, si nous avons pu appeler l'attention sur quelques-uns des faits qu'il importerait d'observer, sur les expériences qu'il faudrait faire, afin d'éclairer complètement une question d'une aussi immense importance pour l'agriculture.
M. de Caumont a la parole sur l'exposition de la question relative au croisement des races bovines anglaises avec nos races.
M. de Caumont dit que, sur les croisements tentés, les avis sont encore partagés, et qu'il y a lieu à un examen sérieux de la question.
M. Durand, de Caen, prend la parole, et s'exprime ainsi :
MESSIEURS,
Quels services peut nous rendre la race Durham ?
Pour répondre à cette question, je vous demande d'abord la permission d'exposer quelques principes, dont on ne devrait jamais s'écarter dans l'économie du bétail.
Produire de la viande de bonne qualité et du lait, au meilleur marché, tel est le but qu'on doit toujours se proposer.
Mais, pour l'atteindre, il ne faut faire consommer aux bestiaux que des fourrages ; ces fourrages, il faut en faire produire à une étendue donnée de terrain le plus possible, et les faire dépenser de manière à réaliser, à notre profit,
[p. 103]
le maximum de substances alimentaires ; tout cela avec le moins de dépense.
La race bovine constitue deux sortes d'appareils, puisqu'elle donne du lait et de la viande. Lequel des deux retire de la même quantité de fourrages le plus de principes utiles ?
Si vous voulez le savoir, mettez dans un herbage, au mois de mai, une vache à lait qui a vêlé, il y a peu de temps, et un boeuf maigre adulte du même poids. En mesurant le lait, vous trouverez, dans les premiers mois de l'expérience, 20 litres de lait, en moyenne, chaque jour. En pesant le boeuf, vous remarquerez qu'il n'augmente, dans le même temps, en moyenne, que d'un kilog. Les 20 litres de lait renferment 900 gr. de caséïne, qui est la chair du lait, 700 gr. de beurre et 100 gr., environ, de sucre de lait, en y comprenant les sels solubles. Le kilog. d'augmentation qu'a pris le boeuf, ne représente que 350 gr. de matière grasse et 150 de substance azotée.
Quelle différence entre le rendement de l'un et de l'autre ! Cependant, c'est dans les trois premiers mois de la période d'engraissement que le boeuf a le plus d'avantage à être comparé à la vache laitière, quoique celle-ci ne continue pas à donner la même quantité de lait pendant les mois suivants.
Comment expliquer que la vache donne un produit si considérable, comparativement au boeuf ?
Dans cette circonstance, la vache consomme le double des aliments qu'absorbe le boeuf. Ainsi, dans le commencement de la période dite d'engraissement, si le boeuf, à l'herbage, donne moins que la vache, c'est qu'il mange moins. Deux boeufs, comme le précédent, ne consomment donc que ce que dépense une vache laitière qui fournit 20 litres de lait.
[p. 104]
Dans le premier cas, nous avons deux rations d'entretien, tandis que dans le second nous n'en avons qu'une.
Voilà ce qui explique la différence dans les résultats obtenus.
En approchant d'un engraissement plus parfait, le boeuf mange moins, et, s'il reste à l'herbage, il ne mange guère que la quantité d'aliments nécessaire à sa ration d'entretien : aussi fixe-t-il dans ses tissus moins de substance grasse que quand il augmentait d'un kilogramme par jour ; aussi encore est-il difficile de l'engraisser à un degré très-prononcé à l'herbage.
Le boeuf à l'engrais, nourri à l'étable de manière à lui faire prendre le plus de graisse dans le moins de temps, consomme autant d'aliments que la vache laitière qui donne 20 litres de lait, et il tire un mauvais parti de ses aliments.
La vache, envisagée à ce point de vue, mérite encore la préférence.
Mais si on la considère sous le rapport des services qu'elle peut rendre à la classe pauvre, elle est toujours digne d'attirer notre attention.
Une famille n'a pas assez de fourrages ou n'en a pas d'assez bons pour engraisser un boeuf, une vache à lait peut consommer ces fourrages ; la femme et les enfants peuvent trouver la plus grande partie de la nourriture de la vache dans les champs, en sarclant les céréales.
