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Excursion dans le nord du Passais normand, par un membre de la Société des antiquaires de Normandie / par Julien Travers (1802-1888)
EXCURSION DANS LE NORD DU PASSAIS NORMAND [1]
I.
TOUTE une semaine de vacances ! Respirer huit jours d'une façon toute nationale, sans les Grecs et les Romains, odieux despotes qui nous tyrannisent encore du fond de leurs tombes ! Nous ne craignons pas de rencontrer leurs ombres par le chemin que nous avons pris !... Six lieues de faites, et nous voilà dans Briouze.
Briouze est un petit bourg, assez mal bâti, qui s'incline au bord d'un marais. Ce marais produit des brouillards qu'on a long-temps chassés avec du gros cidre : on a recours maintenant au café et à l'eau-de-vie. Nulle part on ne rencontre des consommateurs aussi intrépides. L'alcool et le moka au litre, voilà le principal commerce de Briouze, qui se met difficilement à fabriquer les coutils de Flers. Le marché du lundi est considérable, ainsi que quelques foires, où se vendent beaucoup de grains et de bestiaux.
L'église et l'école sont à un quart de lieue de là : c'est un malheur. Il s'en suit que la maison de la prière a peu d'effet moral, que l'instituteur a toujours nombre d'absens, et que le réseau d'auberges et de cabarets, qui forme les trois quarts du bourg, enlace tous les paysans qui viennent au chef-lieu du canton. Au lieu d'appeler la raison en aide dans les marchés qu'ils font entre eux, il semble qu'ils prennent à tâche de l'exclure pour introduire la passion. Ils trinquent et boivent, ils discutent à tue-tête, et se frappent dans les mains ; et, quand ils sont las de boire et de crier, leurs conventions s'achèvent.
En entrant dans le bourg de Briouze, j'avais été frappé du coup-d'oeil qu'y présentent les maisons : presque toutes ont
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un lait de chaux bien blanc sur toute la façade, avec des bandes noires horizontales et perpendiculaires se coupant à angle droit, ce qui leur donne l'aspect de grands draps mortuaires, et prouve une fois de plus qu'il ne faut disputer ni des goûts ni des couleurs.
A l'exception de la route départementale d'Argentan à Flers, on ne sort de Briouze, pour aller dans le Passais, que par des routes détestables. Là se trouvent, pendant des lieues entières, ce qu'on appelle dans le pays des pots, trous profonds de six à dix-huit pouces, et dans lesquels il faut que le cheval mette successivement ses quatre pieds : grande fatigue pour la bête, grand ennui pour le cavalier. Mais on y est habitué de longue main, et les propriétaires, au lieu de réparer les chemins ruraux, ouvrent bénévolement aux piétons de commodes sentiers le long de leurs terres : il n'y a péril que pour l'aristocratie qui se fait porter.
Or, je m'étais fait aristocrate pour quatre ou cinq jours, et j'avais donné dans le luxe du locatis. Juste au milieu de la plus belle ornière, ma Rossinante s'arrêta : nous étions tellement encaissés, qu'il était impossible de retourner en arrière. — En avant donc ! houp ! houp ! — Elle n'entendait pas, elle n'avançait pas ; j'aperçus l'objet de sa préoccupation : une pauvre haridelle avait succombé à quinze pas plus loin. On ne voyait ni ses pieds ni sa tête ; mais un côté de son ventre faisait le dôme, et cet îlot de cuir pelé semblait à mon pauvre locatis un écueil effrayant dans une mer de boue. La cravache et l'éperon le décidèrent à passer, et deux heures après nous entrions dans de grands bois que je résolus de traverser, sans trop savoir où j'aboutirais.
La nuit tombait quand j'acquis la certitude que je n'étais pas en terre déserte. Un bûcheron sortait de la forêt de Hert, où j'avais gravi une des côtes les plus ardues. Grâce à ce brave homme, j'eus un abri et de quoi ne pas mourir de faim, dans une petite ferme du voisinage.
On eut du respect pour ma fatigue, et l'on me laissa coucher sur une paillasse où je dormis tout habillé. Le lendemain matin, on était sur les épines à mon occasion. Qui étais-je ? Serais-je venu pour étudier des projets de routes ? Aux questions qu'on me fit avec inquiétude, je répondis en affirmant que je n'appartenais en rien à l'administration des chemins vicinaux. J'en exprimai mon regret, en assurant aux curieux, que si j'étais dans la partie, je solliciterais des routes nouvelles à travers la contrée. Mon bon vouloir fut pris en mauvaise part, il me perdit près de mes hôtes. Leur bête noire, à eux, c'est l'agent-voyer ; les chemins futurs sont leur cauchemar.
Ce jour-là même et le lendemain, j'eus l'occasion de rencontrer bien des habitans de ces campagnes : je m'entretins
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avec beaucoup d'entre eux, et je fus ébahi de la majorité prononcée contre les voies vicinales de grande communication. Pour dix hommes désireux du progrès, j'en avais rencontré cent qui lui étaient tout-à-fait antipathiques. Le surlendemain, pendant la dînée de mon cheval, j'écrivis au crayon l'article suivant :
L'AGENT-VOYER.
Qu'est-ce que l'agent-voyer ? Aucuns s'imaginent que c'est une des roues nécessaires du char de la civilisation embourbée ; que cet utile fonctionnaire le fera infailliblement avancer, en remplissant le creux des ornières, en lui frayant des routes à travers les populations. Trouer un pays avec intelligence, leur paraît le plus sûr moyen de favoriser les développemens de l'agriculture, de donner des débouchés aux industries locales, de dissiper les préjugés funestes, les préventions déraisonnables, d'amener à l'unité des pensées et des sentimens les exploitateurs d'un même territoire, les citoyens d'une même patrie. Pour eux, l'agent-voyer est une des créations les plus fécondes de ces derniers temps. Le nombre des maréchaux de France peut sans inconvénient être réduit à six en temps de paix ; il serait nul en temps de guerre, que nous ne manquerions pas de généraux pour nous mener à la victoire : mais pas de suppressions parmi les agens-voyers ; prenez plutôt notre argent pour augmenter les soldats de cette indispensable milice ; accroissez leur traitement, s'il le faut, pour activer leur zèle. Multiplier les agens-voyers, c'est prouver qu'on a souci du peuple. La présence de tels hommes dans nos communes, doit être saluée comme un présage de prospérité pour l'avenir ; leurs opérations doivent être secondées indistinctement par tous : par les propriétaires, à qui, certes, ils feront gagner beaucoup ; par les prolétaires, à qui, certes, ils feront gagner quelque chose. Donc l'homme de progrès reconnaît l'agent-voyer pour frère-servant dans le grand oeuvre de la civilisation : l'agent-voyer est un révolutionnaire pacifique.
Quittons notre doux Falaise, et, sans nous approcher beaucoup des pôles ou de l'équateur, franchissons de quelques pas les limites du Calvados. Nous voici dans l'Orne, et, grâce à Dieu, dans l'arrondissement de Domfront. Magnifique pays, aux montagnes élevées, aux paysages ravissans ! curieux surtout par l'espèce d'hommes qu'il renferme ! De même qu'il a conservé de vastes lambeaux de forêt, de larges spécimens de la Gaule antique, il a sous la blouse ou le sayon des Celtes force descendans directs de nos aïeux sauvages. Applaudissons-nous que la boussole, l'imprimerie, la poudre à canon soient inventées ; jamais elles n'eussent été découvertes dans les campagnes voisines de la partie du compère Matthieu. La religion chrétienne n'a pas dû facilement s'y établir, car ce fut jadis
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une nouveauté ; et, si nous trouvons dans cet arrondissement un grand nombre d'idées libérales, c'est un reste des idées primitives : la liberté a précédé l'absolutisme.
Quand les Gaulois eurent appris à atteler boeufs et chevaux, ils firent des chemins que les siècles ont creusés. Les amateurs de voies romaines, qui voudraient joindre à leur collection des voies celtiques, sont invités à recueillir les chemins du canton de Messey. Nous leur signalerons particulièrement les crevasses d'une commune qui doit vivre dans la postérité pour son opiniâtre persévérance à conserver le statu quo depuis l'arrivée des premières hordes germaniques : c'est la commune de La Selle. Demandez aux Gaulois de ce pays-là, qui se trouve enclavé dans la France moderne, à soixante et quelques lieues, pas davantage, de Paris et de ses monumens, de Versailles et de ses galeries, demandez-leur ce que c'est que l'agent-voyer ?
L'agent-voyer ! c'est le dernier fléau que pût déchaîner contre eux le courroux céleste. Les impôts sont lourds ; mais, bon an mal an, on les paie sans trop de peine ; ils allègent la bourse, ils n'écornent pas un champ. L'agent-voyer, sans respect pour la possession séculaire, pour la pieuse transmission des héritages, vient planter ses jalons comme des étendards victorieux sur un sol qu'une loi odieuse lui permet de conquérir. Il est sourd aux réclamations, il n'a pas d'yeux pour l'argent qu'on lui offre, il ne voit que des courbes à éviter, et prétend que la ligne droite est toujours la plus courte. — Toujours ? il n'y a rien d'absolu, et nous ne tenons pas, nous, à un quart de lieue. Des indemnités ? ce n'est pas cela que nous demandons, mais bien qu'on laisse à nos champs la forme que nous leur avons toujours vue. Il y a barbarie à vouloir abattre cet épais fossé dont les vieux chênes protègent le chemin contre le soleil ; et cette chaumière, où vivaient en si bonne intelligence le chien, les poules, le porc et la bonne femme, cette chaumière est dans l'alignement !... Ah ! quand vous la paieriez le triple de sa valeur, que serait-ce près du prix d'affection ? où retrouver le gîte d'une telle famille en un si petit espace ? on n'en fait plus comme ça !