Une bonne vache est, pour cette famille, une véritable fortune. Cet animal paie tous les jours les aliments et les soins qu'on lui donne ; le lait est d'ailleurs un aliment précieux, puisqu'avec des pommes de terre et du pain, il constitue une bonne nourriture.
D'après cela, il est impossible de méconnaître toute
[p. 105]
l'importance sociale de la vache laitière, envisagée comme un moyen propre à retirer de nos fourrages les substances dont nous avons besoin.
Aussi tout ce qui contribuera à améliorer les races bovines laitières me paraît mériter, au plus haut degré, l'attention du Gouvernement et des hommes qui pensent.
Cherchons donc quelle est la race bovine la meilleure laitière ?
La meilleure race laitière n'est pas celle qui a le plus de prédisposition à l'engraissement. Il y a, en effet, alternance entre la sécrétion de la graisse et la formation du lait. De deux choses l'une : ou une vache s'engraisse et alors son lait diminue, disparaît même ; ou elle donne une grande quantité de lait, et elle n'engraisse pas.
En admettant qu'une vache qui commence à fournir du lait à l'âge de 3 ans, en donne même beaucoup jusqu'à l'âge de 4 à 6, elle ne devra pas moins être considérée comme mauvaise laitière, si elle s'engraisse à cet âge, comparativement à une autre qu'on peut conserver comme bonne laitière jusqu'à l'âge de 10 à 12 ans.
Lorsqu'on possède une bonne vache à lait, on a intérêt, dans la plupart des cas, à la garder le plus longtemps possible. Il arrive, en effet, que les génisses, qu'on élève dans l'espoir d'avoir de bonnes laitières, ne répondent pas toujours à ce qu'on attend d'elles ; quelques-unes ne fournissent pas assez de lait, et il faut les engraisser. Le nombre de vaches laitières qu'on voulait avoir n'est plus complet, et cela cause un grand préjudice.
Il y a donc avantage à renouveler l'appareil à lait le moins souvent possible, quand cet appareil est excellent. Or, si une vache peut donner du lait depuis l'âge de 3 ans
[p. 106]
jusqu'à 12, on ne sera obligé de la renouveler qu'au bout de 9 ans, tandis qu'on serait forcé de la renouveler de 3 ans en 3 ans, si on ne pouvait la conserver laitière que depuis 3 ans jusqu'à 6. Ce serait donc trois fois autant d'élèves qu'il faudrait faire dans le même temps.
On m'objectera peut-être que si on ne conserve que jusqu'à l'âge de 6 ans les vaches laitières qui appartiennent à une race très-disposée à s'engraisser, c'est qu'on les nourrit trop bien, et qu'en diminuant la nourriture on pourrait les garder plus longtemps comme vaches à lait.
Je comprends l'objection. Mais le remède serait pire que le mal. En donnant peu de nourriture à une vache, elle ne s'engraissera pas sans doute, mais elle donnera moins de lait ; et comme la quantité de matière nécessaire à l'entretien de sa vie est la même, qu'elle donne peu ou beaucoup de produits, il arrivera que le lait provenant d'une vache qu'on ne nourrirait pas suffisamment reviendrait à un prix plus élevé.
La race bovine est une machine dont la dépense journalière, ou ration d'entretien, influe d'autant moins sur le prix de revient des produits qu'elle donne, que ces produits sont préparés, dans un temps donné, en plus grande quantité, admettant que les aliments consommés ont été parfaitement digérés.
Je viens de dire qu'une race qui a une prédisposition à l'engraissement pourrait donner autant de lait, pendant qu'elle reste laitière, qu'une race chez laquelle cette prédisposition ne se laisse pas remarquer. Cependant il y aura assurément plus de mauvaises vaches laitières dans la première race que dans la seconde, les circonstances étant d'ailleurs les mêmes.
[p. 107]
La bonne vache laitière est féconde ; celle qui est prédisposée à s'engraisser est souvent stérile.