Oui, l'agent-voyer est pour les braves routiniers de la commune de La Selle et de quelques communes digues d'un tel voisinage, ce que seraient pour de vrais patriotes la permanence des Cosaques vainqueurs sur la terre de France. L'avenir n'est rien pour ces paysans brutaux ; ils ne sont sensibles qu'au dérangement qu'on va causer à leurs habitudes, et quelles habitudes ! L'agent-voyer leur semble un être inqualifiable : ce qu'il y a de certain, c'est qu'il n'a d'humain que la figure ; son coeur est de fer, il n'a pas d'entrailles, et, sans doute, il est un signe que nous approchons de la fin du monde. Aux temps héroïques de Tentates, on l'eût immolé sur une des pierres druïdiques que l'on voit encore dans le canton. Aujourd'hui, grâce aux
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prescriptions du Christianisme et à la peur salutaire du bourreau, on se contente de le menacer. Il courait bien quelques bruits, la semaine dernière, que l'agent-voyer qui étudie le chemin vicinal de grande communication entre Flers et la Ferté-Macé, avait été assommé par des mécontens ; mais nous pouvons affirmer que M. Coypel se porte bien, et que les injures dont il est parfois assailli, ne l'empêchent pas de continuer avec zèle ses opérations.
Nous reviendrons sur le sujet de cet article, qui peut servir plus tard à constater l'état moral d'un canton normand en avril 1838.
Comme je venais de griffonner ces pages, une armoire ouverte par la maîtresse de la maison fit briller à mon oeil de bibliomane la tranche dorée d'un bel in-4.° — Madame, seriez-vous assez bonne pour me dire quel est ce volume ? — Des chansons, monsieur, et qui ne sont pas jeunes. — Auriez-vous la complaisance de me les montrer ? — Les voilà.
C'était un manuscrit sur vélin, enrichi d'arabesques, et de la plus belle conservation. J'en parcourus les pages ; je reconnus des chansons normandes du XVI.e siècle, entièrement inédites. Par quelle vicissitude ce trésor se trouvait-il enterré dans le Passais ? Les questions que je fis à ce sujet m'apprirent que ce précieux volume est venu du château des Tourailles. En 1835 ou 1836, le châtelain, sa femme et son fils sont morts en moins d'un an. Une vente générale a eu lieu, et la bibliothèque a été donnée au poids du papier. Le manuscrit des chansons normandes fut acheté au milieu d'une liasse de parchemins, regardés comme sans valeur, parce qu'ils étaient écrits en latin. D'après les renseignemens que j'obtins, des sceaux, garnis encore de leur enveloppe, avaient été arrachés par l'acquéreur, qui les avait donnés à ses enfans pour qu'ils s'en amusassent. A n'en pas douter, c'étaient des pièces historiques, et j'eus la douleur d'apprendre que tous ces parchemins, vendus à Domfront, avaient servi à relier des Heures de Séez. Quant au manuscrit des chansons normandes, le propriétaire en était amoureux-fou, à cause des petits cerfs peints dans les marges, et tout semblables à ceux qu'il avait vus courir à travers la forêt d'Andaine. Cinquante francs ne le déterminèrent point à s'en dessaisir ; mais j'eus la permission d'en copier ce que je voudrais. J'y passai mon après-midi et toute ma soirée, à la grande surprise de mes hôtes qui n'avaient pu lire un seul couplet en son entier.
Ces chansons ont peu de valeur. On y rencontre cependant des traits heureux, des images assez gracieuses au milieu d'une foule de vers d'une simplicité trop nue. Je récoltai près de quarante pièces, sur plus de cent que renferme le manuscrit. Les publierai-je quelque jour ? C'est probable. En voici provisoirement des échantillons.
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Bien que le copiste ait souvent écrit différemment les mêmes mots, j'ai suivi scrupuleusement l'orthographe du manuscrit.
1.
(Cette première pièce est imprimée en partie dans le Recueil de M. Louis Du Bois, parmi les 34 chansons normandes inédites qu'il a données, en 1821, à la suite de son Basselin ; mais il n'en a connu que deux couplets, et l'avant-dernier vers du 3.e est estropié dans son édition.)
Royne des flours, que je desire tant, Quant je vous voy, mon cueur volle de joye. Las ! dictez moy se vostre amour est moye ; Dictez le moy, gentil corps advenant !
Delicieux, gentil fleur de gayté, La plus belle qui onques fust en vye, Vous en avez mon cueur o vous porté ; Gardez le bien, ma seur, je vous emprie.
Ces faulx jalloux, hellas ! je les haix tant ! A nulle fin voir je ne les pourroye Ces mesdisans sont toujours en la voye : Vostre seray, le temps de mon vivant.
2.
Vostre beauté, vostre beauté, vostre beauté Vostre beauté gente et jollie A my mon cueur en si grant desespoir, Que nuit ne jour je ne puis reposer Tant suis de vous, tant suis de vous, Tant suis de vous en grant melencollie.
L'amour de vous me tient en desconfort, Et si ne puis l'avoir aulcunement, J'airoy plus chier de desservir la mort Que de vivre en ce point longuement.
Si me mectez un terme, je vous prie Secretement que puisse à vous parler Se vous et moy ne pouvons accorder, Las ! je voy bien qu'il est faict de ma vye.
Y a long temps que de vous j'ay envye Plus que de femme en ce monde vivant. Jamais homme ne vous ayma autant ; Mais j'ay grant peur que plaide sans partye.
Or, voy je bien que c'est à moy follye D'estre amoureux et de m'en tourmenter ; Doresnavant il m'en fault deporter : Adieu vous di, ma très loyale amye.
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3.
J'aymeroy mon amy De bonne amour certaine, Car je scay bien qu'il m'ayme, Et aussi fais je luy, Et aussi fais je luy.
Et puis qu'il est ainsy, Que je scay bien qu'il m'ayme, Je seroye bien villaine D'aymer aultre que luy, D'aymer aultre que luy.
4.
Plaisante flour, gente et jollie, Las ! dictez moy se vous m'aymés, Dictez tost et vous advisés ; Car il m'ennuye, n'en doubtez mye.
Car il m'ennuye trop mallement Que je ne sais vostre pencée : Je vous requiers, belle au corps gent, Dictez le moy, si vous agrée.
Car j'ay de vous si grant envye, Belle, se vous le saviés, En vérité, vous airiés De moy pitié par courtoysie.
Belle, vous prenez tout en jeu Ce que je vous dictz par ma foi : Je vous requiers, au nom de Dieu, Si vous m'aymés, dictez le moy.
Hellas ! je plaide sans partye : Je vous ayme, et vous me hayez ; Mais s'ainsi vous me renvoyez A la fin en serez marrie.
5.
Royne des flours, royne des flours, la plus belle du vau de vire Quant je vous voy, mon cueur est en esmoy ; S'il vous plaisoit vous tenir emprès moy Vous osteriés mon cueur hors de martyre.
Est-il homme, belle, dictez le moy, Qui vous osast descouvrir sa pencée ? Vostre beaulté m'a mis en tel esmoy ! Se confort n'ay, ma vie est affinée.
Confortez moi, ma seur, ma bien amée, Et me ostez de mon cueur la doullour, Et me donnez, si vous plaist, vostre amour, Laquelle j'ay longuement desirée.
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Secretement declarez sans esmoy Se vous estez de nully amoureuse : Votre beaulté, une fois si je l'ay, Vos yeux rians font ma pencée joyeuse.
Or n'est-il flour ne la rose espanye, Ne la lavand', qui porte grant odour, Ne roussignol qui chante au point du jour, S'il estoit mort, qui n'en revint en vye.
6.
Bevon, ma commere, nous ne bevons point. Ils etoient trois dames, d'accord et d'à point Disant l'ung à l'autre : Nous ne bevons point Bevon, ma commere, nous ne bevons point.
Bevon, ma commere, nous ne bevons point. Il y vint un rustre tout en beau pourpoint, Pour servir les dames très bien et à point Bevon, ma commere, nous ne bevons point.
Bevon, ma commere, nous ne bevons point, Se dirent les dames ; vecy bien à point : Faisons bonne chere, ne nous faignons point. Bevon, ma commere, nous ne bevons point.
Bevon, ma commere, nous ne bevons point, Le mignon commence ; il ne tarda point ; De servir s'avance, tout à leur bon point. Bevon, ma commere, nous ne bevons point.
Bevon, ma commere, nous ne bevons point. De chanter s'avance en doulx contrepoint, Et en grant plaisance vint fraper au point. Bevon, ma commere, nous ne bevons point.
Bevon, ma commere, nous ne bevons point. De maris doubtance nous n'en ayons point ; D'eux n'airon grevance, car ils n'y sont point. Bevon, ma commere, nous ne bevons point.
II.