Ainsi la meilleure vache laitière est celle qui donne le plus de lait, non-seulement chaque année, mais le plus grand nombre d'années ; ce qui ne peut avoir lieu qu'autant que la race n'a point de prédisposition exagérée à l'engraissement et qu'elle est féconde.
Mais il ne s'agit pas seulement d'avoir du lait, il faut produire de la viande.
La race bonne laitière est-elle la plus propre à produire de la viande à bon marché et de la meilleure qualité ?
Généralement on dit non, parce que la prédisposition à l'engraissement chez cette race n'est pas assez prononcée.
Avant de donner notre réponse, déterminons les conditions qu'une race doit présenter pour être un bon appareil à viande.
N'est-ce pas la race, les circonstances étant égales, qui retire de la même quantité de fourrages le plus de ces principes qui font notre sang et notre chair ? En effet, ces principes ne sont préparés qu'en petite proportion dans les plantes ; et quand nous voulons que celles-ci en préparent davantage, nous ne le pouvons qu'à l'aide de grands frais.
Des principes qui constituent la viande, il en est deux qui sont de beaucoup les plus importants : ce sont la fibrine et l'albumine. Ceux qui se changent en gélatine par l'action de l'eau bouillante, et la graisse, sont des matières bien moins nécessaires à la nutrition de l'homme.
La viande sera d'autant plus nutritive qu'elle contiendra proportionnellement plus de fibrine et d'albumine, et moins de graisse et de tissus qui se changent en gélatine,
[p. 108]
admettant, bien entendu, que cette viande sera tendre et proviendra d'un animal sain.
On ne doit donner le titre d'aliments essentiels qu'aux principes qui sont susceptibles de se transformer en sang. Or, les tissus gélatineux, la gélatine des os et des membranes, sont impropres à faire du sang, parce que leur composition diffère de la fibrine et de l'albumine, et que l'organisation animale n'a pas la faculté de ramener la gélatine à l'état de fibrine ou d'albumine.
La graisse, comme la gélatine, n'est pas un aliment de premier ordre ; c'est une matière que l'on brûle directement dans l'acte de la respiration, ou que l'on met en réserve pour les besoins ultérieurs de la vie.
La race qui a la plus grande prédisposition à l'engraissement, est celle chez laquelle il y a la plus grande prédominance de tissus cellulaires.
En n'envisageant la question que sous ce point de vue, ce n'est donc pas à la race très-disposée à l'engraissement qu'on donnerait la préférence.
Aux races bonnes laitières on ne reproche pas seulement d'être difficiles à s'engraisser, on les accuse de ne pouvoir s'engraisser de bonne heure, et, par suite, on dit qu'on ne peut pas faire autant de viande, et de la viande à aussi bon marché, qu'avec des races qui ont une grande précocité et une disposition prononcée à l'engraissement.
Examinons encore la question sous ce rapport.
Je ne vais ici considérer les boeufs que comme une machine à viande, et non comme une machine à produire de la force, c'est-à-dire que je ne vais pas me préoccuper du travail de ces animaux.
A quelle période de sa vie le boeuf doit-il être livré à la boucherie ?
[p. 109]
Est-ce dans sa première jeunesse ?
Non, certainement.
Des principes essentiels qu'il trouve dans les fourrages pris en plus de sa ration d'entretien, il ne nous rend qu'une faible proportion à l'état de fibrine et d'albumine.
C'est, en effet, à cet âge surtout qu'il fait des tissus cellulaires : or faire des tissus cellulaires, c'est changer les principes du sang en une matière qui n'est plus propre à en faire ; c'est encore à cet âge que ses os, ses organes internes et ce que l'on désigne sous le nom d'abats, toutes parties que l'homme n'utilise pas pour son alimentation, se développent.
La viande d'animaux trop jeunes ne fait pas d'ailleurs de bon bouillon, et elle est moins nutritive que celle des animaux de la même race plus âgés. Nous en connaissons la raison.
Puisque c'est dans sa jeunesse qu'il fait le plus de tissus cellulaires, et qu'à mesure qu'il avance en âge il fait proportionnellement plus de muscles, l'animal qui aurait acquis son maximum de développement à 4 ans, fait bien plus de tissus gélatineux depuis sa naissance jusqu'à 1