Non, certes, un petit voyage dans l'arrondissement de Domfront n'est pas sans profit, et, s'il me reste un regret, c'est de l'avoir fait si court, et surtout de n'avoir vu que le nord de la contrée. Je ne puis m'imaginer, du reste, que la partie sud offre autant de curiosités, et l'on irait loin, je crois, même en Basse-Bretagne, avant de rencontrer des types d'hommes portant au même degré l'entêtement pour les vieux usages et la haine des innovations. L'horreur des routes y est telle, que nous y trouvons un argument tout neuf en faveur des idées innées. Cette horreur instinctive rallie en certains lieux toutes les opinions. Nous citerions des communes où, comme à La Coulonche, il y avait un maire quelque
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peu éclairé, entrevoyant les futurs avantages des chemins vicinaux de grande communication : un tel homme était dangereux avec une écharpe. Aux dernières élections municipales, un électeur de tête dit hautement dans l'assemblée : « Je ne vote pas, moi, pour ceux qui veulent des chemins vicinaux. » Cette phrase, sèche et bête, produisit tous les effets obtenus ailleurs par l'intrigue et l'éloquence : le maire ne fut pas réélu, et le conseil municipal n'eut que des hommes homogènes.
Parfait le nouveau maire ! oh ! mais parfait ! Il sait, lui, que les routes sont la mort d'un pays, et que l'on vit mieux, si les autres périssent : ils périront. Sa politique est rusée, allez ! elle est machiavélique ; les électeurs qui l'ont nommé ne comptaient pas faire un si bon choix ; il a dépassé leur attente ; il est une preuve nouvelle que les circonstances seules démontrent la valeur de certains hommes. L'horreur du susdit maire pour les chemins vicinaux était bien connue de l'un de ses voisins, lequel, maire aussi de sa commune, ne croit pas, lui, courir à sa perte, en voulant escamoter pour sa bourgade, sans pitié pour les voyageurs, le chemin vicinal de grande communication de Flers à La Ferté-Macé. Le voisin vient trouver M. le maire de La Coulonche. — N'est-il pas vrai que vous ne voulez pas de routes ? — Pas le moins du monde. — Ce serait funeste à votre bourg. — Très-funeste. — Ce ne sera peut-être pas aussi dommageable au nôtre ?... — Peut-être. — Ma foi ! nous en essaierons. — Essayez. — Vous nous rendriez facilement un petit service ? — Très-volontiers. — Il s'agirait seulement de venir, devant M. le sous-préfet de Domfront, déclarer que vous regardez la route projetée comme contraire aux intérêts de La Coulonche. — Qu'à cela ne tienne ! J'irai.
Le voyage a eu lieu, et les deux maires s'applaudissent du résultat. Nous donnerions de grand coeur le prix d'un billet d'opéra pour avoir été témoin de la scène qui a dû se passer entre ces deux messieurs devant le sous-préfet. La morale de la pièce ne laisse pas toutefois que de percer pour les absens ; à savoir : que l'administration est d'une incroyable tolérance : laisser en place de telles gens !
Il serait mal séant de parler de pareils hommes, sans dire un mot des loups du pays, des loups, ses premiers habitans, et qui n'ont pas vu jusqu'à ce jour de raisons suffisantes de s'en retirer. Parole d'honneur ! je crois qu'on leur reconnaît des droits de premier occupant, et qu'on leur paie volontiers tribut, pourvu qu'ils sachent le prélever. Je rencontrai, l'autre jour, un vieillard, en allant à la forêt d'Andaine : il faisait paître une trentaine de moutons. — Bonhomme, vous avez là de bien petits moutons ! — Tiens ! nous les prenons comme les mères les font : ce sont les plus beaux de trois lieues à la ronde. — Mais, si vous aviez des mérinos, si vous achetiez
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des béliers de race anglaise, le croisement aurait les résultats les plus avantageux. — Ou ma phrase ne fut pas bien saisie, ou elle ne parut pas devoir être prise en considération : car le vieux berger se mit à siffler d'un air stupide. Je passai à une autre question : — Avez-vous bien des loups dans le voisinage ? — Une quarantaine. — En voyez-vous souvent ? — Je suis bien une semaine sans voir la queue d'un ; quelquefois j'en vois quatre ou cinq ensemble. — Que faites-vous alors ? — Ce que je fais ? à bon chat bon rat. La peur fait rassembler le troupeau, et je menace de ce bâton le premier assaillant ; j'appelle des voisins, et presque toujours il en vient avant que mes gaillards soient parvenus à décompléter mon troupeau. — Presque toujours ? Il vous arrive donc parfois d'en perdre ? — Dame ! on ne peut pas être si bien sur ses gardes, que le loup ne vous attrape ; mais il ne m'en a jamais pris plus de quatre ou cinq par an. — Cinq sur trente ! c'est plus que la dîme.
A une demi-lieue de là, une vieille femme était montée sur un fossé neuf, qui terminait de vastes défrichemens : je l'en vis descendre aussitôt, et faire un grand signe de croix, comme si elle eût voulu chasser un esprit malin. — Holà ! ho ! la bonne mère, quelque diable serait-il au revers du fossé ? — Pas pour l'heure, mon bon monsieur ; mais il n'y a pas longtemps qu'il est passé par là. — A quel indice en jugez-vous ? — Ah ! voyez ce qu'il a fait ! — Ces défrichemens sont-ils son ouvrage ? — Non, mais voyez ce ruisseau et ces mares à trois cornes ? — Eh bien ? — C'est-il naturel ? — Rien de plus naturel, ce me semble, que de trouver des sources à mi-côte, quand la montagne est aussi élevée. — Possible ; mais, à partir de la source, est-il naturel que l'eau coule en montant ? — Êtes-vous bien sûre que cela ait lieu ? — Marchandise porte vue : regardez la fontaine, et puis jetez les yeux du côté de la première mare cornue : ça monte ! — Bonne mère, ce n'est qu'une illusion : le propriétaire est sans doute un habile homme qui, pour arroser la prairie qu'il crée, a pris avec les instrumens d'usage la hauteur de la source, et a tiré de son eau tout le parti possible. La courbe que décrit le ruisseau trompe l'oeil, et on hésiterait d'abord à dire s'il monte ou s'il descend : approchez, et vous n'aurez plus aucun doute sur son inclinaison presque insensible de haut en bas. — Dieu me garde d'en approcher ! le grand monsieur, qui a fait là-haut le château de Beaumont, pourrait bien me jeter un sort. — Il est sorcier ? — Et capable d'en remontrer à tous les sorciers. Vous voyez le bas de son pré ? — Je l'admire même : c'est un vallon des plus gracieux. — Eh bien ! je l'ai vu plein de buttes, il y a trois ans ; ce n'étaient que souches de bouleaux et de chênes ; il a dit des paroles, et tout a disparu. — Il a donné des ordres, il a eu des ouvriers, et sans doute il les
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a dirigés dans leurs travaux : voilà ce que vous voulez dire ? — Il en a bien employé quelques-uns, afin qu'on ne s'aperçût pas que le diable faisait tout. — Allons donc ! vous rêvez, bonne femme ! — Non pas, que je pense, mon bon monsieur, à preuve ce que tout le village vous dira comme moi : M.********, car c'est lui qui est le propriétaire.... — Et le sorcier ? — Lui-même. M.******** a fait ôter de ses champs nouvellement défrichés des charretées de grosses pierres ; il les a semées dans ce vallon, et il est venu de l'herbe ! Le diable est si bien à ses ordres, que tout lui réussit : il y a deux ans, les charbonniers lui faisaient du charbon qu'il vendait difficilement 50 sous le sac ; il s'en est plaint au malin esprit, et cette année il a vendu le sac 4 fr. au moins. Il a fait de la chaux : vous savez comme ça brûle ! si j'en mettais dans mon jardin, ça flamberait mes légumes ; il n'a pas craint, lui, d'en mettre sur sa terre, et il a eu la plus belle avoine du pays : c'est-il naturel ? D'abord il chauffait ses fours avec de la bourrée ; mais la bourrée, c'est du bois, et le bois se vend ; il s'est donc avisé de vendre tout son bois, et de récolter ses bruyères. Ses chaufourniers avaient beau lui dire : Ça ne brûlera pas, ça ne pourra jamais jeter assez de chaleur pour cuire de la chaux ! Lui, qui ne doute de rien (on sait pourquoi !), leur répondait avec assurance : Ça brûlera ; et ça brûle si bien, et ça chauffe si bien, que le bois n'était rien en comparaison. Dites à présent qu'il n'est pas sorcier. — Vraiment oui ! bonne mère, et les gens de ce pays-ci ne le seront jamais.
A une lieue de là, j'entrai dans le bourg de La Ferrière, où m'attendait une scène du moyen-âge. C'était le jour d'une foire, où, depuis des siècles, les femmes ne viennent qu'avec inquiétude. Elles courent à leurs affaires, en regardant sans cesse derrière elles, et s'applaudissent de cette vigilance, quand elles n'excitent aucune huée. Leur sollicitude est éveillée par une troupe de quinze à vingt jeunes gens, qui n'ont d'autre occupation, ce jour-là, que d'attacher subtilement des queues de veau aux vêtemens des femmes ou filles arrivant à la foire. Dès qu'une de ces queues est suspendue, ce sont des cris, des ris moqueurs, qui font retourner toutes les femmes. Ainsi est grotesquement excitée l'hilarité générale, aux dépens de la malheureuse au jupon de laquelle pend l'objet de ces moqueries périodiques.
III.
Il était dix heures du matin. Je voulais, avant d'aller coucher à Flers, visiter le chef-lieu de l'arrondissement, dont je n'avais pas la moindre idée. Je piquais des deux, puis je m'arrêtais soudain à contempler des sites singulièrement pittoresques : la Suisse n'est pas plus belle ! Je m'attendais à trouver, dans quelque vallon délicieux, Domfront mollement
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étendu aux bords de la Varenne ; je l'aperçus perché sur une montagne. A mesure que j'en approchais, ma vénération croissait pour la cité forte, qui se battait si bien au temps de nos guerres intestines. A droite, un pan de muraille, qui regarde l'ouest, m'offrait les restes du château qui la défendait contre ses ennemis. De droite à gauche, une ligne de tours et de remparts semble menacer encore, et n'est plus là que faute des raisons qui ont ailleurs fait disparaître de semblables enceintes. Et c'est parce que ces conservations deviennent excessivement rares, que Domfront m'a paru l'une des curiosités de la Normandie.
A force de monter, je me trouvai devant une porte de la ville. Une auberge est là, où (par parenthèse) on a résolu le problème de donner le plus possible au meilleur marché possible. Mon cheval et moi nous dînâmes divinement, à dix-huit sous par tête !
Mon premier soin fut d'aller chercher un guide dans un de mes amis, qui demeure extrà muros. Il était allé passer les fêtes de Pâques en famille ; son hôtesse, brune piquante aux yeux noirs, ne l'attendait que pour le lendemain. Force fut à moi de pénétrer seul dans la ville de guerre.
Quand j'eus franchi la porte et monté la première rue, je vis devant moi le grand signe de la civilisation, des cafés, et, ce qui est plus rassurant encore pour les bonnes consciences, une grande bonbonnière, à la grecque, sur le fronton de laquelle je lus : PALAIS DE JUSTICE. J'avais entendu, je ne sais où, vanter ce monument : je le croirais suffisant pour un tribunal de paix ; et, si la ville y donnait des bals, à la rigueur on y danserait à trente-deux. Si quelque chose m'a blessé dans Domfront, c'est ce mesquin bâtiment, qui m'a tout l'air d'un cénotaphe élevé en l'honneur de Montgommery. Sa pierre blanche et neuve, son architecture d'imitation maladroite, contrastent étrangement avec le granit séculaire de la plupart des maisons. J'aimerais mieux trouver là le vieux prétoire des anciens baillis, et la potence d'où le plaideur, arrivé à midi, partait à une heure pour l'éternité.
Domfront est jusqu'ici la ville la plus curieuse que j'aie visitée. A quelques maisons près, qui sont modernes, et qui la déshonorent, c'est une ville du moyen-âge, type s'il en fut ! Il lui reste encore des porches supportés par des piliers de granit, et des boutiques à plein cintre en granit d'une seule pierre, et des portes basses qui forcent les descendans à courber la tête là où les aïeux s'inclinaient, et des escaliers où l'on trouve, en pleine heure de midi, crépuscule à la première marche et nuit profonde à la dixième. Je ne sache pas un lieu en Normandie, où l'on pût voir rien de semblable. Tout en marchant et en admirant une telle collection de raretés, collection que je regarderai comme unique juqu'à preuve du contraire,
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je me trouvai, par un étroit sentier, au pied des restes du château. Les abords en sont défigurés par des empiétemens que l'autorité locale n'aurait pas dû souffrir : pourquoi ne pas défendre la forteresse qui avait défendu les habitans ? Il serait honorable pour l'administration de montrer qu'elle a souci des vieux monumens ; il faudrait que les étrangers pussent les visiter sous tous leurs aspects.
Du coin de roc non usurpé, qui sépare le château-fort d'un précipice effrayant, la vue domine d'immenses campagnes, et se repose sur des objets gracieux. On aime surtout le contraste de ces rochers à pic, qui se séparent pour laisser passer la Varenne, et de ces vergers couverts d'opulens pommiers, de ces enclos aux haies épaisses, qui rompent la monotonie des plaines, et, dans l'été, sillonnent la terre des guirlandes les plus variées de fleurs et de fruits encadrés dans la verdure.
Un petit garçon, qui survint fort à propos, me nomma les lieux qui m'intéressaient dans le splendide échiquier que j'avais sous les yeux. Il était fort éveillé : je l'interrogeai sur la forteresse. Ses réponses étaient vagues ou erronées : à Domfront, comme ailleurs, on n'est pas assez soucieux d'enseigner l'histoire locale. Le fameux proverbe me revint en mémoire. Pourquoi dit-on, lui demandai-je : Domfront, ville de malheur, arrivé à midi, pendu à une heure ? — Je ne sais pas bien, répondit-il ; mais voici ce que j'ai entendu : Il y a longtemps, bien long-temps, quatre chaudronniers de Villedieu venant ici, rencontrèrent un monsieur qui s'était égaré, et qui les pria de lui indiquer le chemin de Domfront. Ils lui dirent qu'ils y allaient eux-mêmes, et qu'ils l'y conduiraient. L'un des chaudronniers s'approcha de lui, et lui mit son paquet sur le dos, pour se payer de lui avoir indiqué son chemin. Les trois autres en firent autant ; de sorte que le monsieur était chargé de quatre paquets et marchait avec peine. « Allons ! l'ami, du courage ! nous n'avons plus qu'une demi-lieue : vois-tu là-bas Domfront ? tu vas t'y reposer. » Comme ils parlaient ainsi, le monsieur suait à grosses gouttes. Ils arrivèrent enfin à midi sonnant. A peine furent-ils entrés dans la ville, que tout le monde entourait le monsieur : c'était le Roi ! Les quatre chaudronniers furent à l'instant livrés à la justice, qui les jugea sans délai. Arrivés à midi, ils furent pendus à une heure.
Comme je revenais à l'hôtel, ou plutôt à l'auberge où j'avais laissé mon cheval, je vis sur un contrevent une belle affiche portant en gros caractères : ESSAI SUR L'HISTOIRE ET LES ANTIQUITÉS DE LA VILLE ET ARRONDISSEMENT DE DOMFRONT. Une servante narquoise, qui sans doute était à l'affût, m'ouvrit aussitôt une porte par laquelle je ne voulus pas entrer. — Mais, monsieur, disait-elle, c'est ici que se vend l'ouvrage ; je suis la servante de M. Caillebotte. — Qu'est-ce que M. Caillebotte ?
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— Comment ! vous ne connaissez pas M. Caillebotte le jeune. — Pas plus que l'aîné. — L'aîné, je ne dis pas ; mais le jeune, c'est l'auteur. — De l'Histoire de Domfront ? — Que voilà. Tenez, monsieur, ce n'est pas cher : dix sous ! et nous en avons de reliés. — M. Caillebotte est-il ici ? — Pas en ce moment ; mais ça ne fait rien ; Madame est autorisée à vendre en l'absence de son mari. Madame Caillebotte ! Madame Caillebotte ! — Une grosse maman parut, et me confirma ce que m'avait dit la servante : M. Caillebotte n'était pas chez lui, et l'on m'invitait à prendre un exemplaire de son livre. Je le payai de grand coeur, et je m'en allai, le feuilletant avec surprise. M. Caillebote dit, page 55 : Aucun édifice ne mérite d'être cité. Ainsi quand tout est remarquable, rien ne se remarque ! Il ajoute que tous les porches ont été clos et supprimés : il en existe encore presque à sa porte ! L'origine du fameux proverbe lui est inconnue, et un enfant la sait ! Pauvre monsieur Caillebotte, narguez vos critiques, votre petit livre est à sa 3.e édition !
Arrivé à l'auberge, je n'eus pas seulement un bon dîner pour presque rien, j'appris, autant qu'on peut l'apprendre en cinq quarts d'heure, à connaître les us et coutumes du pays, et l'esprit général de la population.
Il est reçu que, là comme dans les grandes villes, on aille au café sans nul inconvénient. Juges, avocats et plaideurs, m'a-t-on assuré, s'y rencontrent fréquemment, sans espoir de se gagner avant le jugement, sans rancune après.
Quoique Domfront ait un collége communal, un historien et deux ou trois poètes [2], la littérature y est fort arriérée. Il n'en est pas de même de l'esprit patriotique : il est avancé et prononcé. Là le libéralisme domine ; l'absolutisme y a fait son temps. Il paraît que les batailles électorales s'y livrent avec plus de chaleur qu'en aucun lieu de la Normandie. L'intrigue y a souvent divisé les forces ; mais on affirme qu'elles se réuniront la prochaine fois, et qu'elles enverront à la Chambre un renfort à l'opposition.
J'ai trop peu vu cette petite ville ; je ne l'ai pas étudiée suffisamment : j'y reviendrai.
FIN.
[1] « Le Passais, autrefois Pissais, à cause de la rivière de Pisse qui l'arrose, a pour chef-lieu Domfront. Il est borné par la Mayenne et l'Egrenne et une partie de la rive droite du Noireau. » ESSAI GÉOGRAPHIQUE SUR LA NORMANDIE, par M. Louis DU BOIS.
« Il nous reste à parler du Passais Normand, petite contrée forestière située au sud-ouest de l'Hiémois, et enlevée par les ducs de Normandie aux comtes du Maine. » ANCIENNES DIVISIONS TERRITORIALES DE LA NORMANDIE, par M. LE PRÉVOST.[retour]
[2] Un de ses poètes a tenté récemment d'immortaliser le pseudonyme de MANNORD, nom duquel il a signé une chanson patriotique sur Domfront, destinée au CADEAU DES MUSES publié par M. Brée. Le 5.e couplet de cette chanson est d'une grande originalité ; le voici :
Le tranchant de la guillotine Donne une égalité mesquine ; Le privilége des Normands Était de mourir haut, et grands. Quelqu'un venait à disparaître ? Le chien quêtait en l'air son maître. Aussi, pour aucun que ce soit Je ne changerais mon endroit.[retour]
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